Gonnehem : le beau-père d'Antoine, qui avait avoué le meurtre, s'est suicidé

Marc Demeulemeester avait avoué le meurtre de son beau-fils, Antoine, en mars dernier. / © MaxPPP / DR
Marc Demeulemeester avait avoué le meurtre de son beau-fils, Antoine, en mars dernier. / © MaxPPP / DR

Marc Demeulemeester s'est suicidé la semaine dernière dans sa cellule. Il était incarcéré depuis qu'il avait avoué, plus d'un an après sa disparition, le meurtre de son beau-fils, Antoine, 15 ans, à Gonnehem (Pas-de-Calais) en janvier 2015.  

Par YF

Marc Demeulemeester, 46 ans, s'est donné la mort vendredi dernier, le 12 août, nous a indiqué le parquet de Béthune, confirmant une information de L'Avenir de l'Artois. Il s'est pendu dans sa cellule de la Maison d'Arrêt de Charleville-Mézières. Son corps a été transporté à l'Institut Médico-Légal de Reims où il doit être autopsié. "Le détenu s'est suicidé avec le câble de la télévision. Il n'était là que depuis quelques semaines mais sa fragilité psychique était connue et il était suivi par un psychiatre", a expliqué de son côté le parquet de Charleville-Mézières, précisant qu'"il n'y a pas eu de défaut de surveillance de la part de la maison d'arrêt".

Le 1er mars dernier, cet habitant de Gonnehem avait avoué le meurtre de son beau-fils, Antoine Dupont, âgé de 15 ans. L'adolescent avait disparu un an plus tôt, le 28 janvier 2015, sans laisser de trace. Marc Demeulemeester avait participé aux recherches, organisé lui-même des battues et communiqué avec les médias. Selon le procureur de Béthune, il avait même adressé un courrier au président de la République dénonçant le manque de moyens supposé des gendarmes-enquêteurs. 

Interview de Marc Demeulemeester (avril 2015)

Il était le dernier à avoir vu Antoine vivant mais son attitude avait éveillé les soupçons des gendarmes. Lors d'un interrogatoire, il avait fini par craquer et par avouer avoir étanglé son beau-fils avec un fil de fer dans son sommeil. Puis il avait lesté le corps pour le  jeter dans le canal d'Aire à Beuvry. Par la suite, il se rendait régulièrement sur les lieux "pour remettre des parpaings et éviter que le corps ne se déplace en raison du courant", avait alors relaté
le parquet de Béthune. Les gendarmes le repêchèrent le 2 mars à l'endroit indiqué par Marc Demeulemeester qui entretenait des rapports difficiles avec Antoine.

Selon L'Avenir de l'Artois, le beau-père avait fait une première tentative de suicide quelques jours après ses aveux alors qu'il était incarceré à Sequedin. "Il regrette tout le mal qu'il a causé. Il assume ce qu'il a fait, il est prêt à en répondre devant la justice", avait pourtant déclaré à l'époque son avocate, Me Fanny Malbrancq. Fin juin, Marc Demeulemeester avait participé à une reconstitution du crime. "Il était très fatigué", a confié son avocate à nos confrères. Après son suicide, l'action publique à son encontre est logiquement éteinte. Mais "cela ne clôt pas l'instruction qui devra déterminer d'éventuels mis en cause supplémentaires", a souligné le parquet de Béthune.

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