Pour le Carnaval de Dunkerque 2022, l’avenir s’annonce incertain : " Je ne sais pas si on va pouvoir le maintenir"

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Écrit par Emeline Cocq
Le bal des Corsaires en 2019 à Dunkerque.
Le bal des Corsaires en 2019 à Dunkerque. © Les Corsaires Dunkerquois

Avec la hausse du taux d’incidence et l’arrivée du variant Omicron, la tenue du carnaval de Dunkerque en 2022 est plus que jamais menacée. Les associations disent vouloir attendre que les fêtes de fin d’année soient passées avant de prendre d’éventuelles décisions.

"Le contexte m’amène à être pessimiste." Aucune annonce à ce stade, mais Julien Gokel, le maire de Cappelle-la-Grande (Nord), préfère rester prudent.

C’est sa bande qui doit ouvrir la saison carnavalesque le 16 janvier prochain. "La veille, on avait prévu de faire un concert pour lancer le début des festivités, un gros rendez-vous pour marquer le retour du carnaval deux ans après, explique l’élu. Je ne sais pas si on va pouvoir le maintenir."

Avec la hausse du taux d’incidence et l’arrivée du nouveau variant Omicron, le maire juge qu’il y a pour l’heure "trop d’inconnues" et évoque trois scénarios : "le maintien du carnaval avec des mesures spécifiques, un report ou une annulation" pure et simple de l’événement pour la troisième année consécutive. "On est dans l’observation", insiste Julien Gokel.

"Jusqu’à 800 000 euros de dons"

Du côté des Corsaires dunkerquois, une association carnavalesque dont le bal ouvre en troisième dans la saison, les conséquences d’une nouvelle annulation pourraient être "dramatiques". Rien que pour louer la salle du Kursaal à Dunkerque, qui rassemble chaque année 10 000 carnavaleux pendant le bal des corsaires, l’association doit débourser pas moins de 55 000 euros. "Si on devait baisser la jauge de moitié, il faudrait quand même sortir 25 000 euros, constate Gérard Laridan, responsable communication des Corsaires dunkerquois. Et si le bal n’a pas le lieu, comment on fait pour les agents de sécurité, les techniciens, l’orchestre ?"

Selon lui, de nombreuses associations sont aujourd’hui sur le point de "crever" par manque de recette. Et qui dit pas de bal, dit pas de dons non plus. "Quand tout allait bien, on pouvait recevoir jusqu’à 800 000 euros de dons, explique Gérard Laridan. Aujourd’hui, on n’a rien du tout. Je ne vous raconte pas la détresse…"

"Le carnaval, c’est convivial"

Même constat du côté de la bande de Ghyvelde (Nord), qui doit se produire début avril. "On ne dépense rien c’est sûr, mais on n’a pas de rentrée d’argent non plus", précise Philippe Lageiste, président des 28, qui regroupe l’ensemble des associations carnavalesques du Dunkerquois.

Un dossier pour valider l’organisation du parcours vient d’être envoyé à la sous-préfecture. "On se prépare trois mois à l’avance, mais il va sans doute falloir apprendre à s’organiser en un mois," ajoute-t-il. En 2020, la moitié des bals avaient été annulés à la dernière minute.

Quant à l’éventualité d’un report au début de l’été, ou d’un maintien avec port du masque obligatoire, la réponse est toute trouvée pour le carnavaleux. "Ce n’est pas dans nos traditions, insiste Philippe Lageiste. Le carnaval, c’est convivial. Soit on fait les choses correctement, soit on ne fait rien du tout." 

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