hauts-de-france
Choisir une région

Treize nations viendront disputer au moins un match de poule de l'Euro-2016 dans le Nord et le Pas-de-Calais, au Stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d'Ascq ou au Stade Bollaert-Delelis de Lens. L'équipe de France, bien entendu, mais aussi l'Albanie, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Irlande, l'Italie, le Pays de Galles, la République Tchèque, la Russie, la Slovaquie, la Suisse, la Turquie et l'Ukraine. Du beau monde en perspective ! 

La France (Groupe A)

L'équipe : les Bleus, hôtes du Championnat d'Europe, sortent de deux ans de matches amicaux depuis leur quart de finale au Mondial-2014. Hormis un trou d'air entre mars et juin 2015 avec des défaites contre la Belgique, le Brésil et l'Albanie, ils ont plutôt bien négocié cette longue période, s'offrant notamment des succès de prestige contre le Portugal, l'Espagne et les champions du monde allemands. Cette saison, ils en sont à huit victoires pour une seule défaite lors d'un match au contexte particulier, le 17 novembre en Angleterre, quatre jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis. La France sera en outre gâtée en affrontant au premier tour la Roumanie, l'Albanie et la Suisse.

Le sélectionneur : il possède sans doute le plus beau palmarès du football français et était prédestiné à occuper un jour le poste de sélectionneur d'une équipe dont il a porté le brassard de capitaine lors des sacres au Mondial-98 et à l'Euro-2000: Didier Deschamps a pris les rênes des Bleus en 2012 avec ce Championnat d'Europe organisé à la maison comme objectif majeur. Les débuts n'ont pas été évidents, avec une qualification pour la Coupe du monde au Brésil décrochée au terme d'un barrage homérique face à l'Ukraine. Mais l'accession de la France en quart de finale lui a permis de renouveler son bail jusqu'en 2018.

En l'absence de Karim Benzema, Antoine Griezmann sera la star de l'attaque des Bleus. / © FRANCK FIFE / AFP
En l'absence de Karim Benzema, Antoine Griezmann sera la star de l'attaque des Bleus. / © FRANCK FIFE / AFP

La star : sans Karim Benzema, privé d'Euro en raison de sa mise en examen dans l'affaire de la sex-tape, la France espère beaucoup de sa nouvelle pépite, Antoine Griezmann. L'attaquant de l'Atlético de Madrid a été l'un des principaux artisans de la qualification de son équipe pour la finale de la Ligue des champions, avec notamment un doublé en quart de finale retour contre Barcelone et un but décisif en demi-finale retour sur la pelouse du Bayern Munich. Seul son pénalty manqué contre le Real Madrid, lors de cette finale, aura un peu terni sa saison. Timide à ses débuts en Bleu en mars 2014, il a pris plus d'épaisseur et s'affirme désormais, à 25 ans, comme un véritable leader d'attaque en sélection.

Les 23 : Gardiens de but - Benoît Costil (Rennes), Hugo Lloris (Tottenham/ENG), Steve Mandanda (Marseille) ; Défenseurs - Patrice Evra (Juventus Turin/ITA), Christophe Jallet (Lyon), Laurent Koscielny (Arsenal/ENG), Bacary Sagna (Manchester City/ENG), Eliaquim Mangala (Manchester City/ENG), Samuel Umtiti (Lyon), Adil Rami (Seville/ESP), Lucas Digne (AS Rome/ITA) ;  Milieux - Yohan Cabaye (Crystal Palace/ENG), Morgan Schneiderlin (Manchester United/ENG), Ngolo Kanté (Leicester/ENG), Blaise Matuidi (Paris SG), Paul Pogba (Juventus Turin/ITA), Moussa Sissoko (Newcastle/ENG) ; Attaquants - Kingsley Coman (Bayern Munich/GER), André-Pierre Gignac (Tigres de Monterrey/MEX), Olivier Giroud (Arsenal/ENG), Antoine Griezmann (Atlético de Madrid/ESP), Anthony Martial (Manchester United/ENG), Dimitri Payet (West Ham/ENG).

Le match dans la région : Suisse-France, le 19 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq.

Les régionaux de l'étape : Yohan Cabaye, natif de Tourcoing et ancien joueur du LOSC, est le seul Nordiste de la sélection après le forfait du Lillois Raphaël Varane, formé à Lens. Mais certains de ses équipiers ont également joué dans la région : Adil Rami, Lucas Digne et Dimitri Payet ont évolué au LOSC et N'Golo Kanté à l'US Boulogne Côte d'Opale.
L'équipe de France lors du match de préparation contre le Cameroun. / © MaxPPP
L'équipe de France lors du match de préparation contre le Cameroun. / © MaxPPP

 

L'Albanie (Groupe A)

L'équipe : à Belgrade, beaucoup persiflent en rappelant la victoire 3-0 obtenue sur tapis vert contre la Serbie, en raison d'incidents provoqués par les supporteurs serbes. Mais c'est faire peu de cas de la victoire inaugurale au Portugal (1-0), qui avait stupéfié l'Europe, mais aussi d'un match nul au Danemark (0-0). Cette qualification des "Kuq e Zinjtë" (Rouge et noir), la première pour une phase finale, ne sort pas du chapeau. L'Albanie avait déjà battu la Russie ou la Grèce lors d'éliminatoires précédents. Et il y a un an, elle avait vaincu la France en amical (1-0). Si l'effectif ne compte pas d'immenses stars, la plupart de ses joueurs évoluent dans les championnats étrangers, en Suisse, en Italie, en Allemagne ou encore en France.

Le sélectionneur : arrivé en 2011, l'Italien Gianni De Biasi a eu du temps pour bâtir sa sélection. Agé de 59 ans, naturalisé albanais, cet ancien entraîneur du Torino et de l'Udinese a apporté une solidité tactique à sa formation, qui évolue dans un 4-3-3 élastique. Il se décrit comme "bon organisateur", doué pour "motiver ses troupes", "proche de ses joueurs".
 
