Dry January (Mois sans alcool) : les habitants des Hauts-de-France sont-ils de gros consommateurs d'alcool ?

© CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Loin des idées reçues ?

Par EM avec AFP

Les habitants des Hauts-de-France boivent-ils plus que la moyenne des Français ? Les clichés ont la peau dure. A cette question, sans doute de très nombreux citoyens répondront spontanément oui. Les statistiques amènent pourtant à répondre "non". En ce "mois sans alcool" (cf encadré), on fait le point sur les chiffres.

Plusieurs indicateurs montrent que la région est souvent en-dessous de la moyenne française. Exemple : 16 % des 15-75 ans déclarent boire régulièrement de l'alcool (au moins 10 fois par mois). En France, ce chiffre est de 18,1% . Même écart pour la consommation quotidienne : 9% contre 9,7% en France.
 

Pour la consommation quotidienne d'alcool, la région Hauts-de-France se situe donc proche de la moyenne nationale. Mais loin derrière les régions PACA, Centre Val de Loire et Occitanie (13 et 12% des habitants y consomment de l'alcool quotidiennement), comme le montre la carte ci-dessous.
 
© ARS
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Autre idée reçue : la consommation d'alcool par les jeunes. Là aussi, elle est sensiblement inférieure au reste de la France : "En 2014, les jeunes de 17 ans de la région Hauts-de-France se distinguent quasi systématiquement du reste de la France par une consommation d’alcool moins importante, écrit l'Agence Régionale de Santé dans le rapport "Addictions dans les Hauts-de-France". (...) Ils sont 10 % à être usagers réguliers d’alcool, contre 12,2 % sur l’ensemble du territoire. "
 

Consommation plus faible ou dans la moyenne nationale et pourtant d'autres indicateurs indiquent que l'alcoolisme et l'alcool restent des fléaux dans les Hauts-de-France. Le nombre de décès liés à l'alcool (4,3 pour 10 000 habitants avant 65 ans contre 2,5 en France) et le nombre d'accidents mortels liés à l'alcool sont beaucoup plus élevés qu'ailleurs en France, comme le montrent les deux graphiques ci-dessous.

« Notre population paie un plus lourd tribut parce qu’elle a un problème avec la prévention et le dépistage, expliquait en 2018 Olivier Cottencin, professeur de psychiatrie et d’addictologie, chef du service addictologie du CHU de Lille, il y a quelques semaines dans nos colonnes. Les gens du Nord ne vont voir le médecin que lorsqu’ils sont vraiment malades. »
 

 

Dry January, c'est quoi ?

Un mois de sobriété après les excès des fêtes : ce défi de plus en plus populaire au Royaume-Uni commence à faire des émules en France, une "bonne résolution" encouragée par les acteurs de la lutte contre les méfaits de l'alcool.

"Cette initiative avait un écho relativement faible en France les dernières années, mais elle semble prendre un peu plus. Il s'agit de la soutenir et de la promouvoir", observe Jean-Michel Delile, psychiatre et président du réseau français Fédération Addiction. En France, l'alcool bénéficie d'une certaine tolérance. Le pays est l'un des principaux producteurs de vin dans le monde.

Lancé outre-Manche en 2013 par l'association Alcohol Concern, le "Dry January", ou "Janvier Sec", consiste à ne pas boire une goutte d'alcool pendant tout le premier mois de l'année.

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