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Les parents de James Foley "profondément choqués", Marine Le Pen retire de Twitter la photo du corps décapité

Une enquête préliminaire pour "diffusion d'images violentes" a été ouverte mercredi soir par le parquet de Nanterre après que Marine Le Pen a tweeté des photos d'exactions du groupe Etat islamique.
Les parents de James Foley ont exigé le retrait immédiat de la photo de leur fils décapité, tweetée mercredi par Marine Le Pen
Les parents de James Foley ont exigé le retrait immédiat de la photo de leur fils décapité, tweetée mercredi par Marine Le Pen © MAXPPP / Montage France 3
Marine Le Pen a retiré jeudi matin de son compte Twitter la photo du corps décapité du journaliste américain James Foley, qu'elle avait postée la veille, avec deux autres photos, pour protester contre le "parallèle ignoble" effectué par un journaliste entre le groupe Etat islamique et le Front national.

"Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée", a déclaré à l'AFP la présidente du FN. Les deux autres photos sont toujours accessibles sur son compte Twitter.


Ouverture d'une enquête, les parents de James Foley "profondément choqués"

L'ouverture de cette enquête par la justice fait suite à un signalement du gouvernement à la police, via la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire. L'enquête vise également le député RBM Gilbert Collard qui a lui aussi diffusé une photo d'une victime de l'EI. "Profondément choqués", les parents du journaliste américain James Foley, décapité par l'EI, se sont indignés mercredi soir de la publication par Mme Le Pen
d'une photo de sa dépouille, l'appelant à la retirer immédiatement.

Ces photos sont celles "de la propagande de Daech et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de Daech", a déploré de son côté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve devant les députés quelques heures après la publication des clichés. Il a dans le même temps demandé que la police "puisse se saisir de l'affaire" et lui "réserver toutes les suites qui doivent l'être".

Pharos recueille les signalements de contenus illicites reçus par les internautes comme des images pédopornographiques, jeux illégaux en ligne, tweets racistes ou homophobes, qui peuvent mener à des enquêtes pénales ou à une demande de retrait des photos.

Dès la mi-journée, Manuel Valls avait dénoncé l'initiative de Marine Le Pen, qualifiée d'"incendiaire du débat public". "Monstrueuses photos. Mme Le Pen : incendiaire du débat public, faute politique et morale, non-respect des victimes", avait tweeté le Premier ministre.


'M. Cazeneuve va me mettre les menottes ?' 

Marine Le Pen a pleinement assumé son acte. "Qu'est-ce que je risquerai à montrer la réalité de ce qu'est Daech, pour montrer aux gens qui instrumentalisent Daech pour le comparer au Front national ? M. Cazeneuve va venir me mettre les menottes pour avoir condamné le fait que certains se permettent de faire un parallèle avec cette organisation criminelle ? Mais comme d'habitude on préfère condamner ceux qui condamnent que ceux qui commettent", a-t-elle réagi en fin de journée sur le site d'Europe 1. "Est-ce que @BCazeneuve va me poursuivre pour diffamation contre #Daech ?", a-t-elle encore ironisé dans la soirée sur Twitter.

"L'État socialiste, régime policier pour l'instant, tragi-comique: on laisse filer les terroristes et on persécute leurs pires ennemis !", a tweeté pour sa part Gilbert Collard.

Avant de poster les trois photos accompagnées d'un "Daech, c'est ça" (un homme vêtu d'une combinaison orange sous les chenilles d'un char, un autre vêtu de la même manière enflammé dans une cage, un corps d'homme décapité avec la tête posée sur le dos), Mme Le Pen avait d'abord tweeté : "le parallèle fait ce matin par Jean-Jacques Bourdin entre Daech et le FN est un dérapage inacceptable. Il doit retirer ses propos immondes". Voulant également dénoncer le journaliste de BFMTV et RMC, son conseiller politique, Eric Domard, avait quant à lui tweeté une photo de la salle de spectacle du Bataclan après le carnage du 13 novembre, qu'aucun média français n'avait publiée.

Le journaliste recevait mercredi matin Gilles Kepel, spécialiste du monde arabe, et avait dit pendant l'interview : "Revenons sur Daech. Je voudrais revenir sur les liens... euh... entre Daech et le Front... enfin les liens, pas les liens directs entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté... d'esprit, parce que l'idée pour Daech, c'est de pousser la société française au repli identitaire."

Face aux protestations frontistes, M. Bourdin a lui aussi réagi à la mi-journée sur RMC : "A aucun moment je n'ai dit que le FN était comme Daech. Je suis désolé de constater cette réaction hystérique des dirigeants du FN, tellement dérisoire. Il est gênant de devenir hystérique lorsque nous posons des questions. Nous continuerons à les poser que ça leur plaise, aux dirigeants du FN, ou pas. J'ai vraiment trop de respect pour les électeurs du FN pour entrer dans une polémique parfaitement inutile".
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