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Enquête : la gestion trouble de l'eau en Picardie

Restriction provisoire de l'usage de l'eau dans l'Aisne / © MAXPPP
Restriction provisoire de l'usage de l'eau dans l'Aisne / © MAXPPP

Lorsque l'eau coule du robinet, combien de litres ont été perdus dans les tuyaux ? Peu de gens se posent la question, pourtant, les fuites sont répercutées sur la facture. Enquête dans deux municipalités de la Somme et de l'Oise.

Par Pierre-Guillaume Creignou avec MT

C'est un chiffre que tous les maires regardent, mais que vous ne connaissez probablement pas : le taux de rendement de votre réseau d'eau. En clair, entre l'eau produite et l'eau qui arrive au robinet, il y a souvent de la perte en chemin. Avec des fuites dans les tuyaux, il est impossible d'arriver à 100%.

Et dans la Somme, Domart-en-Ponthieu est l'un des plus mauvais élèves de France. Avec un rendement de 35,3%, la commune perd les deux-tiers de son eau. Pour comprendre ces fuites, il faut faire un détour par l'un des réservoirs avec le maire. Car le problème est déjà bien visible.

"Le réseau date des années 1960-65. Nos 30 kilomètres sont à peu près dans le même état", déplore Christian Prudhomme, maire (SE) de Domart-en-Ponthieu.

Une des premières mesures a été l'achat de compteurs connectés qui permettent de savoir l'état du réseau en temps réel. Traquer les fuites lui a permis en deux ans de passer à 65 % de rendement. C'est mieux, mais ça ne suffit toujours pas. Il va devoir investir dans un nouveau réseau à hauteur de 405.000 euros de travaux dans un premier temps. En plus, en attendant, il faut bien payer l'eau perdue dans la nature.
 
 

Mauvaises surprises


A l'autre bout du classement, Lacroix-Saint-Ouen, dans l'Oise. Son taux de rendement est record : 98,6 % selon les derniers chiffres. Jusqu'en 2012, le service de l'eau était géré par la SAUR, un prestataire privé. Mais le maire a décidé de reprendre la main avec une régie municipale.
 
"C'est un choix courageux. A l'époque on se posait pas mal de questions. Néanmoins c'est une véritable réussite pour l'ensemble de la population", dit avec fierté Jean Desessart, maire (LR) de Lacroix-Saint-Ouen.

En mairie, deux personnes travaillent à temps plein pour chercher les fuites et gérer les travaux sur le réseau. Sauf qu'en reprenant la gestion, la municipalité a eu quelques mauvaises surprises :

"Lorsque nous avons commencé les travaux, nous avons eu des mauvaises surprises comme des tuyaux en amiante-ciment ou en PVC. Et il nous a fallu revoir la planification des travaux et les étaler un peu plus dans le temps", raconte Jacqueline Ferradini, maire adjointe chargée des Finances.
 

Certains n'avaient jamais payé l'eau


Plus de prestataire, les services de la ville interviennent nuit et jour en cas de problème. Et cela a permis de mieux connaître la consommation réelle de ses plus de 4.000 habitants.

"Le prestataire qui était là avant faisait une relève aléatoire entre 10 et 15% des abonnés, après il faisait un pourcentage et facturait. Nous la politique de la mairie a été de faire la relève chez tout le monde, donc d'identifier tous les compteurs, y compris ceux qui n'avaient jamais été relevés", indique Philippe Dupont, directeur des services techniques Lacroix-Saint-Ouen.

Opération rentable pour le maire, c'est l'eau la moins chère du secteur. Mais tout va s'arrêter  à la fin de l'année. il va devoir rendre la gestion de son eau.

"La loi NOTRe nous impose que les intercommunalité prennent la gestion de la distribution de l'eau. C'est un crève-cœur, mais c'est comme cela. Nous avons fait l'expérience et on l'a bien fait", regrette Jean Desessart, maire de Lacroix Saint-Ouen.

Avec son taux proche des 100 %, Lacroix-Saint-Ouen fait toujours figure d'exception. En France, un litre d'eau potable sur cinq disparaît dans les tuyaux. Ils sont perdus à jamais...
 

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