Dunkerque, Tunnel sous la Manche, Baie de Somme... Voici les sites des Hauts-de-France concernés par la montée des eaux

L'Agence européenne de l'Environnement publie, ce lundi, une série de cartes interactives illustrant les conséquences d'un réchauffement climatique. D'ici à la fin du siècle, les activités touristiques et portuaires de notre littoral pourraient se retrouver sous les eaux. 

A Wissant, ce lundi
A Wissant, ce lundi © DENIS CHARLET / AFP
Avec une hausse des températures annoncée inévitable, la montée des eaux et les inondations qui nous apparaissent exceptionnelles deviendraient la norme d'ici 2100, prévient l'Agence européenne de l'Environnement. Les cartes interactives, qu'elle publie aujourd'hui, détaillent les zones les plus exposées à cette montée du niveau de la mer.

Dans le scénario le plus favorable, d'une hausse de seulement 2°C, les inondations surviendraient alors plus de cinq fois par an. Conséquences le long des côtes françaises : le niveau de la mer grimperait en moyenne entre 20 et 40 centimètres ! Les Hauts-de-France seraient donc terriblement impactés, 40% du Dunkerquois et de grands sites du Calaisis ou de la baie de Somme.


Tunnel sous la Manche, ville de Dunkerque, Baie de Somme...


"Dans le courant de ce siècle, l'entrée du Tunnel sous la Manche, le port du Havre, le chantier naval de Saint-Nazaire, des parties entières de l'île d'Oléron, du Languedoc-Roussillon seront régulièrement sous les eaux, à tel point que les activités économiques, touristiques, ou le simple fait d’avoir des maisons ne sera plus possible", insiste Pascal Canfin, Président de la Commission environnement du Parlement européen.
 

Ces effets de la montée du niveau de la mer vont se cumuler à ceux des tempêtes ou des pluies torrentielles, plus en plus fréquentes. L'arrière-pays dunkerquois pourrait se trouver alors affecté d'une montée des eaux équivalente à un mètre si la température augmentée de 4 degrés !  Pour Jean Schepman, vice-président du département chargé de l’environnement, "la situation pour Dunkerque est alarmante. Des milliers de personnes seraient concernées. "

 
Cette carte montre la superficie estimée et la population actuelle des régions basses situées entre 1 et 6 m au-dessus du niveau moyen actuel de la mer. En l’absence de toute protection côtière existante ou future, ces zones seraient inondées de façon permanente au cours des siècles à venir si le niveau de la mer augmentait du niveau prévu.
Cette carte montre la superficie estimée et la population actuelle des régions basses situées entre 1 et 6 m au-dessus du niveau moyen actuel de la mer. En l’absence de toute protection côtière existante ou future, ces zones seraient inondées de façon permanente au cours des siècles à venir si le niveau de la mer augmentait du niveau prévu.

Le niveau de la mer a augmenté de 9 cm en 50 ans à Dunkerque, selon l’Observatoire régional du climat. La fonte des glaciers continentaux n’y est pas étrangère car elle augmente la quantité d’eau. Mais la cause principale, c’est la dilatation thermique : plus l’eau est chaude, plus son volume est important. "Associé à des pluies importantes, le système d’évacuation de nos wateringues n’est pas adapté à gérer d’aussi fortes arrivées d'eau. Les pompes fonctionneraient en continue et risquent de perdre en efficacité. Une vague submersive est à envisager. La digue mise en place pour la centrale de Gravelines est une bonne chose mais là aussi, les postes extérieurs qui alimentent la centrale ne sont pas totalement protégés..." précise Jean Schepman.
 

 

Il faut changer les plans d'urbanisme, ne plus construire dans les zones impactées par le réchauffement climatique.


L’eurodéputé Pascal Canfin rappelle qu'il est urgent pour les pays de parvenir à respecter l'Accord de Paris sur le climat, pour tout faire pour limiter cette hausse des températures. A  2°C, l'impact sera moindre, mais néanmoins bien réel.  Il avertit : "Plus on attend, plus ça coûtera cher ! Il faut changer les plans d'urbanisme, ne plus construire dans les zones impactées par le réchauffement climatique. Aujourd'hui, on ne peut plus dire qu'on ne savait pas" poursuit l’eurodéputé et "il faut mettre en place un test de résilience climat, avant de décider de construire des infrastructures, que ce soit une route, un hôtel ou un camping".

Il semble ne faire aucun doute que, à la fin du siècle, certains des littoraux européens seront des zones sur lesquelles, il ne pourra plus y avoir d’activité humaine, les inondations y seront trop régulières. "Le grand avantage de ces cartes sont pédagogiques et servent à s'appuyer pour des mises en place de stratégies d 'anticipation en terme de défense et d'adaptabilité, des aménagements du territoire, la création de zones tampons, des solutions fondées sur la nature" détaille Emmanuel Bertin, de l'Observatoire régional du climat - CERDD. 
 
L'impact du dérèglement climatique en Europe n'aura pas pour seule conséquence cette montée des eaux de la mer : feux de forêt, inondations par les fleuves ou sécheresse désastatrice. Selon l’Agence européenne, 20 % de la péninsule Ibérique serait transformée en désert d’ici à la fin du siècle si le réchauffement climatique dépassait les quatre degrés.


 
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