INFOGRAPHIES. Le virus circule-t-il activement dans tous les territoires du Nord et du Pas-de-Calais ?

Alors qu’un couvre-feu de 21H à 6H a été instauré dans la métropole lilloise, vous êtes nombreux à nous demander si le virus circule activement partout dans le département du Nord et du Pas-de-Calais. Chiffres à l’appui, la réponse est oui.

Les taux d'incidence explosent dans le Nord et le Pas-de-Calais, dans les agglomérations urbaines mais également dans les campagnes.
Les taux d'incidence explosent dans le Nord et le Pas-de-Calais, dans les agglomérations urbaines mais également dans les campagnes. © Frédérik Giltay / France 3 Hauts-de-France
Alors que le Premier ministre Jean Castex s’apprête à tenir une nouvelle conférence de presse ce jeudi 22 octobre à 17 heures et pourrait annoncer, après la métropole lilloise, le basculement du département du Nord et du Pas-de-Calais tout entier sous le régime du couvre-feu, le virus circule-t-il activement sur tout le territoire ? D’après les dernières données récoltées, la réponse est oui. 

Le Nord dépasse le seuil d’alerte maximale

Alors que le Nord enregistre un taux d’incidence moyen de 483 cas positifs pour 100 000 habitants et un taux de positivité des tests PCR réalisés de 16,8% au 19 octobre (il était de 13% au début du mois), nous avons compilé dans cette carte les taux d’incidence à l’échelle des collectivités locales : métropole, communauté d’agglomération, communauté urbaine, communauté de communes… 
Cette carte permet d’analyser une circulation active du virus dans les différentes zones géographiques du département. Le Nord compte 18 intercommunalités. 14 d’entre elles enregistrent un taux d’incidence supérieure à 250, seuil fixé par les autorités pour basculer en zone d’alerte maximale (rouge). 3 autres intercommunalités enregistrent un taux d’incidence supérieur à 150, seuil d’alerte renforcée (orange). La communauté de communes du Caudrésis est la seule intercommunalité à enregistrer un taux d’incidence inférieur à 150, plaçant le territoire en zone d’alerte (orange pâle).

Au-delà des frontières de la métropole européenne de Lille (MEL), les grandes villes du département voient les données épidémiologiques exploser : de Dunkerque à Maubeuge en passant par Douai ou encore Valenciennes, les taux d'incidence dans ces communes dépassent très largement le seuil d’alerte maximal fixé. Les villes de Roubaix et Tourcoing enregistrent les taux d'incidence les plus importants de France, dépassant la barre des 1000 cas positifs pour 100 000 habitants, soit trois fois plus qu'à Lille.
Autre enseignement, les territoires plus éloignés des grandes villes comme la communauté de communes de Caudry ou du Sud-Avesnois semblent être un peu plus préservées, le virus circulant moins vite dans ces territoires. 

Dans le Nord, le nombre d’hospitalisations ne cesse d’augmenter, dépassant quasiment le pic de l’épidémie enregistré le 14 avril dernier avec 984 hospitalisation de patients Covid simultanément dans les hôpitaux du département. Au 21 octobre, 818 patients sont hospitalisés pour une contamination à la Covid dans le Nord tandis que plus de 60% des lits de réanimation disponibles sont occupés par des patients Covid.

Le Pas-de-Calais sur la mauvaise pente

Le Préfet avait déjà prévenu les habitants du Pas-de-Calais il y a une dizaine de jours, expliquant avoir noté une "accélération brutale des contaminations" depuis le début du mois d’octobre et voyant se dessiner un axe de circulation active du virus entre Lens, Hénin Carvin et Arras. 

Nous avons effectué le même travail que dans le département du Nord, en récoltant les taux d’incidence à l’échelle des intercommunalités du Pas-de-Calais pour les compiler dans une carte comparative. Le département enregistre un taux d’incidence juste en deçà du seuil d’alerte maximale fixé à 250 avec un taux de positivité des tests qui s’élève à 13%, contre moins de 10% au début du mois d’octobre.
Parmi les 19 intercommunalités que compte le département, 7 d’entre elles dépassent le seuil d’alerte maximale (rouge). La communauté d’agglomération d’Hénin Carvin possède le taux d’incidence le plus élevé du Pas-de-Calais, avec 392 cas positifs pour 100 000 habitants, soit deux fois plus qu’il y a 10 jours.

La communauté de communes du Haut-Montreuillois fait figure d’exception dans le département, avec moins de 20 cas positifs pour 100 000 habitants lors de la semaine qui vient de s’écouler. 
À la date du 21 octobre, 269 patients Covid sont hospitalisés dans les hôpitaux du Pas-de-Calais, c’est deux fois plus qu’au début du mois d’octobre. 33 patients Covid occupent des lits de réanimation, soit 40% des lits disponibles dans le département.

Bruno Donius, directeur général des quatre hôpitaux du GHT de l'Artois, précise d’ailleurs que les médecins travaillent -comme dans les hôpitaux du Nord- à des déprogrammations des activités non-urgentes pour libérer des places face à l’afflux de patients attendu dans les prochaines semaines. L'Agence régionale de la Santé (ARS) des Hauts-de-France a appelé dans un communiqué les établissements de la région à libérer un total de 96 lits de réanimation. Un chiffre conséquent, puisqu'à titre d'exemple, avant le début de la crise sanitaire, on comptait un total de 438 places en réanimation dans la région.
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