Lorik Cana, capitaine et pilier de la sélection albanaise. / © GENT SHKULLAKU / AFP
Lorik Cana, capitaine et pilier de la sélection albanaise. / © GENT SHKULLAKU / AFP

La star : à 32 ans, Lorik Cana a joué un rôle central pour convaincre des Albanais de l'étranger d'intégrer la sélection dont le défenseur nantais est le pilier et le capitaine. "Heureux et fier" de représenter l'Albanie dans sa première compétition internationale, il relève que "le fait que cela se passe en France, pays où j'ai grandi avec le football, où j'ai ma famille, est encore plus particulier".

Les 23 : Gardiens - Etrit Berisha (Lazio Rome/ITA), Alban Hoxha (FK Partizani), Orges Shehi (KF Skenderbeu) ; Défenseurs - Arlind Ajeti (Frosinone/ITA), Naser Aliji (FC Bâle/SWI), Mergim Mavraj (FC Cologne/GER), Lorik Cana (FC Nantes/FRA), Elseid Hysaj (Napoli/ITA), Ansi Agolli (Qarabag/AZE), Frédéric Veseli (FC Lugano/ITA) ; Milieux - Ledian Memushaj (Delfino Pescara/ITA), Ergys Kace (PAOK Salonique/GRE), Andi Lila (Janina), Migjen Basha (Côme/ITA), Odise Roshi (Rijeka/CRO), Burim Kukeli (FC Zurich/SWI), Ermir Lenjani (FC Nantes/FRA), Taulant Xhaka (FC Bâle/SWI), Amir Abrashi (Fribourg/GER) ; Attaquants - Bekim Balaj (Rijeka/CRO), Sokol Cikalleshi (Basaksehir/TUR), Armando Sadiku (FC Vaduz/LIE), Shkelzen Gashi (Colorado Rapids/USA).

Le match dans la région : Albanie-Suisse, le 11 juin, au Stade Bollaert-Delelis à Lens.
L'Albanie avait battu la France en amical en juin 2015. / © MaxPPP
L'Albanie avait battu la France en amical en juin 2015. / © MaxPPP

 

La Suisse (Groupe A)

L'équipe : dans un groupe E où l'Angleterre a surclassé tous ses adversaires, la Suisse a assuré sa qualification, sans briller, enregistrant sept victoires, mais proposant le plus souvent un jeu peu enthousiasmant. La Nati, qui avait atteint les 8e de finale du dernier Mondial (élimination face à l'Argentine 1-0) malgré un lourd revers contre la France (5-2), retrouvera les Bleus dès la phase de poule.

Le sélectionneur : Vladimir Petkovic, 52 ans, d'origine bosniaque, a entraîné la Lazio Rome ou les clubs suisses des Young Boys de Berne ou de Sion avant d'arriver le 1er juillet 2014 à la tête de la Nati où il a succédé à Ottmar Hitzfeld. Une tâche compliquée, car ce dernier n'a peut-être pas imprimé à l'équipe suisse un style de jeu phénoménal, mais obtenait des résultats.

Xherdan Shaqiri, star de la sélection suisse, évolue à Stoke en Angleterre. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Xherdan Shaqiri, star de la sélection suisse, évolue à Stoke en Angleterre. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

La star : pépite du football suisse, Xherdan Shaqiri, 24 ans, formé à Bâle, d'origine kosovare, est notamment passé par le Bayern Munich qu'il a quitté car il manquait de temps de jeu. Son expérience suivante à l'Inter Milan a été peu convaincante et le joueur a choisi de rejoindre le club anglais de Stoke City, loin de jouer les premiers rôles en Premier League. Depuis lors, Shaqiri est à la recherche de la forme étincelante qu'il affichait au Bayern. Autre inquiétude : sa fragilité musculaire.

Les 23 : Gardiens - Yann Sommer (Borussia Mönchengladbach/GER), Roman Bürki (Borussia Dortmund/GER), Marwin Hitz (Augsbourg/GER) ; Défenseurs - Johan Djourou (Hambourg/GER), Nico Elvedi (Borussia Mönchengladbach/GER), Michael Lang (FC Bâle), Stephan Lichtsteiner (Juventus Turin/ITA), François Moubandje (Toulouse/FRA), Ricardo Rodriguez (Wolfsburg/GER), Fabian Schär (Hoffenheim/GER), Steve von Bergen (Young Boys Berne) ; Milieux - Valon Behrami (Watford/ENG), Blerim Dzemaili (Genoa/ITA), Gelson Fernandes (Rennes/FRA), Fabian Frei (Mayence/GER), Granit Xhaka (Arsenal/ENG), Denis Zakaria (Young Boys Berne) ; Attaquants - Eren Derdiyok (Kasimpasa Istanboul/TUR), Breel Embolo (FC Bâle), Admir Mehmedi (Bayer Leverkusen/GER), Xherdan Shaqiri (Stoke City/ENG), Haris Seferovic (Eintracht Francfort/GER), Shani Tarashaj (Everton/ENG).

Les matches dans la région : Albanie-Suisse, le 11 juin, au Stade Bollaert-Delelis à Lens ; Suisse-France, le 19 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq.

Le régional de l'étape : aujourd'hui à la Juventus, Stephan Lichtsteiner, le capitaine suisse, a joué au LOSC de 2005 à 2008.
Les Suisses lors de leur match amical perdu contre la Belgique (1-2) le 28 mai. / © MaxPPP
Les Suisses lors de leur match amical perdu contre la Belgique (1-2) le 28 mai. / © MaxPPP

 

L'Angleterre (Groupe B)

L'équipe : désastreuse en 2014 au Mondial, l'Angleterre a bien rebondi ensuite avec un carton plein dans le groupe E -aisé- des éliminatoires : 10 victoires en dix matches. Pas au point de figurer parmi les favoris de l'Euro, mais elle intrigue quand même avec une équipe très rajeunie et prometteuse, notamment au milieu et devant. Elle devrait se sortir de son groupe qui comprend la Russie, le Pays de Galles et la Slovaquie. Un quart semble à sa portée.

