Ligue 1. Lens-Lille bien plus qu'un derby et le 112ème du nom tient déjà ses promesses

Le derby du Nord ne sera jamais un match de football comme les autres. A quelques heures de la 112ème rencontre du genre, les deux équipes ont donné le ton par conférences de presse interposées.

18 octobre 2020, Renato Sanches et Gaël Kakuta lors du match aller
18 octobre 2020, Renato Sanches et Gaël Kakuta lors du match aller © Denis Charlet, AFP

Il a été le premier à se présenter à la presse cette semaine et il n’a pas été choisi par hasard. Né à Lille, Gaël Kakuta a été formé à Lens. Un pied dans les deux villes, suppose-t-on. Mais le milieu offensif lève rapidement toute ambiguïté : "Je n’ai rien vécu à Lille". Lensois jusqu’au bout des doigts.

Les petites phrases du derby 

En cette fin de saison, Lille joue le titre. Alors, quelle est la priorité pour Gaël Kakuta : priver le LOSC de la place de leader ou conserver la cinquième place du championnat ? "Les deux !", répond-il avec un sourire.

Si on peut priver Lille du titre, ça serait beau aussi.

"C’est que du bonus maintenant pour nous. Si on peut priver Lille du titre, ça serait beau aussi". Voilà le ton du derby donné. Le Lensois enfonce le clou quelques secondes plus tard en admettant qu’il préfèrerait voir Paris remporter le titre.

Il aurait dû garder ça pour lui

Première épisode de la joute verbale et réponse des intéressés lillois 24 heures plus tard. Avec une note d’humour chez le coach Christophe Galtier : "Je laisse ses propos à Gaël… qui est Lillois !". Avec froideur chez l’attaquant Burak Yilmaz : "Il aurait dû garder ça pour lui". Ainsi va l’histoire des derbys. Les petites phrases en font le sel.

La belle saison des deux équipes 

Le derby du Nord est un rendez-vous particulier, comparable à celui qui oppose Lyon et Saint-Etienne selon le coach lillois. "Il y a la ville minière d’un côté, la grande métropole de l’autre". L’entraîneur lensois le sait, lui aussi. "L’important, c’est que ce soit une rivalité saine", assure-t-il. Franck Haise garde la tête froide. La nuit, c’est son hernie discale qui le fait souffrir. Pour le reste, il est serein.

Lille est meilleur que nous

Et il a raison de l’être, car Lens a déjà beaucoup prouvé cette saison. Au terme d’une année exceptionnelle pour un promu, les Sang et Or n’ont pas l’intention de faire les timides. "La responsabilité qu’on a, c’est de donner le maximum pour être le plus haut", poursuit Franck Haise. "On va jouer avec notre identité de jeu, avec nos principes, même si on sait que Lille est meilleur que nous".

Le coach lensois Franck Haise plutôt serein
Le coach lensois Franck Haise plutôt serein © Arnaud Moreau

Les leçons du match aller

Le LOSC a un bloc solide, la meilleure défense de France et des attaquants puissants. Alors Lens devra ruser et surtout faire table rase du match-aller. En octobre dernier, le RC Lens avait lourdement chuté à Lille (4 buts à 0). Gaël Kakuta reconnaît un "excès de confiance" à l’époque. "Aujourd’hui, on a une équipe complètement différente. Il y a beaucoup plus de maturité". Depuis cette défaite, le milieu de terrain a été renforcé.

Lens a un jeu très particulier.

Christophe Galtier admet d’ailleurs une certaine complexité : "Lens a un jeu très particulier. Une animation très particulière sur laquelle nous avons beaucoup travaillé cette semaine. C’est une équipe qui pose beaucoup de problème sur un plan tactique".

Le but du Lillois Burak Yilmaz au match aller le 18 octobre 2020
Le but du Lillois Burak Yilmaz au match aller le 18 octobre 2020 © Denis Charlet, AFP

Deux équipes, deux enjeux

Pour Lens comme pour Lille, ce match sera donc bien plus qu’un simple derby. A la hauteur de l’enjeu sportif ! Le RC Lens peut espérer une qualification européenne. De son côté, Lille vise un titre de champion de France, mais aussi une qualification en Ligue des Champions qui serait bénéfique pour les finances du club. Le LOSC ne peut donc se permettre de faux pas, car le coach lillois en est persuadé : "Paris gagnera les 3 prochains matches".

Parler d’être champion de France, ça ne me rend pas à l’aise

Pour le LOSC, la victoire est donc obligatoire. Plus que jamais, il faudra résister à la pression. A 35 ans, on pourrait imaginer Burak Yilmaz apaisé, et pourtant : "Parler d’être champion de France, ça ne me rend pas à l’aise aujourd’hui. Je suis tendu". Et de nous renvoyer à la fin de saison pour parler "plus sereinement".

> Lens-Lille, ce vendredi 7 mai 2021 à 21 heures

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