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Documentaires - La France en vrai

Le jeudi soir, deux documentaires, pour porter un regard sur des histoires remarquables, des histoires de société, des histoires de la France en vrai.
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DOCUMENTAIRE. Nous habitons là-haut. Immersion dans le carnaval de Dunkerque.

Marion fait chapelle chez Anne-Marie / © Nous habitons là-haut. Réal. : Y. Delva &D. Balaï/Prod. : Pipole/Studio Manivelle
Marion fait chapelle chez Anne-Marie / © Nous habitons là-haut. Réal. : Y. Delva &D. Balaï/Prod. : Pipole/Studio Manivelle

LE carnaval de Dunkerque n'existe pas. Comme toutes les traditions multiséculaires, le carnaval évolue avec son temps. Miroir de son époque, il dure aujourd'hui presque 3 mois et les bandes se multiplient dans les villages environnants et les médias s'en font plus que jamais l'écho.

Par MJ

Yannick et Datis, les réalisateurs de "Nous habitons là-haut" ont débarqué dans le Carnaval 2020 avec un synopsis et une liste de rendez-vous avec des carnavaleux dunkerquois. Tout était écrit... et rien ne s'est passé comme prévu. Mais ils connaissaient le carnaval et savent que les bandes, les chahuts et les rencontres sont l'ADN du carnaval. Il faut se laisser porter, comme dans le chahut.
Une immersion savamment improvisée qui donne tout son charme au film. Les rencontres s'enchaînent naturellement au détour d'une rue, d'un bar, d'une friterie... ou d'un arbre déracinée par la tempête. Chaque carnavaleux ayant SA façon de vivre la fête, ils nous permettent de découvrir l'essence des traditions. Des chapelles au stress des Tambour major avant la bande, en passant par la pause frites, l'arrêt hydratation ou le chahut vous vivrez le carnaval comme si vous y étiez, même si vous détestez la foule.

Dites "Kaas" ! 

Kaas (NL) Cheese (GB)
Un photographe se glisse parmi les carnavaleux. Pierre Volot est un dunkerquois pur souche. Il est aussi photographe professionnel. Il cumule donc les 2 passions de sa vie sans toutefois les mélanger complètement. Une fois son cle'tche (déguisement) enfilé, il oublie l'appareil photo à la maison pour profiter de chaque instant. A l'instar des réalisateur de "Nous habitons là-haut", il aime partir seul et se laisser porter par les rencontres drôles ou tendres. Les différentes étapes de ce marathon sont synonymes pour lui d'émotions. La première d'entre elle : la montée en puissance de l'ambiance qui monte dans la ville et ses environs, la première bande, le premier bal, l'hommage au Cô (tambour major). Puis ce sont les 3 Joyeuses autour de mardi-gras, telle la crête d'une vague qui se brise et se disperse en gouttelettes pour disparaître. Chaque fin de Carnaval est suivie d'une forme de baby-blues, vite compensé par la préparation de l'édition suivante, 9 mois plus tard.

Comme stipulé dans la charte du carnaval : Si on fait carnaval, on se déguise un minimum ! Quand il attrape son appareil photo, Pierre agrémente donc son costume "civil" d'un chapeau de "ma tante" pour immortaliser les émotions des autres. Des instants suspendus au milieu de la foule chamarrée. Voici quelques quelques-uns de ses clichés, que vous pouvez retrouver dans un livre - Quand vient le carnaval, paru aux éditions lilloises Light Motiv.

Nous habitons là-haut - diaporama "Quand vient le carnaval"

Ca dure depuis longtemps c't'histoire ? 

La tradition carnavalesque à travers le monde est née de rituels antiques mais est le plus généralement liée au calendrier chrétien. 
A Dunkerque, avant même le le carnaval existait une fête païenne de travestissement avec défilé de géants le 24 juin, jour de la Saint Jean.
Au 16ème siècle, les marins de Flandre maritime partaient pour 6 mois, pêcher le hareng en mer islandaise. Nombre d'entre eux y laissaient la vie. Les armateurs leur offraient donc une fête costumée, un festin (la foye) et la moitié de leur solde. Solde qui permettait aux femmes et enfants de voir venir en cas de malheur. 
La légende veut que leur paquetage sur le bateau, il ne leur restait que les vêtements des femmes pour se déguiser. 
Devant le succès de ce rassemblement annuel, un magistrat réglemente les festivités dans un acte signé du 16 janvier 1676. C'est la première trace officielle du carnaval de Dunkerque.
Pour en savoir plus sur l'histoire du Carnaval, sur le vocabulaire (cle'tche, cô, zô etc) et le jeté de hareng, rendez-vous sur le site de la ville de Dunkerque.

 

Un tambour-major légendaire


Les tambours-majors (ou cô') dirigent la bande. Chacun d'entre eux est suivi des musiciens, puis de la ligne qui retient le chahut. Sans eux, pas de carnaval - ou presque. Cô'Pinard, tambour-major de Dunkerque entre 1956 et 1988, année de son décès, porte une rue à son nom. Chaque année depuis 35 ans, l'hymne à Cô'Pinard lors de la bande de la citadelle reste le moment le plus émouvant pour les carnavaleux. 

 

Nous habitons là-haut
Replay disponible jusqu'au 24 mars 2022
Un film de Yannick Delva et Datis Balaï

Prod. : Pipole/Studio Manivelle

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