Tour des Flandres : le Danois Kasper Asgreen crée la surprise et l'emporte devant Mathieu van der Poel

Alors que Paris-Roubaix, l’autre célèbre classique, prévue le 11 avril prochain, a été reportée à l’automne, le Tour des Flandres a été remporté par Kasper Asgreen. Il a devancé au sprint l'un des favoris de l'épreuve, le tenant du titre Mathieu van der Poel.

Le Danois Kasper Asgreen remporte son premier Tour des Flandres.
Le Danois Kasper Asgreen remporte son premier Tour des Flandres. © DAVID PINTENS / BELGA / AFP

Le Danois Kasper Asgreen (26 ans) s'est imposé ce dimanche 4 avril dans le Tour des Flandres, qui se déroulait cette année entre Anvers et Oudenaarde, en Belgique. Il devance le petit-fils de Raymond Poulidor, Mathieu van der Poel, qui avait gagné l'année dernière. Les deux hommes sont arrivés ensemble dans les derniers mètres avant que le Danois ne remporte le sprint. Le Belge Greg van Avermaet complète le podium. Le Nordiste Florian Sénéchal, natif de Cambrai, termine 8e. C'est le premier représentant tricolore de la course.

Asgreen a réussi à suivre l'accélération de van der Poel à plusieurs dizaines de kilomètres de l'arrivée alors que le Belge Wout Van Aert (finalement 6e), l'autre favori de l'épreuve, coinçait. Asgreen poussait alors le Néerlandais dans ses retranchements et l'obligeait à disputer un sprint sur la ligne d'arrivée, qu'il remporta aisément. 

Le Français, et champion du monde, Julian Alaphilippe, a bien tenté d'animer la course mais il a été largué de la tête de la course à une trentaine de kilomètres de l'arrivée. Il termine hors du top 10 et ne rejoindra pas les trois Français à avoir un jour gagné la course : Jacky Durand (1992), Jean Forestier (1956) et Louison Bobet (1955). Il faut remonter à 2011 pour retrouver la trace d'un Français sur le podium : c'était alors Sylvain Chavanel. 

Pourquoi, alors que le Tour des Flandres s'est déroulé, Paris-Roubaix a-t-il été reporté ?

Les Français pourront peut-être prendre leur revanche lors de Paris-Roubaix, dont l'organisation a été déplacée au 3 octobre. Les organisateurs ont bien annoncé jeudi dernier, le 1er avril, le report de la reine des classiques pour la deuxième année consécutive. Sur décision de la Préfecture des Hauts-de-France. Raisons mis en avant : la dégradation de la situation sanitaire dans la région et l’annonce d’un troisième confinement à l’échelle du pays. 

Alors que la Belgique connaît une situation sanitaire comparable, le pays a maintenu ses courses cyclistes. Pourtant son gouvernement a décidé un nouveau confinement, strict, il y a une semaine. Après un bond de plus de 40 % des contaminations. Les écoles sont fermées et il est interdit de se réunir à plus de quatre personnes à l’extérieur. 

Cyril Saugrain, ancien coureur cycliste professionnel français, commente depuis huit ans les courses cyclistes sur route en Belgique pour la RTBF. Questionné sur ce sujet, il nous répond, en bon connaisseur des mondes cyclistes français et belges.

La petite reine, la passion du plat pays

La passion pour le vélo qui anime les Belges n’a rien de comparable avec celle des Français pour ce sport. Il y a des milliers de coureurs cyclistes qui circulent tous les jours sur les mêmes routes en Belgique. 

Dans chaque village belge il y a un coureur cycliste. Vous n’avez pas en France un coureur cycliste dans chaque village. Cette passion commune rapproche les gens. Tout le monde se sent solidaire et intéressés. 

Sur le tour des Flandres, habituellement, il y a des champs aux bords du circuit qui sont loués pour accueillir des centaines de spectateurs qui vont passer leur journée sous des chapiteaux à regarder l’épreuve devant les écrans sauf lorsque les coureurs passent à côté de leur champs, ce qui arrive plusieurs fois, c’est la course qui veut ça. 

Regardez les courses à la télé, un message bien compris

Il y a d’abord une vraie collaboration entre les organisateurs de la course et les instances politiques jusqu’aux élus locaux pour que ces courses aient lieu. 

Ensuite, autour d’un évènement comme le Tour des Flandres, la communication auprès du public ne se fait pas au niveau régional comme pour le Paris-Roubaix, mais au niveau national. Parce que la Belgique est un petit pays, sa superficie égale celle des Hauts-de-France : le message passe donc plus facilement. D’autant plus qu’il est relayé par toutes les associations vélo très nombreuses qui maille le territoire. 

Le Tour des Flandres, c’est un événement national, presque religieux pour la Belgique et encore plus pour les Flandres. Regardez ce qui s’est passé avec les trois jours de la Panne, l’épreuve cycliste qui prépare les coureurs au Tour des Flandres. L’épreuve a eu lieu le 24 mars dernier. D’habitude, il y a énormément de spectateurs à l’arrivée de cette course. Or pour cette 45ème édition, les Belges sont restés... devant leurs postes de télévision.

Une course plus facile à sécuriser 

Le Tour des Flandres part d’Anvers et arrive à Audenarde. Soit une cinquantaine de kilomètres au total, alors que Paris-Roubaix c’est 280 kilomètres. Les secteurs pavés du Tour des Flandres sont traversés plusieurs fois par les coureurs et sont situés dans un secteur vallonné, donc difficile à atteindre pour le public et facile à sécuriser, par seulement quelques centaines de policiers.

Les Flandres attendent leur Tour cycliste
Les Flandres attendent leur Tour cycliste © DIRK WAEM - ERIC LALMAND / Max PPP

 

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