Le sélectionneur : présent depuis 2012, Roy Hodgson fait tranquillement son petit bonhomme de chemin. Après un quart de finale lors de l'Euro-2012, il a survécu à l'élimination au 1er tour lors du Mondial-2014 et en a profité pour accélérer le changement de génération. Ex-globe trotter polyglotte, le gentleman de 68 ans évite les tempêtes avec flegme.

Wayne Rooney reste un élement majeur et moteur de la sélection anglaise. / © PAUL ELLIS / AFP
Wayne Rooney reste un élement majeur et moteur de la sélection anglaise. / © PAUL ELLIS / AFP

La star : désormais âgé de 30 ans, Wayne Rooney est le dernier des Mohicans dans cette équipe qu'il fréquente depuis 2003. L'attaquant de Manchester United s'est emparé cet automne du record de buts marqués pour les Trois Lions (51). Déterminant en qualifications, il court toujours après un titre international, mais deux mois d'absence de mi-février à mi-avril en raison d'une blessure à un genou ont abimé son statut d'intouchable. Tout comme l'émergence d'Harry Kane (Tottenham) et celle de Jamie Vardy (Leicester).

Les 23 : Gardiens - Fraser Forster (Southampton), Joe Hart (Manchester City), Tom Heaton (Burnley) ; Défenseurs - Ryan Bertrand (Southampton), Gary Cahill (Chelsea), Nathaniel Clyne (Liverpool), Danny Rose (Tottenham Hotspur), Chris Smalling (Manchester United), John Stones (Everton), Kyle Walker (Tottenham Hotspur) ; Milieux - Dele Alli (Tottenham Hotspur), Ross Barkley (Everton), Eric Dier (Tottenham Hotspur), Jordan Henderson (Liverpool), Adam Lallana (Liverpool), James Milner (Liverpool), Raheem Sterling (Manchester City), Jack Wilshere (Arsenal) ; Attaquants - Harry Kane (Tottenham Hotspur), Marcus Rashford (Manchester United), Wayne Rooney (Manchester United), Daniel Sturridge (Liverpool), Jamie Vardy (Leicester City)

Le match dans la région : Angleterre-Pays de Galles, le 16 juin, au Stade Bollaert-Delelis à Lens.
Danny Rose et Harry Kane incarnent la nouvelle génération des Trois Lions. / © MAxPPP
Danny Rose et Harry Kane incarnent la nouvelle génération des Trois Lions. / © MAxPPP

 

Le Pays de Galles (Groupe B)

L'équipe : après 58 ans d'absence et son quart de finale lors du Mondial-1958, son unique participation à un tournoi international, le Pays de Galles est de retour. Il le doit en grande partie à la présence de Gareth Bale, la star mondiale du Real Madrid. Très solides en éliminatoires, les Gallois ont rapidement entrevu la qualification après avoir pris quatre points à la Belgique. Depuis, ils sont entrés dans une phase d'essais moins convaincante, mais ils devraient revenir aux sources en France contre la Slovaquie, l'Angleterre et la Russie. Une qualification en 8e semble jouable. Après, tout reposera vraisemblablement sur l'état de forme de Bale.

Le sélectionneur : ex-défenseur international de devoir, Chris Coleman a bourlingué en Premier League avant de s'asseoir sur un banc en 2002. A 45 ans, deux passages à l'étranger (Real Sociedad et Larissa) l'ont aidé à se forger une expérience jusqu'à sa désignation en janvier 2012 après le décès soudain de Gary Speed. L'ex-milieu avait lancé l'actuelle génération, mais Coleman lui a permis de prendre une nouvelle dimension et l'équipe est ainsi passée de la 84e à la 24e place mondiale. Articulée autour d'un original 3-5-1-1 taillé sur mesure pour Bale et Aaron Ramsey (Arsenal), elle est même montée au 17e rang en 2015.

Gareth Bale, star du Real Madrid, a donné un nouveau souffle à la sélection galloise. / © GEOFF CADDICK / AFP
Gareth Bale, star du Real Madrid, a donné un nouveau souffle à la sélection galloise. / © GEOFF CADDICK / AFP

La star : au Real, il côtoie Ronaldo et consorts mais en sélection, Gareth Bale a dépassé l'ex-Red Devil Ryan Giggs et évolue seul sur sa planète. Endurant, rapide, précis, l'ex-ailier de Tottenham passé par Southampton a déjà tout pour lui à 26 ans. International depuis 2006, le gaucher qui évolue derrière la pointe dans le système gallois, compte 19 buts en 54 sélections. Dont encore sept en qualifications sur les 11 marqués par son équipe.

Les 23 : Gardiens - Wayne Hennessey (Crystal Palace/ENG), Daniel Ward (Liverpool/ENG), Owain Fon Williams (Inverness Caledonian Thistle/SCO) ; Défenseurs - Ashley Williams (Swansea), James Chester (West Bromwich Albion/ENG), Ben Davies (Tottenham/ENG), JamesCollins (West Ham/ENG), Chris Gunter (Reading/ENG), Neil Taylor (Swansea), Jazz Richards (Fulham/ENG) ; Milieux - Joe Ledley (Crystal Palace/ENG), Joe Allen (Liverpool/ENG), David Vaughan (Nottingham/ENG), Jonathan Williams (Crystal Palace/ENG), David Edwards (Wolverhampton/ENG), George Williams (Fulham/ENG), Aaron Ramsey (Arsenal/ENG), Andy King (Leicester/ENG) ; Attaquants - Gareth Bale (Real Madrid/ESP), David Cotterill (Birmingham/ENG), Hal Robson-Kanu (Reading/ENG), Simon Church (Aberdeen/SCO), Sam Vokes (Burnley/ENG).

