Migrants à Calais : où en est le démantèlement de la “jungle” ?

A Calais, ce vendredi 4 mars. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
A Calais, ce vendredi 4 mars. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Toute la semaine, l'opération d'évacuation de la "jungle de Calais s'est poursuivie entre calme, fermeté et tensions.

Par AFP

Le chiffrage exact est délicat compte-tenu de la nature du terrain et de la progression non linéaire des travaux, mais, selon le sous-préfet du Pas-de-Calais, Vincent Berton, un peu moins d'un quart de la surface concernée était évacuée vendredi matin, soit "environ deux hectares" sur 7,5 ha. L'ensemble du camp atteint 18 hectares.

"Près de 250 tentes et abris ont été retirés (cette semaine, ndlr). L'ensemble du campement de la lande où sont installés tous les migrants - y compris le Centre d'accueil provisoire (CAP), le Centre d'accueil de jour et l'espace des tentes de la sécurité civile - représente 18 hectares et la partie sud 7,5 hectares", a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué diffusé vendredi soir.

"Closed ! Kaputt ! Destruction !"

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, avait estimé que ces opérations pouvaient durer "un mois, peut-être plus". "L'idée n'est pas de précipiter les choses. On prendra le temps qu'il faut. Il y a des zones plus faciles que d'autres, certaines plus denses... Il faut agir de manière très pragmatique et très humaine, toujours dans le respect des personnes et en leur laissant le temps nécessaire", a réaffirmé vendredi M. Berton.

Les autorités gardent le même dispositif: retrait des abris de fortune et maraudes sociales tentant de convaincre les migrants de rejoindre le centre d'accueil provisoire (conteneurs chauffés), les tentes de la sécurité civile, ou l'un des 102 centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés en France, solution adoptée par une centaine de migrants cette semaine. Le tout sous haute protection policière: "Closed ! Kaputt ! Destruction !", disaient ainsi des policiers à des migrants qui tentaient de passer le cordon policier pour rejoindre des baraquements de fortune devant être détruits vendredi, alors que trois pelleteuses s'activaient dans la boue, mais sous le soleil, à défricher d'énormes parcelles.

L'épisode des Iraniens mis à part, ces opérations se sont déroulés dans le calme, a constaté l'AFP, loin des heurts de lundi entre CRS et migrants. Il y a juste eu un départ de feu vendredi après-midi, rapidement maîtrisé. "Les réfugiés sont fatigués. On voit qu'ils ne sont pas dans la violence puisqu'ils
ne se battent pas contre la police. (...) J'alterne entre la rage et le désespoir, c'est la machine de guerre qui avance pas à pas
", a affirmé Maya Konforti.


Nuit calme

La nuit de vendredi à samedi a été "relativement calme" dans la "Jungle" de Calais, avec six départs de feux qui ont nécessité l'intervention des pompiers, a indiqué samedi la préfecture du Pas-de-Calais. "Vendredi en début de soirée, il y a eu six départs de feu concomitant qui ont été éteints par les pompiers", a dit à l'AFP le sous-préfet de Calais Vincent Berton.

"Il y a eu quelques jets de pierre, qui n'ont pas fait de blessé, sur les CRS qui accompagnaient les pompiers", a-t-il ajouté. Les travaux de démantèlement de la zone sud du Camp de la lande - le nom officiel de la "Jungle" - doivent reprendre lundi matin.

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