Crise des prix de l'énergie : Valdunes annonce une baisse de 60% de son activité dans le Nord

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yacha Hajzler
Un métallurgiste au travail - Photo d'illustration
Un métallurgiste au travail - Photo d'illustration © Pixabay

Mise en difficulté par l'envolée des prix de l'énergie, mais aussi par un carnet de commandes qui se vide, la direction de l'entreprise de métallurgie Valdunes a annoncé une large réduction de son activité sur ses deux sites du Nord.

L'avenir est incertain pour 400 salariés. L'entreprise de métallurgie Valdunes, qui possède deux sites jumeaux à Trith-Saint-Léger et à Leffrinckoucke (Nord) a annoncé ce 10 janvier une diminution massive de son activité, liée à la crise des prix de l'énergie. 

409 euros le mégawatt/heure : les prix de l'énergie s'envolent

Elle suit le même chemin que le producteur de zinc Nyrstar. Basée à Auby, l'entreprise a annoncé début décembre 2021 qu'elle fermerait ses portes pour deux mois en début d'année : les prix de l'électricité rendaient impossible tout profit. "Nyrstar bénéficiait du ARENH, qui couvre 70% de sa consommation en électricité pour un prix fixe de 42 le mégawatt/heure (MWh). Le reste est soumis au cours de l'électricité. Mais, en décembre, le prix du MWh sur les cours boursiers était à 409 euros. Valdunes est dans la même situation" explique Ludovic Bouvier, représentant CGT métallurgie Nord Pas-de-Calais.

En conséquence, la direction a annoncé ce 10 janvier que l'entreprise tournerait à 40% de son activité jusqu'à nouvel ordre, et l'enclenchement d'un mécanisme de chômage partiel pour les salariés, en production comme en maintenance. L'entreprise a également annoncé l'abandon du dispositif ARENH pour un autre système. "Le problème n'est pas réglé. Ce sont des premières annonces, mais aujourd'hui, on craint le pire pour les 400 salariés."

"Une entreprise doublement impactée par les privatisations"

Valdunes n'avait au demeurant pas besoin de ce poids supplémentaire. L'année dernière, la SNCF, principal client de cette fabrique de roues et d'essieux, a décidé de changer de fournisseur, après un appel d'offres. "C'est la dernière entreprise française à les fabriquer, mais maintenant la SNCF commande espagnol, italien et tchèque, regrette le responsable syndical. Valdunes fabriquait en moyenne 80 000 roues et essieux par an, là, on est à 25 000." Contacté, le service presse de la SNCF a indiqué n'avoir aucun commentaire à faire dans le dossier Valdunes.

Pour le responsable CGT, "on a une entreprise doublement impactée par les privatisations, d’un côté de la SNCF, de l’autre côté d’EDF. Cela ne fait qu’aggraver la situation des entreprises. Dans un système capitaliste, le bonheur des uns fait le malheur des autres, et là ce sont des centaines, des milliers de familles. Je parle là de la métallurgie, mais ce ne sont pas les seuls impactés." 

Les syndicalistes doivent rencontrer prochainement le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, pour dénoncer cette situation.

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