Le match dans la région : Angleterre-Pays de Galles, le 16 juin, au Stade Bollaert-Delelis à Lens.
Le 11 gallois en octobre 2015. / © MaxPPP
Le 11 gallois en octobre 2015. / © MaxPPP

 

La Russie (Groupe B)

L'équipe : deuxième de son groupe des éliminatoires derrière la surprenante Autriche, la Russie ne doit sa qualification qu'à un sprint final impeccable (quatre victoires consécutives) alors qu'elle semblait bien mal partie sous la direction de l'Italien Fabio Capello, licencié en juillet. Versée dans un groupe B homogène derrière les favoris anglais, la Russie semble toutefois moins bien armée que la Slovaquie et le Pays de Galles pour espérer la seconde place et une première qualification pour le deuxième tour d'une compétition internationale depuis l'Euro 2008.

Le sélectionneur : il est sans conteste le grand artisan de la qualification russe. A 45 ans, Leonid Slutsky, nommé en juillet dernier, a imposé son approche pragmatique pour conduire la Russie à l'Euro. Avec une sélection de vétérans faisant la part belle aux joueurs du CSKA Moscou, dont il est toujours l'entraîneur, il a construit une équipe solide, au jeu direct à défaut d'être séduisant. Mais ce qui a fonctionné en éliminatoires contre de faibles Monténégrins ou Moldaves fonctionnera-t-il face au Pays de Galles de Gareth Bale et la Slovaquie de Marek Hamsik ? Ce serait là le véritable "miracle" Slutsky...

Le gardien Igor Akinfeev est l'un des rares joueurs russes connus chez nous. / © MaxPPP
Le gardien Igor Akinfeev est l'un des rares joueurs russes connus chez nous. / © MaxPPP

La star : il est quasiment le seul visage de la sélection connu du grand public. Igor Akinfeev, 30 ans, a longtemps été considéré comme un des meilleurs gardiens du monde. Homme d'un seul club, le CSKA Moscou pour lequel il débuta chez les professionnels à seulement 16 ans, Akinfeev disputera en France son quatrième Euro. Mais si le Moscovite a un peu perdu de sa superbe depuis l'épopée de l'Euro-2008, lors de laquelle il joua un grand rôle, sa lecture du jeu et son sens du placement resteront indispensables à une sélection peu efficace offensivement.

Les 23 : Gardiens - Igor Akinfeev (CSKA Moscou), Marinato Guilherme (Lokomotiv Moscou), Yuri Lodygin (Zenith Saint-Petersbourg) ; Défenseurs - Aleksei Berezutski (CSKA Moscou), Vasili Berezutski (CSKA Moscou), Sergei Ignashevich (CSKA Moscou), Dmitri Kombarov (Spartak Moscou), Roman Neustädter (Schalke 04/ALL), Igor Smolnikov (Zenith Saint-Petersbourg), Roman Shishkin (Lokomotiv Moscou), Georgi Shchennikov (CSKA Moscou) ; Milieux - Aleksandr Golovin (CSKA Moscou), Denis Glushakov (Spartak Moscou), Igor Denisov (Dinamo Moscou), Dmitri Torbinsky (Krasnodar), Oleg Ivanov (Terek Grozny), Pavel Mamaev (Krasnodar), Aleksandr Samedov (Lokomotiv Moscou), Oleg Shatov (Zenith Saint-Petersbourg), Roman Shirokov (CSKA Moscou) ; Attaquants - Artyom Dzyuba (Zenith Saint-Petersbourg), Aleksandr Kokorin (Zenith Saint-Petersbourg), Fyodor Smolov (Krasnodar).

Le match dans la région : Russie-Slovaquie, le 15 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq.
Les Russes s'étaient inclinés contre la France (4-2) le 29 mars dernier. / © MaxPPP
Les Russes s'étaient inclinés contre la France (4-2) le 29 mars dernier. / © MaxPPP

 

La Slovaquie (Groupe B)

L'équipe : c'est la première fois que la Slovaquie, depuis sa partition en 1993 avec la République Tchèque, se qualifie pour un Euro. En 2010, l'équipe du jeune pays avait déjà participé au Mondial en Afrique du Sud où elle s'était illustrée en battant l'Italie, alors championne du monde en titre. Les Slovaques ont réussi un nouvel exploit en éliminatoires de l'Euro en battant l'Espagne 2-1, pour terminer deuxième de leur groupe. En France, ils n'auront tout de même pas la tâche facile face à l'Angleterre, la Russie et le Pays de Galles, au sein du groupe B.

Le sélectionneur : ex-milieu de terrain international (55 sélections, 9 buts) désigné meilleur joueur de l'ex-Tchécoslovaque en 1981, Jan Kozak, 62 ans, a été nommé sélectionneur en juillet 2013, en remplacement du duo Stanislav Griga/Michal Hipp. Une fois nommé, il a su gérer ses émotions (il s'était fait interdire de football pendant sept mois en 2009 pour des insultes contre l'entraîneur d'une équipe adverse) et a inculqué à l'équipe nationale ce qui lui manquait: la cohésion et la discipline. "Cette équipe n'a pas encore atteint son sommet. Elle va mûrir d'ici un ou deux ans. Il y a toujours un espace pour s'améliorer", a assuré ce partisan du 4-2-3-1 après la qualification. 

Marek Hamsik (à droite) est l'une des stars de la sélection slovaque. / © MaxPPP
Marek Hamsik (à droite) est l'une des stars de la sélection slovaque. / © MaxPPP

La star : les figures de proue de la sélection sont le milieu de terrain offensif Marek Hamsik (Naples), connu non seulement pour les finesses de son jeu mais aussi pour sa crête emblématique, et le défenseur central de Liverpool, Martin Skrtel, "The Terminator", un dur à cuire au crâne rasé. Ces deux joueurs monopolisent depuis 2007 le titre du meilleur joueur slovaque (Hamsik a été sacré en 2009, 2010, 2013, 2014 et 2015, Skrtel en 2007, 2008, 2011 et 2012).

