"Grande figure de la gauche", "bâtisseur de Dunkerque" : Michel Delebarre, ancien ministre et maire socialiste de Dunkerque, est mort

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L'homme politique est décédé ce samedi 9 avril à l'âge de 75 ans. Les réactions se multiplient pour rendre hommage à celui qui a occupé plusieurs postes à l'échelle locale, régionale et nationale.

Ancien maire PS de Dunkerque de 1989 à 2014, Michel Delebarre s’est éteint ce samedi 9 avril à l’âge de 75 ans. Figure locale, régionale et nationale du socialisme, il a occupé les fonctions de député, sénateur, président du conseil régional du Nord Pas-de-Calais, maire, ministre ou encore directeur de cabinet à Lille puis Matignon.

"Il conjuguait ses éminentes compétences avec une inépuisable chaleur humaine", a tenu à rappeler l'ancien Président de la République François Hollande. Un hommage également rendu par la maire de Lille Martine Aubry.

Une tristesse partagée par son ami Patrick Kanner, en témoigne son message posté sur les réseaux sociaux : "Fidèle jusqu'au bout à ses convictions socialistes, contre vents et marées de son Dunkerquois qu'il a tant incarné, il restera à jamais un transformateur éclairé de notre région".

Au-delà de sa famille politique, les hommages se sont multipliés à droite. A l'image de Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, qui a salué ce "maire bâtisseur de Dunkerque, président qui a marqué la Région Nord-Pas-de-Calais par sa vision, serviteur de l’Etat".

Quand vous avez en face de vous un homme aussi puissant, aussi dominant, soit vous cédez et vous mourrez politiquement, soit vous combattez et vous sortez les tripes.

Franck Dhersin, maire LR de Téteghem et vice-président des Hauts-de-France

Nous avons pu joindre Franck Dhersin, maire LR de Téteghem et adversaire politique de Michel Delebarre à l'échelle locale durant 20 ans. "Je dis paix à son âme. Ça a été dur, mais je n’ai jamais eu de haine. Si je suis l’homme politique que je suis aujourd’hui, c’est aussi grâce à Delebarre. Quand vous avez en face de vous un homme aussi puissant, aussi dominant, soit vous cédez et vous mourrez politiquement, soit vous combattez et vous sortez les tripes. C’est ce qu’il m’a forcé à faire et c'est comme ça que j'ai pu devenir conseiller de Juppé et Sarkozy et aujourd'hui vice-président de la région. Il m'a obligé à me surpasser".

Sept fois ministre  

Figure de la politique dans les Flandres, il a été directeur de cabinet successivement à la ville de Lille, au conseil régional du Nord Pas-de-Calais puis à Matignon aux côtés de son ami Pierre Mauroy. Michel Delebarre a par la suite endossé à sept reprises le costume de Ministre sous les gouvernements socialistes de Fabius, Rocard, Cresson et Bérégovoy.  

Il a eu à sa charge plusieurs portefeuilles comme le Travail, l’Emploi, les Affaires sociales, les Transports, la Mer, la Ville ou encore la Fonction publique.  

Défaite cinglante après 25 ans à la mairie de Dunkerque  

Elu maire de Dunkerque en 1989 après avoir remporté l'élection face à Claude Prouvoyeur - un fait d'armes - il occupera cette fonction durant vingt-cinq ans avant de perdre en 2014 face à son ancien collaborateur, Patrice Vergriete. L'actuel maire de Dunkerque a salué le travail de son prédécesseur et a annoncé que les drapeaux de la ville seraient mis en berne pour lui rendre hommage.

Une défaite cuisante qui laissera un goût amer à l’homme politique, muet pendant plusieurs mois après avoir été sorti par la petite porte. Près d’un an plus tard, il reviendra sur sa défaite lors d’une interview menée par Jean-Louis Manand, journaliste politique de France 3 Nord Pas-de-Calais. "Je n'ai pas su écouter, je ne l'ai pas vu arriver. Je me voyais peut-être trop bien dans cette fonction (de maire ndlr). Peut-être que le pouvoir m'a rendu un peu autiste sur certains sujets. Ça peut arriver que vous n'écoutiez pas un certain nombre de messages".

Pointé du doigt par certains comme champion des "cumulards", il dira alors assumer en partie. "C'est aussi une manière de donner du poids à ses paroles. J'en ai joué, je l'ai pratiqué, peut-être en ai-je abusé (...) Mon ambition pour Dunkerque n'a peut-être pas toujours été comprise", regrettait-il alors.  

Après avoir occupé le poste de sénateur jusqu’en 2017, il s’est peu a peu effacé avant de se retirer totalement de la vie publique.