Coronavirus : le milliardaire roubaisien Bernard Arnault, PDG de LVMH, taille dans son salaire

Bernard Arnault a décidé de renoncer à une partie de son salaire en réponse à la crise du coronavirus.

Bernard Arnault, en janvier 2020
Bernard Arnault, en janvier 2020 © ERIC PIERMONT / AFP
Pas de salaire pendant deux mois et aucune rémunération variable. Bernard Arnault, première fortune de France et troisième mondiale selon le classement Forbes, a décidé d'annoncer des mesures exceptionnelles liées à la crise du coronavirus. Tous les dirigeants de LVMH exerçant des fonctions exécutives, vont renoncer à une partie de leur salaire. 

Le montant du salaire brut variable de Bernard Arnault, entrepreneur né à Roubaix (Nord), sera fixé qu'au terme de l'exercice en cours, mais à titre de comparaison, celui qui sera soumis au vote des actionnaires le 30 juin au titre de 2019 s'élève à 2,2 millions d'euros. Le groupe va également proposer à l'assemblée générale de réduire de 30% le dividende initialement proposé au titre de 2019, qui s'établirait ainsi à 4,80 euros par action.

Jeudi, Bernard Arnault a tenu à saluer les salariés du groupe "mobilisés pour venir en aide aux soignants et participer à l'effort collectif", via la fabrication de masques, surblouses et gel hydroalcoolique. Après avoir fait acheminer de Chine plusieurs millions de masques, LVMH a également fait un don de "plusieurs dizaines de millions d'euros" à la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France présidée par Brigitte Macron.
 

Baisse des ventes

    
"Grâce à l'engagement de tous, et à la force de ses marques, LVMH témoigne d'une bonne capacité de résistance face à cette crise qui frappe le monde", a estimé le PDG Bernard Arnault dans un communiqué jeudi, lors de la publication des ventes de janvier à mars.

Le chiffre d'affaires trimestriel recule de 15% à 10,6 milliards d'euros (-17% en organique). Dès fin mars, le numéro un mondial du luxe et ses 75 "maisons" (Louis Vuitton, Dior, Guerlain, Fendi, Dom Pérignon ou encore Bulgari) avait dit tabler sur un recul de 10% à 20% au premier trimestre.

La Mode et Maroquinerie, sa division-phare, voit ses ventes se replier de 10% en organique. Celles des Vins et Spiritueux baissent de 14%, la Distribution Sélective (Sephora, DFS) recule de 26%, tout comme les Montres et la Joaillerie. "Les fermetures de sites de production et de magasins dans la plupart des pays du monde pendant le premier semestre auront un impact sur les ventes et les résultats annuels", qui ne peut être encore évalué, indique LVMH.

"On ne peut qu'espérer que la reprise se fasse graduellement à partir des mois de mai ou juin après un second trimestre qui devrait être encore très affecté par la crise, en particulier en Europe et aux États-Unis", prévient le groupe, qui emploie 163 300 salariés dans le monde et détient quelque 4.900 boutiques.

Si aucune perspective chiffrée n'est donnée pour l'exercice en cours, Bernard Arnault estime qu'il s'agit "non seulement de surmonter cette crise mais, surtout, d'être encore plus performants lorsqu'elle s'estompera".
  
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