Les 23 : Gardiens - Matus Kozacik (Viktoria Pilsen/CZE), Jan Mucha (Slovan Bratislava), Jan Novota (Rapid Vienne/AUT) ; Défenseurs - Peter Pekarik (Hertha Berlin/GER), Milan Skriniar (Sampdoria/ITA), Martin Skrtel (Liverpool/ENG), Norbert Gyoember (AS Roma/ITA), Jan Durica (Lokomotiv Moscow/RUS), Kornel Salata (Slovan Bratislava), Tomas Hubocan (Dynamo Moscou/RUS), Dusan Svento (Cologne/GER) ; Milieux - Viktor Pecovsky (MSK Zilina), Robert Mak (PAOK/GRE), Juraj Kucka (AC Milan/ITA), Patrik Hrosovsky (Viktoria Pilsen/CZE), Jan Gregus (Jablonec/CZE), Marek Hamsik (Naples/ITA), Ondrej Duda (Legia Warsaw/POL), Miroslav Stoch (Bursaspor/TUR), Vladimir Weiss (Al Gharafa/QAT) ; Attaquants - Michal Duris (Viktoria Pilsen/CZE), Adam Nemec (Tilburg/NED), Stanislav Sestak (Ferencvaros/HUN).

Le match dans la région : Russie-Slovaquie, le 15 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq.
Les Slovaques ont battu les Allemands 1-3 le 29 mai en match de préparation. / © MaxPPP
Les Slovaques ont battu les Allemands 1-3 le 29 mai en match de préparation. / © MaxPPP

 

L'Allemagne (Groupe C)

L'équipe : usée physiquement et mentalement par sa campagne mondiale victorieuse au Brésil en 2014, l'Allemagne a décroché in extremis la première place du groupe D au terme d'un parcours de qualification chaotique marqué de défaites à Varsovie et à Dublin. A Paris, la Mannschaft retrouve la Pologne dans le groupe C, avec l'Irlande et l'Ukraine. Pour sa 12e campagne européenne, l'Allemagne vise un 3e sacre continental qui lui échappe depuis 1996 et le premier but en or de l'histoire inscrit par Oliver Bierhoff, actuel manager de la sélection.

Le sélectionneur : adjoint de Jürgen Klinsmann, Joachim Löw a succédé à son illustre compatriote au lendemain du Mondial-2006 à domicile bouclé au 3e rang. Le Souabe, dont la science du jeu compense un passé de joueur de D2, a enchainé les places d'honneur (finaliste à l'Euro-2008, 3e au Mondial-2010 et demi-finaliste à l'Euro-2012) avant d'entrer dans l'histoire en décrochant la 4e étoile mondiale après 24 années de disette. Récompensé d'une prolongation jusqu'en 2018, le technicien de 54 ans rêve de doubler avec l'Euro à Paris avant de poursuivre l'aventure deux ans plus tard au Mondial en Russie.

Thomas Müller à l'entraînement. / © PATRIK STOLLARZ / AFP
Thomas Müller à l'entraînement. / © PATRIK STOLLARZ / AFP

La star : Bastian Schweinsteiger clairement émoussé, Thomas Müller est devenu la pièce incontournable de la Mannschaft. L'attaquant du Bayern Munich, capable d'évoluer à tous les postes offensifs, est sorti grandi des qualifications avec le costume de patron-buteur. A 26 ans seulement, ce joueur au physique de "M. Tout le monde", pris pour un ramasseur de balle par Diego Maradona au Mondial-2010, présente un bilan impressionnant de 31 buts en 70 sélections.

Les 23 : Gardiens de but - Manuel Neuer (Bayern Munich), Marc-Andre ter Stegen (Barcelone), Bernd Leno (Leverkusen) ; Défenseurs - Jerome Boateng (Bayern Munich), Mats Hummels (Dortmund), Shkodran Mustafi (FC Valence/ESP), Jonas Hector (Cologne), Emre Can (Liverpool/ENG), Antonio Rüdiger (AS Rome/ITA), Benedikt Höwedes (Schalke 04) ; Milieux - Julian Draxler (Wolfsburg), Sami Khedira (Juventus Turin/ITA), Toni Kroos (Real Madrid/ESP), Thomas Müller (Bayern Munich), Mesut Özil (Arsenal/ENG), Lukas Podolski (Galatasaray/TUR), André Schürrle (Wolfsburg), Bastian Schweinsteiger (Manchester United/ENG), Julian Weigl (Dortmund), Joshua Kimmich (Bayern Munich) ; Attaquants - Mario Gomez (Besiktas/TUR), Mario Götze (Bayern Munich), Leroy Sané (Schalke).

Le match dans la région : Allemagne-Ukraine, le 12 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve d'Ascq.
La "Mannschaft" alignée face à la Slovaquie le 29 mai, sans la plupart de ses stars laissées au repos. / © MaxPPP
La "Mannschaft" alignée face à la Slovaquie le 29 mai, sans la plupart de ses stars laissées au repos. / © MaxPPP

 

L'Ukraine (Groupe C)

L'équipe : troisième de son groupe de qualification derrière l'Espagne et la Slovaquie, l'Ukraine a eu besoin des barrages pour participer à l'Euro. En s'imposant logiquement face à la Slovénie (2-0, 1-1), elle est pour la première fois de son histoire sortie victorieuse de barrages. Derrière le favori allemand, l'Ukraine se battra dans son groupe pour une place en huitième de finale avec l'Irlande du Nord et la Pologne. C'est seulement la seconde participation de l'Ukraine à une phase finale de l'Euro après l'édition 2012, que le pays avait organisé conjointement avec son voisin polonais.

