Législatives 2022 : "C'est le rush", les candidats face aux obligations de campagne pour le second tour

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Dépôts de candidatures, impressions de professions ou tracts et parfois obligations professionnelles, les candidats qualifiés pour le second font face à un début de semaine chargé.

"Le réveil a sonné à 5h30, je devais être au travail à 7 heures". Le quotidien de Nathalie Billet-Ribeiro ne change pas, malgré son nouveau statut de challenger de François Ruffin, député sortant de la première circonscription de la Somme. Ce lundi 13 juin, la candidate du Rassemblement national est au travail au service administratif d'une banque amiénoise.

Elle a quand-même pris le temps d'appeler la préfecture au sujet du dépôt de sa candidature : "J'ai hésité à demander à mon patron pour qu'il me donne un quart d'heure, mais finalement c'est ma suppléante qui déposera la candidature."

Un dossier à enregistrer au plus tard mardi 14 juin à 18 heures. Sinon, pas de second tour comme l'avait vécu un binôme tête-en-l'air lors des élections départementales dans l'Aisne en 2021.

Un acte marqueur de l'entrée dans le second tour pour certains candidats, à l'image de Violette Spillebout. La Lilloise défendra dimanche la majorité présidentielle dans la 9e circonscription du Nord.

Boulot, visio et tractage

Il ne faut donc rien oublier, être très organisé. "Ce n'est pas si stressant. C'est le rush, mais on est habitués à faire beaucoup de choses dans la journée. On sera au maximum sur le terrain jusqu'à vendredi", assure Nathalie Billet-Ribeiro.

Le tractage a d'ailleurs repris dès ce lundi, entre la sortie du boulot et une réunion en visio avec le président du Rassemblement national Jordan Bardella, "avec un flyer fait par moi-même".

Les professions de foi officielles et les nouveaux tracts seront imprimés par un professionnel choisi par les instances du parti et ne seront pas prêts avant mercredi : "on est sûr qu'ils seront bien validés par le parti et je n'ai pas le temps de courir partout."

Un rythme effréné pour la fin de campagne

A la Nupes, en revanche, on décentralise. Loïc Pen, urgentiste à Creil devance Maxime Minot, le député LR sortant dans la 7e circonscription de l'Oise : "on a validé à 2 heures du matin le bon à tirer pour l'imprimeur de la circulaire électorale [profession de foi distribuée dans les boîtes-aux-lettres, ndlr]. Il y a des propositions faites par la Nupes et les partis qui la composent, mais la situation locale est spécifique. Ce n'est pas pareil si on est contre un RN ou un LR. On s'adapte à la situation."

S'il participe pour la première fois à un second tour, Loïc Pen vit sa troisième campagne électorale et connaît le rythme effréné des derniers jours : "j'ai pris des congés, je me consacre uniquement à la campagne."

Le programme est effectivement très chargé. Rien que le lundi, à peine la candidature est-elle déposée en préfecture à Beauvais, qu'il faut valider les nouveaux tracts avec l'équipe et envoyer le fichier à l'imprimeur. Ils seront tirés dans la nuit. 

"A 16 heures, nous tracterons devant une école et en porte-à-porte à Nogent-sur-Oise avec un premier tirage limité fait par nous-même. Pas de temps à perdre, il faut commencer tout de suite."

Moins de stress pour un sortant

Plus tranquille, plus expérimenté, Jean-Louis Bricout, député depuis dix ans de la 3e circonscription de l'Aisne est rentré tout de suite dans la stratégie : "Ce matin, nous avons analysé les résultats par ville et par bourg pour préparer le planning du porte-à-porte." Porte-à-porte qui commence dès l'après-midi dans le secteur de Hirson. D'ailleurs, "la rencontre de la population" sera l'activité principale de la semaine avant d'affronter son adversaire du RN Paul-Henry Hansen Catta.

Pas de stress non plus au sujet de la profession de foi : "on a beaucoup anticipé. La circulaire est prête et envoyée à l'imprimeur à Hirson. Je me doutais du résultat. Il n'y eu que très peu de corrections, après le premier tour."

La semaine alterna entre ses obligations de candidat et de parlementaire, comme le dépôt du dossier en préfecture mardi matin ("j'irai moi-même") et une cérémonie en hommage aux anciens combattants à Vadencourt "en tant que député de la circonscription".