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Migrants à Calais : des chauffeurs routiers “à bout de nerfs”

Le 20h de France s'est penché sur le stress des routiers qui effectuent des trajets transmanche après les nombreuses et récentes tentatives d'intrusion de migrants qui cherchent, eux, à gagner l'Angleterre. Témoignages.

Par France Télévisions

Ils sont chauffeurs routiers et ont tous été confrontés à des tentatives d'intrusion de migrants aux abords de Calais alors qu'ils transportaient de la marchandise vers l'Angleterre. Parfois la confrontation est tendue et même violente. L'équipe de reportage de France 2 a rencontré des Lituaniens en transit dont l'un des véhicules a été endommagé - rétroviseurs brisés -quand ils ont tenté d'éloigner des clandestins du chargement.  

"Ils sont arrivés en masse autour de moi avec des couteaux, des cutters"

Après un été très tendu et de nouvelles tentatives massives d'intrusion ces derniers jours, le climat est à la psychose. "Je fais trois allers/retours France-Angleterre par semaine, c'est une route qui devient insupportable pour nous chauffeurs", explique Julien Winocki, routier de l'entreprise Deroo, syndiqué à FO Transports. "On arrive à Calais, on a peur de se faire agresser. Ils se cachent sous les ponts au-dessus desquels on passe. Ils forcent le passage partout. On a peur pour nous, pour notre sécurité et pour la sécurité de la marchandise". "Le problème, c'est qu'on risque d'avoir des pénalités si on se fait prendre avec des migrants dans le camion sur le territoire anglais", ajoute-t-il. "On est susceptible d'avoir une grosse amende. En moyenne, c'est quasiment 2000 euros par bonhomme dans la remorque. Donc si on en a 10, ça fait 20000 euros pour nous. Et pour le patron, ça fait un peu moins mais on va dire aussi autour des 15000 euros".

Parfois la confrontation avec ces migrants, prêts à tout pour rejoindre l'Angleterre, est très tendue. "Une fois, je suis descendu et au moment de descendre, ils sont arrivés en masse autour de moi avec des couteaux, des cutters pour me faire remonter dans le camion pour pas que je les fasse descendre", raconte Julien. "Je suis remonté dans mon camion, j'ai attendu de voir une compagnie de CRS et je les ai descendre par les CRS. Personnellement, je n'ai plus de peine pour les migrants. Je ne peux plus avoir de peine. Je pense qu'on serait à leur place, on ferait la même chose, mais nous, on est là aussi pour travailler, pour gagner notre vie, on n'est pas là pour dépenser de l'argent pour aller payer des procès. (...) On est à bout de nerfs. De ce fait là, on est prêt à tout aussi...".     

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