Le sélectionneur : passé par les sélections guinéenne et irakienne, Mikhayl Fomenko a pris la tête de la sélection ukrainienne après l'échec de l'Euro-2012. Mal embarquée dans les éliminatoires pour le Mondial-2014 à son arrivée (deux points en trois matches), l'Ukraine a redressé la barre sous sa direction avant d'échouer en barrage face à la France. Rigoureux et peu loquace, Mikhayl Fomenko a longtemps été contesté pour ses tactiques prudentes mais l'ancien défenseur du Dynamo Kiev, en associant en attaque le rapide Yevgen Konoplyanka et l'habile Andriy Yarmolenko, a su faire taire les critiques.

Andriy Yarmolenko est devenu le second meilleur buteur de l'histoire de la sélection ukrainienne. / © SERGEI SUPINSKY / AFP
Andriy Yarmolenko est devenu le second meilleur buteur de l'histoire de la sélection ukrainienne. / © SERGEI SUPINSKY / AFP

La star : ces dernières saisons, il a suscité l'intérêt du FC Barcelone et été dans le viseur d'équipes italiennes ou anglaises mais Andriy Yarmolenko est toujours resté fidèle au Dynamo Kiev. A 26 ans, l'ailier droit a déjà inscrit 23 buts pour l'Ukraine, devenant le deuxième meilleur buteur de l'histoire du pays en sélection derrière le légendaire Andreï Shevchenko. Il sera le principal atout offensif de l'Ukraine avec son coéquipier du côté gauche, l'ailier du FC Séville Yevhen Konoplyanka.

Les 23 : Gardiens - Andriy Pyatov (Shakhtar Donetsk), Denys Boyko (Besiktas/TUR), Mykyta Shevchenko (Zorya Luhansk) ; Défenseurs - Bohdan Butko (Shakhtar Donetsk), Artem Fedetskyi (Dnipro Dnipropetrovsk), Yevhen Khacheridi (Dynamo Kiev), Oleksandr Kucher (Shakhtar Donetsk), Yaroslav Rakytskyi (Shakhtar Donetsk), Vyacheslav Shevchuk (Shakhtar Donetsk) ; Milieux - Denys Garmash (Dynamo Kiev), Oleksandr Karavaev (Zorya Louhansk), Yevhen Konoplyanka (Séville FC/ESP), Victor Kovalenko (Shakhtar Donetsk), Ruslan Rotan (Dnipro Dnipropetrovsk), Serhiy Rybalka (Dynamo Kiev), Taras Stepanenko (Shakhtar Donetsk), Serhiy Sydorchuk (Dynamo Kiev), Anatoliy Tymoschuk (Kairat Almaty/KAZ), Andriy Yarmolenko (Dynamo Kiev), Oleksandr Zinchenko (Oufa/RUS) ; Attaquants: Pylyp Budkivskyi (Zorya Louhansk), Yevhen Seleznyov (Shakhtar Donetsk), Roman Zozulya (Dnipro Dnipropetrovsk).

Le match dans la région : Allemagne-Ukraine, le 12 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve d'Ascq.
L'Ukraine lors de sa victoire en amical contre le Pays de Galles (1-0), le 28 mars. / © MaxPPP
L'Ukraine lors de sa victoire en amical contre le Pays de Galles (1-0), le 28 mars. / © MaxPPP

 

La République Tchèque (Groupe D)

L'équipe : habituée de l'Euro avec huit participations dont cinq d'affilée depuis 1996, la République Tchèque a réussi un beau parcours de qualification, terminant première du groupe A et éliminant notamment les Pays-Bas, troisièmes du Mondial-2014. L'équipe n'a toutefois pas évité quelques gaffes dont une défaite à domicile face à la Turquie. A l'Euro, les hommes de Pavel Vrba peuvent difficilement aspirer au statut de favori au sein d'une poule D assez dense, avec l'Espagne, championne d'Europe sortante, la Turquie et la Croatie. Mais, les Tchèques ont dans le passé obtenu tous leurs principaux succès historiques au moment où ils faisaient plutôt figure d'outsiders. 

Le sélectionneur : "Même si tu n'as pas d'excellents joueurs, tu pourras avoir une excellente équipe", assure le charismatique Pavel Vrba, 52 ans, qui a permis au Viktoria Plzen, club jadis médiocre, de remporter le championnat national en 2011 et 2013 pour disputer ensuite deux fois la phase de poules de la Ligue des Champions. Féru de tactique et spécialiste des coups de pied arrêtés, il mise aussi beaucoup sur l'utilisation des couloirs.

Petr Cech et son célèbre casque de protection. / © PAUL ELLIS / AFP
Petr Cech et son célèbre casque de protection. / © PAUL ELLIS / AFP

La star : le gardien de but Petr Cech disputera sur le sol français le quatrième Euro au cours de sa richissime carrière (vainqueur de la Ligue des Champions, de l'Europa League, champion d'Angleterre...). Professionnel exemplaire, il a réussi en 2015 un nouveau départ, en quittant Chelsea pour endosser les couleurs d'Arsenal. Joueur le plus capé de la sélection, il pourrait arrêter après l'Euro. "Après le Championnat d'Europe, je vais m'asseoir pour réfléchir à continuer ou non en sélection. Cela fait quinze ans que je dispute une soixantaine de matches par saison et cela se sent", a-t-il confié.

Les 23 : Gardiens - Petr Cech (Arsenal/ENG), Tomas Vaclik (Basel/SUI), Tomas Koubek (Sparta Prague) ; Défenseurs - Theodor Gebre Selassie (Werder Bremen/GER), Pavel Kaderabek (Hoffenheim/GER), David Limbersky (Viktoria Pilsen), Marek Suchy (Basel/SUI), Michal Kadlec (Sparta Prague), Tomas Sivok (Bursaspor/TUR), Roman Hubnik (Viktoria Pilsen), Daniel Pudil (Sheffield Wednesday/ENG) ; Milieux - Borek Dockal (Sparta Prague), Jiri Skalak (Brighton/ENG), Vladimir Darida (Hertha Berlin/GER), Daniel Kolar (Viktoria Pilsen), Ladislav Krejci (Sparta Prague), Josef Sural (Sparta Prague), David Pavelka (Kasimpasa/TUR), Jaroslav Plasil (Bordeaux/FRA), Tomas Rosicky (Arsenal/ENG) ; Attaquants - Milan Skoda (Slavia Prague), Tomas Necid (Bursaspor/TUR), David Lafata (Sparta Prague).

