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Une jeune Dunkerquoise raconte dans une BD le harcèlement scolaire qu'elle a subi

Ana a été victime de harcèlement scolaire lorsqu'elle était en primaire. Près de dix ans plus tard, la jeune Dunkerquoise publie avec son père le dessinateur Bloz une bande dessinée, "Seule à la récré" qui raconte son histoire. Elle était l'invitée de France 3 ce lundi.
Ana, originaire de Dunkerque, publie avec son père le dessinateur Bloz une BD sur le harcèlement scolaire dont elle a été victime.
Ana, originaire de Dunkerque, publie avec son père le dessinateur Bloz une BD sur le harcèlement scolaire dont elle a été victime. © France 3 / Editions Bamboo
Le harcèlement scolaire est un sujet qui touche de nombreux élèves. Il est parfois difficile d'en parler avec ses parents, avec les enseignants, lorsqu'on en est victime.

Ana, originaire de Dunkerque, en a été la cible à l'école primaire. Elle est parvenue à se sortir de cette période difficile. Son expérience est racontée dans une bande dessinée, "Seule à la récré", publiée ce mois-ci aux éditions Bamboo.

Avec son père, le dessinateur Bloz, elle était l'invitée de France 3 Nord Pas-de-Calais ce lundi midi.


Cette bande dessinée, c'est votre histoire. Un cauchemar inattendu quand vous entrez en primaire ?

Ana :
Oui, ça a commencé en fin de primaire. J'ai été mise à l'écart par la totalité de ma classe. Ça a débuté avec une fille, la meneuse, qui a décidé de mettre tout le monde contre moi dans ma classe.

Je me suis retrouvé complètement isolée. Plus d'amis, plus rien. Complètement mise à l'écart.

Une jeune Dunkerquoise raconte dans une BD le harcèlement scolaire qu'elle a subi


Bloz, vous avez ressenti le changement, le poids du secret que portait votre fille à l'époque ?

Bloz :
On a vu des changements physiques. On a vu ses notes chuter. On a vu qu'elle n'était plus très bien, alors qu'habituellement elle est plutôt expansive.

Plein de petits signes comme ça, sans réussir à mettre vraiment un nom là-dessus, jusqu'à ce qu'elle craque un soir et qu'elle nous dévoile tout.


Vous pointez du doigt, en croquis, cette différence entre d'un côté une cellule familiale qui est soudée et puis de l'autre une direction de l'établissement qui est assez fermée.
Vous trouvez encore qu'aujourd'hui, on ne voit pas assez le harcèlement dans les établissements ?

Ana :
Oui bien sûr. Dans mon école, la directrice, les profs, personne ne voulait en entendre parler. Mes parents ont été plusieurs fois rencontrer la directrice pour discuter de mes problèmes.

Elle leur faisait clairement comprendre que c'était moi le problème, que j'étais quelqu'un de pas très sociable et qu'il n'y avait pas de harcèlement dans leur école.


Il a fallu du temps pour que cette BD sorte, quasiment dix ans. C'est un tandem, c'est vraiment une histoire entre vous deux, Bloz, que vous avez fait ressortir ?

Bloz : Je voulais qu'elle soit suffisamment grande pour me donner son accord  pour raconter cette histoire. On sait que ça touche encore énormément d'enfants.

Étant dessinateur de bandes dessinées, on s'est dit que j'avais justement là peut-être le bon support pour que les enfants lisent quelque chose qui parle de harcèlement, mettent un nom là dessus, et peut-être libèrent un peu la parole avec les parents.

© Editions Bamboo


Il y a le côté tristesse évidemment mais il y a du gag, on va chercher quand même des sourires ?

Bloz : On a voulu faire quelque chose de positif. Montrer aux parents et aux enfants que tout n'est pas gelé. Ça peut se modifier, on peut s'en tirer et Ana en est un bel exemple.

Et puis montrer aux parents aussi qu'il y a des astuces. Mais il faut vraiment combattre ça, en avoir envie.


Ça a été salvateur pour vous cette écriture, ces dessins ?

Ana : Je ne suis pas restée très traumatisée par rapport à ça. Je suis quand même assez détachée. Mais c'est vrai que quelque part ça fait du bien d'en parler.

Se dire qu'il y a peut-être des enfants qui sont dans la même situation que moi qui pourraient s'en sortir. Trouver quelques solutions en lisant des livres comme ça qu'ils qui sont à leur portée. 

Bloz : On aimerait qu'elle puisse rentrer dans les écoles, que les profs travaillent sur ce support et que les enfants y trouvent quelque chose vraiment à leur niveau.

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