Dunkerque : un père et sa fille inventent un gobelet en lin écologique, made in Hauts-de-France

Les Dunkerquois Camille Deligne et son père Eddy ont fini finalistes à un concours d'innovation à Monaco, METHA Europe, en mai 2019. / © D'INNOV
Les Dunkerquois Camille Deligne et son père Eddy ont fini finalistes à un concours d'innovation à Monaco, METHA Europe, en mai 2019. / © D'INNOV

Ingénieure en textile et fibres, la Dunkerquoise Camille Deligne a eu l'idée de fabriquer un gobelet réutilisable et biodégradable, fabriqué entièrement dans la région grâce à une fibre locale : le lin. 

Par Manon Pélissier

Dans les concerts, les festivals ou pour un pique-nique, ces gobelets en plastique s'avèrent bien pratiques. Vantés pour être écologiques car réutilisables, ils réduisent nos déchets contrairement aux gobelets jetables. Néanmoins, un aspect leur est toujours reproché : ils restent composés de plastique.

C'est pendant le carnaval de Dunkerque que Camille Deligne a eu l'idée : imaginer un gobelet réutilisable fabriqué dans une matière naturelle. Il pourrait alors être biodégradable, c'est-à-dire se décomposer dans la nature.
 

La loi qui va interdire les gobelets en plastique jetables au 1er janvier 2020 a fini de la convaincre de l'intérêt de créer ce nouvel objet, sans doute très demandé dans les prochaines années.

Pour compléter la démarche écologique, la jeune femme veut aussi que le produit soit conçu localement, afin de réduire au maximum son empreinte carbone, c'est-à-dire le volume de CO2 émis lors de sa fabrication. Le gobelet de Camille sera donc "made in Hauts-de-France".
 

La fibre parfaite : le lin


Ingénieure en textile et fibres, Camille Deligne s'associe avec son père pour concrétiser son idée. À 54 ans, Eddy a mené une carrière dans la métallurgie et lui apporte une expertise mécanique.

Originaire de Dunkerque, elle n'a pas mis longtemps pour identifier la fibre qui répondrait à ces exigences... Le lin ! La filière est en plein essor, comme le souligne Franceinfo : plus de 80% du lin mondial est cultivé en Normandie et dans les Hauts-de-France.
 

Pas très compliqué donc, de trouver un teilleur pour travailler avec elle. Et elle n'a pas choisi n'importe lequel : le groupe familial Van Robaeys Frères, très réputé dans la région. Surtout, la culture du lin nécessite peu d'intrants et peu d'eau, contrairement à d'autres comme celle du coton. Un choix écologique, là encore.
 


Commercialisation prévue dès novembre 2019


Après plus d'un an de travail, la Dunkerquoise a déposé il y a seulement quelques semaines la marque "Mon gobelet en lin". Leur société "D’Innov", elle, a été fondée en février 2018.

Le gobelet, fabriqué à partir de fibres de lin et de polymères issus de l'amidon, et non de polymères issus du pétrole, va être entièrement biodégradable.
 
© D'Innov
© D'Innov

Avec un prix à l'unité à moins d'1 euro, ils espèrent commercialiser 25 000 gobelets à partir de novembre. "On reste un peu plus cher que le marché mais c'est normal puisque notre produit est plus qualitatif", souligne-t-elle. Leur cible principale : les professionnels et tout ce qui concerne l'événementiel.
 

En créant son gobelet en lin, Camille espère aussi participer à la réduction de la pollution plastique dans les océans et protéger ainsi ses plages de Dunkerque.

 

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