Le match dans la région : République Tchèque-Turquie, le 21 juin, au Stade Bollaert-Delelis à Lens.
Les joueurs tchèques en match amical contre la Suède le 29 mars (1-1). / © MaxPPP
Les joueurs tchèques en match amical contre la Suède le 29 mars (1-1). / © MaxPPP

 

La Turquie (groupe D)

L'équipe : rescapée du groupe A (5 victoires, 3 nuls, 2 défaites), la Turquie a connu des débuts difficiles en qualifications, avant de finir sur les chapeaux de roues, assommant notamment les Pays-Bas (3-0). La "Milli Takim" ("sélection nationale") a arraché son billet direct en finissant meilleure 3e grâce à un miraculeux coup franc de Selçuk Inan à la 89e minute contre l'Islande. Demi-finalistes en 2008, les Turcs participent à leur 4e championnat d'Europe et devront se surpasser pour survivre au groupe D (Espagne, République Tchèque, Croatie).

Le sélectionneur : Fatih Terim, où l'"Imperator", comme il est surnommé en Turquie, présente l'un des palmarès les plus fournis de l'histoire du pays. Agé de 62 ans, il a remporté six fois le championnat avec Galatasaray, avec lequel il a aussi décroché la Coupe de l'UEFA en 2000. L'autoritaire sélectionneur, réputé pour la discipline et la rigueur tactique qu'il impose à ses joueurs, est l'artisan de l'épopée turque à l'Euro 2008 : la sélection nationale avait été éliminée en toute fin de match en demi-finale par l'Allemagne (3-2). Il a été rappelé en 2013 pour redonner à la Turquie une équipe compétitive.

Malgré une saison terne à Barcelone, Arda Turan reste le patron de la sélection turque. / © KARIM JAAFAR / AL-WATAN - DOHA / AFP
Malgré une saison terne à Barcelone, Arda Turan reste le patron de la sélection turque. / © KARIM JAAFAR / AL-WATAN - DOHA / AFP

La star : célébré en héros national après sa signature à Barcelone l'année dernière, Arda Turan, 29 ans, connaît une première saison difficile avec les Blaugranas. Il reste cependant l'atout maître de la Turquie, où son répertoire technique et sa capacité à faire parler la poudre l'élèvent au-dessus de ses coéquipiers. Explosif sur l'aile et solide dans l'axe, Arda est réputé pour sa ténacité de bulldog. Capitaine de la sélection nationale dont il est l'un des joueurs les plus capés, Arda assume pleinement son rôle de pilier dans un vestiaire rajeuni.

Les 23 : Gardiens - Volkan Babacan (Medipol Basaksehir), Onur Recep Kivrak (Trabzonspor), Harun Tekin (Bursaspor) ; Défenseurs - Gokhan Gonul, Sener Ozbayrakli, Caner Erkin, Mehmet Topal (Fenerbahce), Hakan Kadir Balta, Semih Kaya (Galatasaray), Ismail Koybasi (Besiktas), Ahmet Yilmaz Calik (Genclerbirligi) ; Milieux - Selcuk Inan (Galatasaray), Emre Mor (Nordsjaelland/DEN), Ozan Tufan, Volkan Sen (Fenerbahce), Oguzhan Ozyakup, Olcay Sahan (Besiktas), Hakan Calhanoglu (Bayer Leverkusen/GER), Nuri Sahin (Borussia Dortmund/GER), Arda Turan (Barcelone/ESP), Yunus Malli (Mainz 05/GER) ; Attaquants - Burak Yilmaz (Beijing Guoan/CHN), Cenk Tosun (Besiktas).

Le match dans la région : République Tchèque-Turquie, le 21 juin, au Stade Bollaert-Delelis à Lens.
La Turquie a tenu tête à l'Angleterre en match de préparation, le 22 mai, mais s'est inclinée 2 à 1.  / © MaxPPP
La Turquie a tenu tête à l'Angleterre en match de préparation, le 22 mai, mais s'est inclinée 2 à 1. / © MaxPPP

 

Irlande (Groupe E)

L'équipe : la tâche de la République d'Irland (Eire), placée dans le "groupe de la mort" avec l'Italie, la Belgique et la Suède est compliquée, mais elle était dans une situation comparable en poules avec l'Allemagne et la Pologne et elle est passée en finissant 3e avant de franchir l'obstacle des barrages. Qualifiée pour son 2e Euro d'affilée, elle n'a plus gagné en tournoi depuis le Mondial-2002 (3-0 contre l'Arabie Saoudite). En 2012, l'expérience a été catastrophique avec trois défaites sèches. Côté terrain, l'ensemble est inconstant et peut concéder le nul à domicile contre l'Ecosse (1-1) avant de renverser l'Allemagne (1-0).

Le sélectionneur : le Nord-Irlandais Martin O'Neill dirige l'équipe depuis 2013 en vertu d'un bon mandat à la tête du Celtic qui commence à remonter (2000-2005), avec notamment une finale de C3 en 2003. Agé de 64 ans, il a toutefois réussi ce que plusieurs prédécesseurs n'ont pas su faire: se qualifier à l'issue d'un barrage. Doué depuis toujours pour tirer le meilleur de joueurs limités, l'ancien milieu international vainqueur de deux C1 avec Nottingham se retrouve dans une situation particulière car il souhaite continuer l'aventure mais n'a toujours pas prolongé son contrat alors que la présence de son adjoint Roy Keane, l'ex-aboyeur des Red Devils, est envahissante.

