Coronavirus : des masques de plongée Décathlon au secours des soignants ?

Un masque de plongée Décathlon dépanne dans certains hôpitaux à cours de masques. L'enseigne nordiste se dit prête à aider à grande échelle, tout en précisant qu'il s'agit d'une solution artisanale.

A gauche, le masque de plongée adapté par une entreprise italienne. A droite, les masques utilisés... pour la plongée
A gauche, le masque de plongée adapté par une entreprise italienne. A droite, les masques utilisés... pour la plongée © DECATHLON
Depuis 48 h, plusieurs hôpitaux ont décroché leur téléphone pour joindre l’enseigne nordiste Décathlon. Ses 330 magasins en France sont peut-être fermés, mais ils lui réclament un article qui pourrait les aider : LE masque de plongée, à la mode chaque été sur les plages.

L’Easybreath, comprendre "respiration facile", c'est un produit qui a mis au placard le vieux masque tuba. Primé en interne, commercialisé depuis 2014, ce masque qui recouvre intégralement le visage et dont le slogan est "Voir et Respirer dans l'eau comme sur terre !" avait connu la rupture de stock dès le premier été de vente. "On a été sollicités par téléphone, par mail, sur les réseaux depuis 2-3 jours", explique Philippe Dourcy, directeur de la communication externe de Décathlon France.
   

Décathlon solidaire


Selon le Corriere della Sera, l’idée serait partie d'Italie, autour de l’hôpital de Gardone Vol Trompia, près de Brescia (nord de l’Italie). Une entreprise associée à des soignants a imaginé l'adaptation du masque Décathlon : "Nous avons analysé la proposition du docteur et nous avons conclu que le masque Easybreath de Decathlon était celui qui se prêtait le mieux à nos exigences, raconte Alessando Romaioli, ingénieur dans l'entreprise Isinnova. Décathlon nous a répondu qu’ils en avaient des dizaines de milliers en magasin. Ensuite, nous avons imprimé en 3D les raccords nécessaires entre le masque et les tubes d’hôpital standard.
 
Charlotte valve

L'entreprise italienne, qui a publié un mode d'emploi de cette "adapatation" précise : “Il s’agit d’un produit modifié de façon artisanale pour aider dans des situations d’urgence, si possible il faut toujours privilégier les produits certifiés”.  

"On a du stock"


« Les hôpitaux veulent le tester comme une solution pour aider le personnel soignant à se protéger avec des modifications évidemment, en adaptant notamment les valves, explique Philippe Dourcy. La Timone à Marseille,  Robert Debré à Paris, travaillent dejà dessus avec la recherche. Le CHU  de Lille ne nous a pas encore sollicités ».

Solidaire, Décathlon a donc fait livrer des échantillons, et donné environ 300 masques pour l’instant…: "Mais on tient à dire que si on les donne volontiers pour protéger les soignants et le personnel médical, il ne nous appartient pas de donner une validation sanitaire. Les hôpitaux testent, vont l’adapter, modifier des pièces mais nous n’avons pas les compétences pour savoir oui ou non si ces changements vont répondre positivement à leur priorité : protéger le personnel soignant de l’épidémie, car la fonction première de ce produit, c’est de faire de la randonnée aquatique."
 
Une solution parmi d’autres, pour répondre à l’urgence. Mais si elle obtenait des garanties, Philippe Dourcy l’assure, il y a du stock… "Oui, nous serions en capacité d’en fournir en quantité". En vue de l’été, il faut dire que les rayons des magasins de sport allaient commencer à bien se garnir de ce produit vedette, vendu 20 euros en rayon.

 
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