Vaccination : la campagne s'intensifie dans les Hauts-de-France, des voix demandent d'ouvrir l'accès à tous les adultes

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La campagne de vaccination se poursuit, avec plus d'un adulte de la région sur quatre ayant reçu au moins une dose de vaccin. Alors que les créneaux disponibles augmentent et que des doses ne trouvent pas preneur, des voix s'élèvent pour ouvrir l'accès à tous les adultes.

Où en est la vaccination dans la région ?

Selon les derniers chiffres, au 26 avril 2021, 1.268.870 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin. Soit un adulte sur quatre dans les Hauts-de-France. Et ils sont 517.881 à avoir bénéficié des deux doses, selon les chiffres de l'Agence régionale de la santé. Autrement dit, un peu moins d’un habitant sur dix a reçu les deux injections nécessaires pour être protégé face au Covid-19.

Arrivage important de doses

Dans le centre de vaccination Jean Mineur à Valenciennes, Jacques Franzoni, son médecin coordinateur, constate un "coup d'accélérateur" depuis ce lundi 26 avril. "Nous avons ouvert 4 000 créneaux vendredi dernier, et il n'en restait plus que 500 le dimanche," précise t-il.

"Il y aura une montée en puissance de la vaccination dans les deux prochaines semaines."

Jacques Franzoni, médecin coordinateur du centre de vaccination Jean Mineur, à Valenciennes

Pour lui, en dehors des réticences - "injustifiées" - suscitées par l'AstraZeneca, les autres vaccins trouvent preneurs. Et d'ajouter : "il y aura une montée en puissance dans les deux prochaines semaines car nous devrions recevoir 10.000 nouvelles doses de vaccin."

A Gravelines, Thierry Mraovic, médecin coordinateur du centre de vaccination Sportica, confirme l'arrivée de nouvelles doses dans les jours à venir. "La dotation de la part de l'Etat explose, assure t-il. Et ça part très vite." A l'arrêt dans la primo-vaccination depuis deux week-ends, le centre Sportica rouvrira ses portes les 7-8-9 mai, avec 2 900 nouvelles doses à injecter. "Ce qui est énorme", précise le médecin.

Dans les Ehpad, tous vaccinés ?

Dans les Ehpad, près de 7 résidents sur 10 ont reçu les deux doses de vaccin. Même s'il existe de minces disparités entre départements.

Pourquoi tous les pensionnaires ne sont pas encore vaccinés ? Une des hypothèses est que la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande d’attendre trois mois minimum après la fin des symptômes avant d’envisager la vaccination des personnes ayant contracté la Covid-19. Tous n'ont peut-être pas encore passé cette période.

6 000 créneaux disponibles sur "Vite ma dose"

Ce mercredi 28 avril, sur l'ensemble des départements des Hauts-de-France, près de 6 000 créneaux étaient disponibles sur l'outil Vite ma dose. Toutefois, près de la moitiés d'entre eux se situent dans le département de l'Oise, avec 3 649 places libres.

Si vous êtes éligible à la vaccination, il vous suffit de prendre rendez-vous en ligne, dans l'un des centres près de chez vous.

Élargir la vaccination à tous les adultes ?

Aujourd'hui, seules les personnes de plus de 55 ans, quel que soit leur état de santé, peuvent se faire injecter le vaccin. Selon le calendrier vaccinal, les plus de 50 ans devront attendre le 15 mai pour recevoir une première dose.

Seulement, au vu du nombre de créneaux disponibles et des doses non utilisées d'AstraZeneca, certaines voix demandent de revoir cette restriction d'âge quant à l'accès au vaccin.

"Réhabiliter l'AstraZeneca"

Mardi 27 avril, sur BFM TV, la députée du Nord, Anne Laure Cattelot (LREM), a demandé d'"ouvrir l'accès au vaccin AstraZeneca à tous les volontaires dès 18 ans." Selon elle, il faut "réhabiliter le vaccin AstraZeneca vis à vis des jeunes".

 

La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS) demande elle aussi de "débrider la question de l'âge". "Il est temps d'être beaucoup plus souple, pragmatique dans la gestion de cette vaccination" a-t-elle redemandé mercredi 28 en réponse au ministre de la Santé Olivier Véran, qui a réaffirmé vouloir vacciner "par priorisation de tranche d'âge".

 

Olivier Véran veut poursuivre sa stratégie par tranche d'âge

Olivier Véran s'est justifié sur sa stratégie, mardi 27 avril, lors d'une visite de la cellule de crise de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France à Saint-Denis : "Si on se fixe une cible de 80 % d’une tranche d’âge qui doit être vaccinée pour être protégée, il y a encore 4,3 millions de Français qui relèvent de la vaccination qui n’ont pas encore été vaccinés."

L'AstraZeneca pour la médecine de ville ?

Alors qu'il y a trois semaines, des professionnels alertaient sur les difficultés à liquider les doses d'Astrazeneca à l’origine de rares cas de thromboses, mais créant un climat de suspicion chez les patients, certains militent pour donner ces vaccins à la médecine de ville (pharmaciens, médecins généralistes, infirmiers).

"C'est plus simple, plus rassurant, quand c'est votre médecin généraliste qui vous en parle", estime Jacques Franzoni, coordinateur du centre de vaccination Jean Mineur à Valenciennes. Cela éviterait-il de perdre des doses non utilisées dans les grands centres ? "Probablement", répond-il.