L'Angleterre célèbre les 600 ans de la bataille d'Azincourt

Les Anglais célèbrent à partir de dimanche le 600e anniversaire de la bataille d'Azincourt, l'une de leurs plus grandes victoires sur les Français, mis en déroute par les archers du roi Henri V.

La bataille eut lieu le 25 octobre 1415 dans l'actuel département du Pas-de-Calais, près du village d'Azincourt. Bien que moins nombreuses, les forces anglaises défirent la chevalerie française. Azincourt est une bataille clef de la Guerre de Cent ans (1337-1453), qui fut finalement remportée par les Français.

Pendant une semaine, les Anglais se rappelleront ce jour de gloire nationale à travers célébrations, représentations théâtrales, dîners d'anniversaire, expositions, conférences et autres tournois d'archers. "En battant les Français, Henri V a uni les Anglais. Il fut le dernier grand roi guerrier du Moyen Age", souligne Andrew Gimson, auteur de "Brèves vies des Monarques depuis 1066".


La dépouille d'Henri V, âgé de 28 ans au moment de la bataille, repose à l'abbaye de Westminster, où sera organisé, jeudi, jour anniversaire de l'annonce de la victoire à Londres, un service religieux. Sont conservés à l'abbaye plusieurs effets personnels du roi, tels que son épée, son bouclier, sa selle et son heaume. Jeudi, l'épée d'Henri V sera portée à travers l'abbaye, puis placée sur l'autel.

Bataille historique, Azincourt a été immortalisée par William Shakespeare dans sa pièce "Henry V" (1599), qui décrit un roi combatif et déterminé : "Retournons, chers amis, retournons à la brèche, ou comblons-la de nos cadavres anglais", dit-il. La pièce est jouée à Stratford-upon-Avon, ville natale du dramaturge et résidence de la Royal Shakespeare Company.


"Henri disait qu'en raison de leurs actions, on se souviendrait de lui et de ses troupes jusqu'à la fin des temps", raconte le comédien Alex Hassell, qui incarne le roi. "Nous n'en sommes pas encore là, mais faire partie de leurs célébrations après 600 ans est quand même plutôt extraordinaire", ajoute-t-il.


La victoire aux archers 

Si les chiffres concernant le bilan humain de la bataille varient, les pertes anglaises sont estimées entre quelques centaines voire un millier, alors que les Français auraient perdu plusieurs milliers d'hommes, et notamment 40% de la noblesse française.

Cette victoire, les Anglais la doivent notamment à leurs archers, qui furent "un élément clef de cet éblouissant triomphe, l'un des plus grands de toute l'histoire anglaise", remarque la guilde des fabricants d'arcs Worshipful Company of Bowyers, une association séculaire.

La guilde est affiliée à la mairie de quartier de la City, à Londres, qui finança la bataille à hauteur de 10.000 marcs, soit l'équivalent de 4,1 millions d'euros aujourd'hui. A l'occasion des célébrations, la City organise une exposition comprenant un sceptre de cristal de 43 centimètres que le roi Henry lui offrit en témoignage de sa gratitude.


"Au cours des six derniers siècles, seule une poignée de personnes ont vu ou touché le Sceptre de cristal", souligne la City. L'objet, fait de spinelle rouge d'Afghanistan, de saphirs du Sri Lanka et de perles du Golfe persique, ne sort ainsi de son coffre-fort que pour les cérémonies de couronnement des monarques britanniques et pour l'investiture des lord-maires de la City.

"L'histoire d'Henri V fait partie de notre conscience nationale", explique la conservatrice de l'exposition, Katty Pearce. L'anniversaire d'Azincourt fera également l'objet d'une cérémonie sur le site du champ de bataille, en présence de soldats français et britanniques.