Ligue 1 : Lens – Lille, le soutien des supporters envers et contre tout

Le Derby, c’est une affaire de géographie, mais surtout de public. La saison s’est faite dans des stades vides. Comment fêter cette 112ème rencontre entre Lens et Lille en pleines restrictions sanitaires ? Le soutien des supporters envers et contre tout.

500 supporters mobilisés ce vendredi matin au départ du bus du LOSC à Luchin
500 supporters mobilisés ce vendredi matin au départ du bus du LOSC à Luchin © Ophélie Masure

Dire et montrer qu’ils sont là et bien là, coûte que coûte. Les supporters lensois et lillois ont tout donné à quelques heures du derby du Nord. Les chants qu’ils ne pourront entonner dans le stade, les banderoles qu’ils ne pourront dresser fièrement ce vendredi soir, la joie qu’ils ne pourront crier dans les rues… Impossible de rester silencieux à quelques heures d’un derby aussi passionnant.

Pour les Lillois, le stress et la confiance

Pour les Lillois, il sera interdit de se rendre à Lens ce soir. La préfecture a pris un arrêté. Alors, c’est au départ du bus vers le Pas-de-Calais que tout s’est joué. 500 supporters des Dogues ont accompagné leur équipe à la sortie du centre d’entraînement de Luchin. Ils ont clamé leurs espoirs et leur soutien indéfectible.

Leader de Ligue 1, Lille n’a droit à aucun faux pas. Arthur, Adrian et Marian disent leur "fierté" face aux bons résultats du LOSC. Leur équipe, l’équipe de leur enfance. En 2011, ils n’avaient que 8 et 11 ans lors du doublé, mais n’en ont rien oublié. Alors oui, aujourd’hui, les voilà en plein "stress", mais ils se disent confiants. A l’intérieur du bus, les joueurs n’en manquent pas une miette.

La forte mobilisation des supporters lensois

De leur côté, les Lensois se sont mobilisés en force pour le dernier entraînement à la Gaillette : 2000 personnes présentes ce jeudi après-midi, accrochés au grillage et fumigènes à la main.

Privés de stade, les supporters ont donc tenté de donner le change cette semaine, bravant les limites des restrictions sanitaires. Mais malgré les efforts, ce derby n'aura pas toute sa magie.

D'abord parce que "c'est bien plus qu'un derby" selon l'attaquant lillois Burak Yilmaz. Pour Lille, l'enjeu n'est pas d'affronter Lens, mais bien d'assurer une victoire vers la course au titre. Et puis, comme le souligne Gaël Kakuta, le milieu offensif lensois : "Le derby sans public, c’est nul". Tous s'accordent sur ce point. 

Des affiches lensoises placardées dans quelques endroits stratégiques à Lille, ici au pied du beffroi
Des affiches lensoises placardées dans quelques endroits stratégiques à Lille, ici au pied du beffroi © Ophélie Masure

La guerre des banderoles

Plus que jamais donc, ce derby se joue dans la petite guerre des banderoles et des mots doux tagués sur les murs. Entre Lens et Lille, c’est un jeu du chat et de la souris qui dure depuis des années. Presqu’une tradition.

Elles ne vous auront pas échappé. Des affichettes ont été placardées dans les rues de Lille et aux abords du stade Pierre Mauroy ces derniers jours. Sur les réseaux sociaux, les supporters sang et or s’en félicitent : ils sont venus en terre lilloise pour défier leur meilleur ennemi.

Une affiche au message clair et direct : "Ecrasez-les !". Trois Lensois y sont dessinés grossièrement dont Gaël Kakuta. En conférence de presse, le milieu offensif s’en amuse. "On a modifié mes tatouages. Je n’ai pas de tête de mort sur moi. Mais ça fait plaisir. Ça motive et ça booste".

Des banderoles, on en trouve évidemment sur les ponts de la région. Jusqu’à Amiens ou encore Abbeville. Les supporters lensois voient grand : "Derby du Nord, la région rayonne sang et or".

Des banderoles encore à l’entrée du centre d’entraînement de Lille. Elles se sont multipliées en même temps que les bons résultats du LOSC. Et ce n’est pas le coach lillois Christophe Galtier qui dira le contraire. Oui, tout cela fait chaud au cœur.

Les banderoles se sont multipliées à l'entrée du centre d'entraînement de Luchin
Les banderoles se sont multipliées à l'entrée du centre d'entraînement de Luchin © Emmanuel Quinart

Et puis, il y a parfois des moyens encore plus visibles de s'exprimer quand on est supporter. Dans la région, la maison des maisons de supporter se situe à Saulty. On y trouve la "team Deberles" posant devant la façade entièrement repeinte en rouge et jaune : ça flashe chez les Deberles !

Une famille 100% lensoise à Saulty dans le Pas-de-Calais
Une famille 100% lensoise à Saulty dans le Pas-de-Calais © Guy Deberles

"Chez nous, on est supporter de Lens à 100%, grands-parents, enfants, petits-enfants", s’amuse Guy. "Je serais content que Lens gagne, mais en même temps, je serais content que Lille garde l’avantage. Lille, c’est notre région aussi". Guy a son scénario idéal : Lens gagne, Paris perd et Lille reste leader.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
football sport losc