Confinement - Belgique : des députés LREM du Nord demandent au gouvernement des dérogations pour les frontaliers

Face aux nombreux messages de familles ayant un aîné ou un enfant handicapé hébergé en Belgique, cinq députés LREM du Nord signent une lettre à Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur français, rédigée par le président du groupe d'amitié franco-belge à l'Assemblée P-A Anglade
© BENOIT DOPPAGNE / BELGA / AFP
Catherine Osson, députée de la 8e circonscription du Nord (Roubaix, Wattrelos) a été "énormément" sollicitée par les réseaux sociaux ces dernières semaines. Par des familles dont l'un des aînés est hébergé en Belgique ou qui ont un enfant handicapé qui séjourne dans un établissement spécialisé. Mais pas seulement. Par les membres de couples aussi, qui ne se sont pas vus depuis plusieurs longues semaines. 

Ancienne institutrice, Catherine Osson, est aussi vice-présidente du groupe d'amitié franco-belge à l'Assemblée nationale, dont le président, Pieyre-Alexandre Anglade, député de la 4e circonscription des Français de l'étranger (communauté française établie au Benelux), a proposé un texte demandant des dérogations pour franchir la frontière plus facilement pour ces couples, ces familles séparées par le rétablissement des contrôles entre la France et la Belgique.


"Je ne rattraperai pas le temps perdu !"


Car si pour le travail, les dérogations ont fonctionné pendant la période de confinement et fonctionnent encore actuellement ; pour les visites familiales, la frontière reste fermée jusqu'au 15 juin. Un crève-coeur pour ces familles ou ces couples. "Je pense souvent aux messages du type : ma maman est dans un établissement en Belgique, je ne rattraperai pas le temps perdu", explique Catherine Osson avec en toile de fond, "la peur de ne pas pouvoir dire au-revoir s'il arrivait malheur". 

Certes, à situation exceptionnelle, il est possible de payer l'amende -mais pas toujours. Cette dernière est de 135 euros en France mais plus chère en Belgique avec, "je crois, majoration immédiate si on ne paie pas dans la foulée".

Des gens en arrivent à imaginer des solutions pour passer la frontière, "je me souviens de ce chef d'entreprise de Wattrelos dont la fille est dans sa chambre d'étudiante de 15m2, à Tournai (Belgique). L'année scolaire est finie pour elle et pour retrouver les siens c'est très compliqué. Aussi le père tergiversait et envisageait une solution illégale".
 

La lettre au ministre de l'Intérieur  


Face à ce constat, et face à ces "situations familiales très douloureuses" avec les collègues de circonscriptions frontalières nous avons écrit à Christophe Castaner. Nous demandons notamment que soit possible : 
- les visites d’un parent à son enfant situé de l’autre côté de la frontière ;
- les visites aux membres d’une famille, malades ou non.
- les visites des conjoints et des partenaires pacsés.
- le rétablissement des moyens de transports transfrontaliers et du transit entre deux territoires français par un itinéraire traversant un pays voisin.
  
Les cinq députés nordistes signataires sont Catherine Osson, (8e circonscription du Nord), Christophe Di Pompéo (3e), Dimitri Houbron (17e), Charlotte Lecocq (6e) et Brigitte Liso (4e). Ils s'inscrivent dans une liste de 24 députés LREM qui sont élus dans d'autres circonscriptions frontalières. 

 
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