En Hauts-de-France, l'activité des artificiers repart doucement : "je fais un 14 juillet avec 6 feux au lieu de 30"

À Roubaix, Saint-Valery-sur-Somme ou Fresnes-sous-Coucy, le ressenti de trois artificiers après une année 2020 catastrophique. Ils font état d'une reprise d'activité mais sentent déjà le vent tourner pour le 15 août.

"L'an dernier, mon activité a été un chiffre d'affaires de -85% par rapport à l'année précédente. Moi et mon équipe tirons normalement 320 feux par an. En 2020, on en a fait 25. Cette année, j'espérais faire 50% de mon activité mais je vais faire moins car j'ai appris vendredi que la métropole lilloise renonçait à ses feux", explique Philippe Hollebecq.

L'entrepreneur, qui, avant de gérer l'entreprise familiale roubaisienne, travaillait dans les transports, a dû reprendre un travail du côté de Nancy. Il a signé un PGE, prêt garanti par l'État, et a bénéficié d'aides et du chômage partiel pour ses salariés, ce qui l'a bien aidé mais concède avoir été obligé de reprendre son ancien métier ponctuellement.

"Les discothèques ouvrent et on nous embête en extérieur"

"C'est gentil les aides, mais ce que nous voulons, c'est travailler. Je ne comprends pas que les discothèques ouvrent et qu'on nous embête en extérieur ! Si je prends la commune d'Avelin en exemple : il n'y a que 300 à 400 personnes dans le stade pour voir le feu d'artifices... Pourquoi annuler ?"

Quant à ses salariés, depuis près de trois semaines, ils ont repris à mi-temps et sont encore en chômage partiel pour l'autre moitié de leur planning.

Concernant les annulations de la métropole lilloise, cela correspond à une vingtaine de feux annulés pour l'équipe de Philippe, qui précise que ses fournisseurs reprennent les produits. Ceci dit, ce dernier n'imagine même pas renvoyer ses quatre semi-remorques de matériel, qui viennent d'arriver de Toulouse, si d'aventure le président de la République venait à prendre des décisions drastiques dans son allocution télévisée prévue à 20h le lundi 12 juillet. 

Berck-sur-Mer et Soissons annulent

Une allocution attendue également par Franck Courbois, co-responsable de FC Artifices à Saint-Valery-sur-Somme. Son entreprise a tiré 10 feux en 2020 et doit en tirer 90 cette année, soit 70% d'une activité normale pour un 13 et un 14 juillet. Mais Franck sent le vent tourner. D'un naturel à aller de l'avant et à rester positif, il regrette que certains élus soient "craintifs". Parmi ses clients, la municipalité de Berck-sur-Mer qui annule. "Sur une bande de 30 km de la Côte d'Opale dont Le Touquet et Etaples, il n'y aura rien". Et Franck de s'interroger sur l'activité du 15 août.

Pas de problème de stock pour Franck qui est livré au jour le jour, quant aux annulations, l'entrepreneur reste beau joueur : "On comprend les annulations tant que la municipalité fait appel à nous pour le feu d'artifices suivant".

Yvon Hamza de l'entreprise Aisne Pyrotechnie, basée non loin de Chauny, vient d'avoir une mauvaise nouvelle. "Soissons vient d'annuler. Avec les restrictions sanitaires, on devait mettre 1500 personnes au lieu de 10 000 sur la place d'où ça devait être tiré. Je ne sais pas si c'est la raison pour laquelle la mairie de Soissons a annulé mais voilà... Après une année 2020 à 10% de l'activité, là je fais un 13 juillet avec 7 feux au lieu de 25 et un 14 juillet avec 6 feux au lieu de 30 !". Effectivement l'activité repart, mais cela est "à relativiser" selon Yvon qui évoque les contraintes sanitaires.

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