"Jungle" de Calais : hausse "limitée" du nombre de migrants à Calais

La population totale vivant au camp de la Lande, surnommé "la Jungle", s'élève actuellement à 3.913 migrants, une hausse "limitée" qui dénote un mouvement de "stabilisation", a déclaré jeudi la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio.

"On est loin de la situation du printemps dernier, où les arrivées avaient augmenté brutalement, on est plutôt dans une stabilisation", a déclaré Mme Buccio, qui s'est par ailleurs félicitée du rythme de départs du camp, équivalent à "130 par semaine".

Le pic de population avait été atteint en octobre 2015, lorsque le camp comptait 6.000 migrants selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Entretemps, la partie sud de "la Jungle" a été démantelée, de sorte que la population migratoire est concentrée aujourd'hui sur la zone nord.

Réalisé le 21 mars, le précédent comptage des autorités avait recensé 3.513 migrants. Le nombre de 3.913, a détaillé la préfète, inclut les personnes hébergées au Centre d'accueil provisoire (CAP), d'une capacité de 1.500 places et qui "est plein", et les 150 à 200 du centre (en "dur") Jules Ferry, où sont aussi servis des repas aux migrants. "On n'assiste donc pas à une forte augmentation" comme en 2015, a insisté Mme Buccio.


130 départs par semaine

Le dernier comptage a été effectué le 12 mai, sous la supervision sur place de hauts fonctionnaires de l'Etat, pendant deux à trois heures à partir de 7H00, moment où le camp est le plus peuplé, après la fin des tentatives nocturnes de gagner la Grande-Bretagne, a précisé la préfète. Les départs à destination des CAO (Centres d'accueil et d'orientation) installés un peu partout en France se poursuivent à raison de trois mouvements hebdomadaires, équivalant à "environ 130 départs par semaine depuis un mois". "Depuis le début de l'année, 3.813 migrants ont quitté Calais" pour les CAO, dont le nombre n'a cessé de croître, a-t-elle ajouté.

Selon Mme Buccio, "la moitié des partants sont des arrivants de longue date", ce qui signifie que la politique d'incitation aux départs "a un effet sur le +noyau dur+ des migrants".

Phénomène "très nouveau", a relevé la préfète, "le nombre de migrants volontaires pour bénéficier de l'aide au retour vers leur pays d'origine augmente", avec 160 demandes depuis janvier contre 48 en 2015.