Frédéric Cuvillier relance la piste d'une écotaxe régionale

Le député-maire de Boulogne-sur-Mer Frédéric Cuvillier relance l'idée de l'écotaxe sur les transports, cette fois à l'échelle du Nord Pas-de-Calais/Picardie / © MaxPPP
Le député-maire de Boulogne-sur-Mer Frédéric Cuvillier relance l'idée de l'écotaxe sur les transports, cette fois à l'échelle du Nord Pas-de-Calais/Picardie / © MaxPPP

Le maire PS de Boulogne-sur-Mer et ex-ministre des transports Frédéric Cuvillier plaide pour une écotaxe régionale. Abandonnée en octobre dernier suite au mouvement des bonnets rouges en Bretagne, la taxation des transports routiers les plus polluants revient dans le débat.

Par AFP

Frédéric Cuvillier, député-maire socialiste de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), a relancé l'idée d'une écotaxe à un niveau régional, dans une interview publiée vendredi dans Les Echos.
"J'ai plaidé dès l'an dernier pour que le principe de l'écotaxe, qui a dû être abandonné au niveau national, puisse renaître dans les régions", a expliqué l'ancien ministre des Transports, qui plaide pour une taxation des émissions de CO2 des poids lourds au niveau de la future région Nord Pas-de-Calais/Picardie.

Le Nord Pas-de-Calais/Picardie parmi les régions les plus concernées par le trafic poids lourd

"Ce sujet est particulièrement pertinent dans notre territoire, qui subit un fort transit de camions du fait de la proximité de l'Angleterre et de la Belgique",
a-t-il dit, ajoutant qu'il souhaitait que la future région soit "pionnière dans la mise en place d'un tel dispositif". Le Nord Pas-de-Calais/Picardie concentre 10 à 15 % du transport routier national. 

L'écotaxe a été abandonnée par le gouvernement en octobre 2014. Mi-juin, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait dit qu'elle allait examiner l'idée de laisser la possibilité à certaines régions de mettre en place une écotaxe pour les poids lourds en transit.
M. Cuvillier a ainsi réclamé "un moratoire" au gouvernement sur le démantèlement des portiques dans la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie et souhaite s'inspirer du système belge baptisé "Viapass". "Je propose donc l'extension du système belge, (...) cela pourrait constituer le premier pas vers la création d'une taxe transit européenne", a-t-il dit.

L'idée de l'écotaxe partagée en Alsace et en Ile-de-France

L'idée est également partagée en Alsace et dans la région parisienne. Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale et tête de liste PS pour les régionales en IDF, s'est également déclaré lundi sur RTL "favorable" à la mise en place d'une écotaxe pour les camions en Ile-de-France.
"Je suis favorable à une écotaxe (...) Je pense que ce serait une bonne chose que de trouver un système qui permette d'élargir la base de nos financements pour pouvoir le plus vite possible réussir la modernisation de nos réseaux de transports", a dit M. Bartolone.

Le FN national vent debout

Au contraire, pour Mme Le Pen, "cette perspective, qui constituerait un nouveau coup très dur pour nos routiers, déjà gravement mis en difficulté par la concurrence déloyale exercée par des transporteurs en provenance d'Europe de l'Est, est parfaitement intolérable".
"Le Front National s'opposera donc résolument à toute taxation supplémentaire des routiers français, y compris au niveau régional", ajoute la tête de liste du parti aux régionales de décembre prochain.
Ce projet est "affligé des tares habituelles du dogme socialiste, celles de la folie fiscale qui se drape encore une fois dans des prétextes moraux", a ajouté
le chef de file du FN à la Région, Philippe Eymery.

L'an dernier, l'abandon du projet de l'écotaxe a conduit l'Etat à devoir verser une indemnisation de 800 millions d'euros à la société Ecomouv, qui devait la collecter, épilogue d'un grand gâchis.

Le retour de l'écotaxe ?
France 2 Mathilde Gracia

 

Une écotaxe en Belgique dès janvier 2016

20 centimes du kilomètre sur autoroute, 29 centimes sur les réseaux secondaires, c'est ce dont devront s'acquitter les poids lourds les plus polluants en Belgique à compter du 1er avril 2016. Très proche de l'écotaxe telle qu'elle devait s'appliquer en France, ce système reposera sur l'acquisition par les transporteurs d'un boîtier qui transmettra par satellite, via des bornes installées sur la route, le nombre de kilomètres parcouru par le camion en Belgique. La taxe financera des travaux d'entretien du réseau, mais aussi pour l'installation de murs anti-bruits ou le financement de modes de transports propres. 

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