Coronavirus : les masques bientôt vendus dans les bureaux de tabac sont produits en partie par une usine picarde

La confédération des buralistes a annoncé le jeudi 23 avril que des masques seraient bientôt vendus dans les bureaux de tabac. Une partie de ces masques sont produits dans l’usine textile Lainière de Picardie, située à Buire-Courcelles, dans la Somme.  
 
Propriétaire d’un bureau de tabac à Compiègne, dans l’Oise, Kaya Serdar a eu des demandes de masques dès le lendemain de l'annonce du gouvernement.
Propriétaire d’un bureau de tabac à Compiègne, dans l’Oise, Kaya Serdar a eu des demandes de masques dès le lendemain de l'annonce du gouvernement. © K. Serdar
"Ce matin, dès que j’ai ouvert mon bureau de tabac, j’ai déjà eu plusieurs clients qui sont venus réserver des masques par 4 ou par 6 pour leur famille". Propriétaire d’un bureau de tabac à Compiègne, dans l’Oise, Serdar Kaya reconnaît avoir été surpris par cette demande soudaine.

La veille, le jeudi 23 avril, la confédération des buralistes a en effet annoncé que les commerçants pouvaient vendre des masques dans leurs bureaux de tabac. "Le réseau des 24.000 buralistes accompagne le déconfinement progressif à venir, en donnant accès à la population à des masques de protection", a déclaré l’organisme dans un communiqué.
   

Une usine picarde dans la boucle

L'opération, qui s'inscrit dans la perspective d'un début de déconfinement prévu par le gouvernement pour le 11 mai, s'inscrit dans un partenariat avec un groupe français, Chargeurs. "Les masques mis en vente seront notamment de la marque Lainière Santé - issus des laboratoires du Groupe Chargeurs", précise l'organisation. L’une des filiales du groupe Chargeurs, Lainière de Picardie, se trouve d’ailleurs à Buire-Courcelles, dans la Somme. L’entreprise fait partie de la branche Chargeurs PCC Fashion Technologie, spécialisée dans le textile technique.
 

Dès le 22 mars, le groupe annonçait dans un communiqué avoir lancé la production de masques de protection sanitaire en grande quantité : "Testés par les laboratoires publics, ces masques seront réalisés grâce aux talents de la Lainière de Picardie". Une grande partie des masques proposés chez les buralistes proviendront donc de l’usine picarde, qui produisait jusque-là de l’entoilage, un textile technique permettant de renforcer les vêtements.
 
L'usine de Buire-Courcelles est spécialisée dans la production d'entoilage, un textile technique qui se trouve dans la doublure des vêtements.
L'usine de Buire-Courcelles est spécialisée dans la production d'entoilage, un textile technique qui se trouve dans la doublure des vêtements. © FTV/N. Corselle
 

Un masque vendu 5 euros

Egalement président de la chambre syndicale des buralistes de l'Oise, Serdar Kaya explique que les commerçants volontaires peuvent d’ores et déjà passer commande sur une plateforme en ligne dédiée. "Depuis ce matin, j’ai reçu une trentaine d’appels de buralistes intéréssés, ajoute-t-il. Le volontariat est très élevé, les buralistes sont prêts à jouer le jeu. C’est là qu’on voit à quel point nous représentons un service de proximité et d’utilité".

Les masques, payés directement par le commerçant, seront vendus environ 5 euros pièce. Lavables et réutilisables, "ils répondent aux normes de l’Association Française de Normalisation".
  

Une demande grandissante

Avant l’annonce de la confédération des buralistes, certains bureaux de tabac avaient déjà pris les devants pour subvenir aux besoins de la population. Catherine Jourdain, gérante du Cheval Blanc à Naours dans la Somme, vend des masques depuis le 16 avril. "L’association de couture du village m’a proposé de vendre ses masques en tissu, précise la buraliste. Ça marche très bien, c’est un truc de fou ! On a déjà vendu 300 masques".

Catherine ne touche aucune marge sur les ventes, elle fait simplement ça pour "rendre service". Parmi les clients, des habitués certes, mais aussi des personnes qui n’avaient jamais mis les pieds dans son commerce. "Certains en profitent pour nous acheter des choses à côté" ajoute la gérante, qui reconnaît ne pas s’être payée depuis la fermeture de la partie restauration de son établissement.
 

Une mesure sociale et commerciale

La vente de masques de protection pourraient donc permettre aux buralistes d’attirer de nouveaux clients dans leur commerce.  "C’est vrai qu’il y a un aspect commercial, admet  Kaya Serdar. Mais on saisit cette occasion pour survivre et surtout pour rendre service aux clients". Les premières commandes de masques devraient être livrées dans les bureaux de tabac d’ici une semaine.

Le port généralisé du masque est, selon de nombreux spécialistes, crucial pour éviter que le virus se propage à nouveau lors du déconfinement. Le gouvernement a annoncé jeudi 23 avril qu'il serait notamment imposé dans les transports en commun.
 
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