Hauts-de-France : 1 million de doses Pfizer et Moderna livrées en mai

Alors qu'1,2 million d'habitants des Hauts-de-France ont reçu au moins une dose de vaccin, des livraisons de Pfizer et Moderna plus importantes que prévues sont attendues en mai. Par ailleurs, certaines doses inutilisées d'AstraZeneca vont être distribuées aux médecins et aux pharmaciens. 

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Illustration © Frédérik Giltay / France télévisions

"D'ici la fin de la semaine, 14 millions de personnes auront reçu une première dose de vaccin en France", a assuré Jean Castex, le Premier ministre, lors d'une conférence de presse jeudi 22 avril. A l'échelle de la région des Hauts-de-France, ce sont plus 1,173 million d'habitants de la région qui ont reçu au moins une dose de vaccin selon les chiffres du vendredi 23 avril communiqués par Santé publique France.

Ces chiffres, ramenés à une situation quotidienne, montrent que le rythme de la campagne de vaccination s'est accéléré lors du mois d'avril : "depuis le début du mois d’avril, 29.284 injections sont réalisées quotidiennement en moyenne dans la région contre 21.555 injections par jour en mars et 8.026 en février", calcule l'ARS. 

Pour tenter d'atteindre des chiffres comparables, voire supérieurs, lors du prochain mois, 1 million de doses de vaccins à ARNm (c'est-à-dire les vaccins Pfizer et Moderna, ndlr) vont être livrées en mai. "Une augmentation très importante des volumes est attendue en mai avec, en l’état actuel des prévisions, la livraison de 1,005.480 doses des vaccins ARN, soit 893.880 doses Pfizer et 111.600 doses Moderna, contre 610 350 doses de ces vaccins en avril (soit +65% de doses supplémentaires entre avril et mai)", communique l'ARS Hauts-de-France. A ce stock de vaccins Pfizer et Moderna, s'ajouteront les livraisons des vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson dont les volumes ne sont pas encore connus à date pour la région.

Une annonce qui vient confirmer celle que Clément Beaune, le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, avait fait le 14 avril, à l'échelle de la France : le laboratoire Pfizer va livrer plus de 7 millions de doses supplémentaires entre avril et juin pour le pays. C'est donc logiquement qu'une partie de ce surplus soit en partie redistribué aux habitants des Hauts-de-France. 

Les pharmacies vont récupérer les doses inutilisées d'AstraZeneca des centres hospitaliers

Un changement important est à noter dans la stratégie du déploiement d'AstraZeneca dans les Hauts-de-France. Les doses stockées dans certains centres de vaccination, faute de volontaires, vont être redistribuées aux professionnels de ville. "Nous allons pouvoir récupérer les doses inutilisées par les centres hospitaliers afin de les redistribuer aux pharmacies les plus proches. Ces dernières en garderont pour elles et en donneront aux médecins de ville", décrit Grégory Tempremant, président de l'Union régionale des professionnels de santé Pharmaciens (URPS) dans les Hauts-de-France. Mis bout à bout, cela pourrait représenter 3.000 doses dans un premier temps qui seront récupérées à partir du début de la semaine prochaine. 

Ces nouvelles consignes tentent de répondre au climat de suspicion qui entoure le vaccin AstraZeneca après que celui-ci aurait causé quelques cas de thromboses sur les millions d'injections qui ont été réalisées. De nombreux échos rapportaient que les professionnels, notamment dans les centres de vaccination, avaient du mal à trouver des volontaires pour se faire vacciner à l'AstraZeneca, comme à Calais par exemple. La situation est un peu différente en ville et c'est pour cela que l'ARS fait le pari qu'il sera plus facile d'utiliser ses doses chez les professionnels de ville. Grégory Tempremant estime lui que dans les pharmacies seulement un quart à un tiers des personnes sur liste d'attente acceptent d'être vaccinées avec ce vaccin. "Même en ville, c'est difficile de recruter des gens pour utiliser l'AstraZeneca. Mais on y arrive quand même", précise-t-il. Le but de "cette opération destockage" est d'empêcher le gaspillage, alors que la date de péremption de certaines doses arrive à échéance à la fin du mois de mai. 

Malgré le peu d'enthousiasme pour le vaccin AstraZeneca, la situation dans les centres de vaccination est largement à nuancer. A Beauvais (Oise) où régnait une certaine réticence face à l’AstraZeneca, la situation se retournerait progressivement. "C’est en train de se remettre en marche avec un taux de remplissage à 90%", confiait ce vendredi 23 avril au matin, le directeur du cabinet de la mairie de Caroline Cayeux, François Miquel. Guillaume Sergeant, responsable du centre de vaccination du Beauvaisis confirme la tendance. "Je m’inscris en faux par rapport à ceux qui pourraient encore parler de réticence face à l’AstraZeneca. Nous le proposons comme le Moderna et le Pfizer et la tendance est plus à la hausse qu’autre chose. Toutes les doses sont utilisées. Ce vendredi, en tout, près de 750 personnes vont recevoir une première ou une deuxième dose de l’un de ces vaccins et ce sont des chiffres qui vont osciller entre 800 et 900 d’ici la mi-mai." A Noyon (Oise), le centre de vaccination du Chevalet, vieux d’une quinzaine de jours, croule sous les appels. Il espère pouvoir délivrer rapidement près de 1.000 doses de Pfizer par semaine contre les 600 disponibles à ce jour. En attendant la validation de cette demande, tous les créneaux de vaccination sont complets sur le site noyonnais

Depuis le 17 avril, des créneaux sont réservés pour la vaccination de certaines professions de 55 ans (les professeurs, les ATSEM, les AESH, les policiers et gendarmes, notamment) particulièrement exposées au virus. A partir de ce samedi 24 avril, la liste s'élargie et est à retrouver sur ce lien. Par ailleurs, alors que depuis le mois d'avril, les femmes enceintes sont autorisées à être vaccinées, les deux maternités du Pôle Lille Métropole du groupe Ramsay Santé, celle de l’hôpital privé Le Bois et celle de l’Hôpital privé de Villeneuve-d’Ascq proposent à leurs patientes de se faire vacciner (par Pfizer ou Moderna) à partir de leur deuxième trimestre de grossesse. 

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