INTERVIEW. Roch Joly, chef de service adjoint Samu 59 : "Nous avons encore la possibilité d'empêcher une deuxième vague"

Face à la recrudescence des cas dans le Nord et le Pas-de-Calais, les Samu 59 et 62 sont en alerte. Roch Joly, chef de service adjoint du Samu du Nord fait le point et incite chacun à porter le masque sans attendre.
Les appels au Samu du Nord pour suspicion de coronavirus sont en augmentation, une crainte pour les services.
Les appels au Samu du Nord pour suspicion de coronavirus sont en augmentation, une crainte pour les services. © FRÉDÉRIK GILTAY / FRANCE 3
Dans le département qui compte le plus de foyers épidémiques en France, le Samu reste en alerte. Le docteur Roch Joly, chef de service adjoint au Samu 59 fait le point sur la situation dans le Nord.

Sommes-nous face à un sursaut du virus dans notre région ?
Le mot "sursaut" est peut-être fort, je ne pense pas qu'il faille parler de deuxième vague. Il est beaucoup trop tôt pour tenir ce genre de propos. La vigilance de tous les soignants, du Samu, de l'ARS, le suivi des consultations, le nombre d'appels en régulation au Samu, nous ont fait réagir. Le nombre d'appels augmente depuis quelques jours anormalement. 

Dans votre service, vous avez constaté une évolution ?
Oui, dans notre service, mais pas seulement, nous échangeons avec les autres Samu et l'ARS. Nous avons une recrudescence des appels justifiés.
Roch Joly, chef de service adjoint au Samu du Nord.
Roch Joly, chef de service adjoint au Samu du Nord. © FRANCE 3 NORD-PAS-DE-CALAIS
À quoi cela est-il dû ? Du relâchement ? L'été et les vacances ?
Le relâchement est l'une des causes. Nous avons été confinés, nous avons protégé nos populations et nous avons déconfiné, étape par étape. Je pense qu'il y a un relâchement des mesures barrière, elles ne sont pas assez respectées ou mal respectées. 

Je pense qu'il y a un relâchement des mesures barrière, elles ne sont pas assez respectées ou mal respectées.

Roch Joly, chef de service adjoint du Samu 59

Le masque va devenir obligatoire, dès lundi. Est-ce que ce n'est pas un peu tard ?
Non, c'est une très bonne chose. Certains l'ont anticipé, pendant le confinement ils portaient des masques au supermarché, aujourd'hui, ils n'en portent plus. Ce qu'il faut c'est que demain ils en portent, nous y sommes tout à fait favorables. Je ne pense pas qu'il faille attendre le décret de la semaine prochaine pour l'appliquer. Appliquons-le dès aujourd'hui. Peut-on craindre l'arrivée d'une deuxième vague si les conditions actuelles se poursuivent ?
Nous avons encore des possibilités pour empêcher cette deuxième vague, il faut l'empêcher. Les personnes fragiles dans les Ehpad, eux sont masqués. Il reste la population qui doit se protéger, on peut empêcher cette deuxième vague par des mesures barrière. Nous ne sommes pas dans le fatalisme.

L'hypothèse d'un nouveau confinement vous semble-t-elle possible, voire probable ?
Il est beaucoup trop tôt pour parler de confinement. Nous pouvons peut-être parler de restrictions qui avaient disparu et qui pourraient réapparaître. 

Nous avons encore des possibilités pour empêcher cette deuxième vague.

Roch Joly, chef de service adjoint du Samu 59

Le masque est obligatoire depuis une semaine en Belgique, le virus continue tout de même à circuler. Qu'est-ce qui explique cela ?
Le raisonnement est le même. En Espagne, les décisions sont les mêmes, ce sont de bonnes décisions. Lorsqu'on parle de masque, il ne faut pas oublier qu'il se porte aussi sur le nez. On croise beaucoup de gens qui ont le masque mais qui ne le mettent pas sur le nez. Or, quand on a un masque, il faut bien le mettre.
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