Même en méforme, Robbie Keane reste indispensable en sélection irlandaise. / © FRANCISCO LEONG / AFP
Même en méforme, Robbie Keane reste indispensable en sélection irlandaise. / © FRANCISCO LEONG / AFP

La star : à 35 ans, Robbie Keane est toujours le joueur emblématique du pays. Même si après 19 ans de carrière il s'est exilé au LA Galaxy aux USA depuis 2012 et même si sa forme est chancelante. L'ex-buteur de Liverpool et Tottenham est ainsi actuellement blessé à un genou. Il a manqué les matches de mars et une arthroscopie début avril a révélé qu'il serait indisponible environ six semaines. En raison de tout ce qu'il représente, il a été pris dans les 23, même s'il ne pourra peut-être pas débuter.

Les 23 : Gardiens - Shay Given (Stoke/ENG), Darren Randolph (West Ham/ENG), Keiren Westwood (Sheffield Wednesday/ENG/D2) ; Défense: Seamus Coleman (Everton/ENG), Cyrus Christie (Derby County/ENG/D2), Ciaran Clark (Aston Villa/ENG), Richard Keogh (Derby County/ENG/D2), John O'Shea (Sunderland/ENG), Shane Duffy (Blackburn/ENG/D2), Stephen Ward (Burnley/ENG/D2), Robbie Brady (Norwich/ENG) ; Milieux - Aiden McGeady (Sheffield Wednesday/ENG/D2), James McClean (West Bromwich Albion/ENG), Glenn Whelan (Stoke/ENG), James McCarthy (Everton/ENG), Jeff Hendrick (Derby County/ENG/D2), David Meyler (Hull/ENG/D2), Stephen Quinn (Reading/ENG/D2), Wes Hoolahan (Norwich/ENG), Jonathan Walters (Stoke/ENG) ; Attaquants - Robbie Keane (Los Angeles Galaxy/USA), Shane Long (Southampton/ENG), Daryl Murphy (Ipswich/ENG/D2)

Le match dans la région : Italie-Irlande, le 22 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq.
Les Irlandais lors de leur match nul contre les Pays-Bas (1-1), le 27 mai. / © MaxPPP
Les Irlandais lors de leur match nul contre les Pays-Bas (1-1), le 27 mai. / © MaxPPP

 

L'Italie (Groupe E)

L'équipe : éliminée au premier tour du Mondial-2014, où elle était dans un groupe difficile (Uruguay, Angleterre, Costa-Rica), l'Italie manque de certitudes et va souffrir des absences de Marco Verratti et Claudio Marchisio. A la tête d'une génération assez moyenne, Antonio Conte a pourtant réussi à qualifier les Azzurri pour l'Euro sans grande difficulté. La poule était certes abordable, avec la Croatie et la Norvège comme principaux adversaires, mais la Nazionale a franchi l'obstacle sans la moindre défaite. Les défaites récentes en matches amicaux contre la Belgique (3-1) ou l'Allemagne (4-1) ont, en revanche, illustré les limites italiennes. A l'Euro, Gianluigi Buffon et ses partenaires n'auront pas la tâche facile. Ils retrouveront, en effet, la Belgique et affronteront la Suède d'Ibrahimovic et l'Irlande.

Le sélectionneur : Antonio Conte n'aura fait qu'un bref passage à la tête de la sélection italienne. Nommé après l'échec de la Coupe du monde, il partira juste après l'Euro pour prendre le poste d'entraîneur de Chelsea. Travailleur, exigeant et charismatique, il a souvent semblé avoir du mal à supporter les particularités du poste de sélectionneur et a reconnu que l'entraînement au quotidien lui manquait. Ses relations avec les clubs et les instances ont aussi été souvent difficiles. C'est, en revanche, un tacticien pointu, qui peut tirer le maximum d'un groupe limité, et ses joueurs le suivent. 

Le vétéran Buffon (à droite) reste le n°1 incontestable dans les buts italiens. / © VINCENZO PINTO / AFP
Le vétéran Buffon (à droite) reste le n°1 incontestable dans les buts italiens. / © VINCENZO PINTO / AFP

La star : à 38 ans, Gianluigi Buffon est "le totem" de la sélection italienne. Avec l'absence d'Andrea Pirlo et le forfait de Marco Verratti, il est le seul à pouvoir être qualifié de "star". Il sort d'une saison de très haut vol avec la Juventus, avec laquelle il a obtenu un septième titre de champion. Il est toujours l'un des meilleurs d'Europe à son poste.

Les 23 : Gardiens - Gianluigi Buffon (Juventus/ITA), Federico Marchetti (Lazio/ITA), Salvatore Sirigu (Paris SG/FRA) ; Défenseurs - Andrea Barzagli (Juventus/ITA), Leonardo Bonucci (Juventus/ITA), Giorgio Chiellini (Juventus/ITA), Angelo Ogbonna (West Ham/ENG) ; Joueurs de couloir - Federico Bernardeschi (Fiorentina/ITA), Antonio Candreva (Lazio/ITA), Matteo Darmian (Manchester United/ENG), Mattia De Sciglio (AC Milan/ITA), Stephan El Shaarawy (AS Rome/ITA) ; Milieux - Daniele De Rossi (AS Rome/ITA), Alessandro Florenzi (AS Rome/ITA), Emanuele Giaccherini (Bologne/ITA), Thiago Motta (Paris SG/FRA), Marco Parolo (Lazio/ITA), Stefano Sturaro (Juventus/ITA) ; Attaquants - Eder (Inter Milan/ITA), Ciro Immobile (Torino/ITA), Lorenzo Insigne (Naples/ITA), Graziano Pellè (Southampton/ENG), Simone Zaza (Juventus/ITA).

Le match dans la région : Italie-Irlande, le 22 juin, au Stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq.
La photo officielle de la "Squadra Azzura" qui disputera l'Euro en France. / © MaxPPP
La photo officielle de la "Squadra Azzura" qui disputera l'Euro en France. / © MaxPPP