Déserts médicaux : trois centres de téléconsultation en ophtalmologie ont ouvert dans l'Aisne et l'Oise

Une structure picarde vient de lancer trois centres de téléconsultation en ophtalmologie dans l'Aisne et l'Oise. Le spécialiste effectue ainsi le diagnostic à distance. Le modèle n'est pas encore validé par l'ARS et l'assurance maladie, mais ses promoteurs croient à son développement rapide.
Examen réalisé dans un centre de téléconsultation en ophtalmologie à Saint-Quentin dans l'Aisne
Examen réalisé dans un centre de téléconsultation en ophtalmologie à Saint-Quentin dans l'Aisne © Jean-Louis Croci / FTV
En Picardie, obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue relève souvent du parcours du combattant. Ici plus besoin d'attendre des mois, Anne-Sophie a pris rendez-vous dans le centre DocRezo de Saint-Quentin en une semaine. Particularité : elle est accueillie par une infirmière et la consultation avec le spécialiste se passe à distance. 

"J'ai trouvé ça très bien, affirme-t-elle. C'est comme chez l'ophtalmo."Avant la jeune femme devait effectuer plusieurs kilomètres pour obtenir un examen des yeux. "Je n'ai jamais trouvé d'ophtalmo sur Saint-Quentin, je devais donc aller jusque Laon, et encore j'avais presque six mois de délai. Je reviendrai ici sans hésiter."

Durant les examens, les données sont transmises au spécialiste qui effectue les analyses en temps réel. "On fait tous les examens type réfraction, champ visuel, et même des examens plus poussés au niveau de la rétine. Cela dure environ 15 minutes", explique Aline Legrand, infirmière au centre DocRezo de Saint-Quentin. Le patient ressort ensuite avec son ordonnance et en cas de pathologies plus graves un rendez physique est proposé.

Des consultations non remboursées

L'idée de ces centres de téléconsultation et d'offrir un accès à un spécialiste là où il en manque cruellement. "On le sait, les médecins s'installent dans les métropoles et pas dans des villes moyennes ou plus petites. Dans ces zones spécifiques, il faut pouvoir proposer des innovations, trouver des solutions de premier recours pour les patients", indique Jean-Pascal Piermé, directeur de DocRezo. 

À ce jour, le modèle n'est pas reconnu par l'assurance maladie. Les 45 euros de consultation ne sont donc pas remboursés. "La structure du projet proposée ne correspond pas aux conditions négociées lors de la signature de l'avenant 6 à la convention nationale des médecins. Cet avenant précise les conditions de réalisation des actes de téléconsultations", répond la CPAM de l'Aisne. 

Le directeur de DocRezo assume sa position et entend bien obtenir l'évolution de la réglementation pour être reconnu. "On l'assume parce que quand on veut innover, il faut prouver que les pratiques médicales que l'on met en œuvre sont réalisables. Ici on l'a prouvé et aujourd'hui on discute de manière très ouverte avec l'assurance maladie de manière à trouver une organisation", confie-t-il. 

La structure vient également d'ouvrir des centres à Hirson dans l'Aisne et Noyon dans l'Oise. Elle envisage un développement rapide dans une cinquantaine de villes françaises. 
 
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