Kraftwerk à Lille : un concert 3D carré et millimétré

Kraftwerk était en concert ce samedi à Lille pour deux représentations exceptionnelles à 20h et 23h. Nous y étions.

Mais quel est ce groupe très étrange. Devant un Nouveau siècle rempli de fans (entre 40 et 60 ans en majorité), 4 musiciens, vêtus de combinaisons mi-spiderman, mi-vaisseau spatial, derrière une petite table et un écran géant qui débite les visuels aussi vintage que novateurs. Voici Kraftwerk, groupe né en 1970 et qui, 45 ans plus tard, continue à jouer sa musique.

La même au fil des années. Le même spectacle ou presque qu'il y a 20 ans. Mais en 3D. Les spectateurs sont munis de lunettes pour vivre au plus près chaque chanson. Le show est millimétré, carré, "parfait"... Rien ne dépasse. Pour les fans, c'est fascinant. Les autres doivent se demander où ils sont. 

Pour ce concert événement (les Allemands n'étaient pas venus chez nous depuis 24 ans), Kraftwerk a joué tous ses tubes : Numbers, Computerworld, Man-Machine, The Robots, Autobahn, The model et surtout Radioactivity. Tout est parfaitement enchaîné. Les 4 membres du groupe ne bougent pas, affairés devant leurs machines, ne disent rien entre les morceaux... Voici les premières minutes du concert que le groupe nous a autorisés à filmer. 

Petits bonus français : Pocket calculator devient "Mini Calculateur", et "Showroomdummies" "Les Mannequins", deux chansons en français. Autre clin d'oeil cette fois purement lillois : sur Spacelab, l'image de Lille vue du ciel et d'un vaisseau qui se "gare" devant le Nouveau Siècle. Seul clin d'oeil au public qui applaudit respectueusement.



"Gute Nacht, auf Wiedersehen. Bonne nuit, au revoir", lance Ralf Hütter, dernier membre originel du groupe. Kraftwerk quitte la scène. Lille vient de vivre un moment spécial et unique. 
Kraftwerk, groupe pionnier
Né dans la Ruhr industrielle, Kraftwerk entendait développer une musique typiquement allemande, mariant leur langue maternelle aux sons des grandes villes, à rebours de la pop anglo-saxonne apportée par les troupes d'occupation. Sa musique, alliant basse obsédante, nappes de synthétiseurs et boîte à rythmes, a séduit le public et bon nombre d'artistes, de David Bowie à Daft Punk. La déformation des voix au "vocoder", marque de fabrique du groupe, est devenue un classique.

Leurs paroles, en allemand puis en espagnol, russe, polonais ou japonais, font également d'eux des précurseurs: dès les années 1970, elles tournaient autour de l'omniprésence des machines et du rôle croissant de la technologie dans la vie quotidienne. Pour sa tournée française, Kraftwerk doit encore se produire en novembre à Nantes, Monaco, Marseille et Grenoble.