Carnaval de Dunkerque 2024. Le marché est le rendez-vous de dernière minute des fêtards en retard

Tout carnavaleux qui se respecte sait qu'il est mal venu d'arriver dans les bandes avec ses vêtements classiques. Pour l'occasion, fourrure, chapeau et boa en plumes sont de rigueur. Une panoplie traditionnelle appelée clet'che qui se façonne au fil des années. Comme pour chaque fête, certains s'y prennent un peu tard : à Dunkerque, c'est au marché qu'on les croise en cette veille de Trois Glorieuses 2024.

Chapeau, fourrure parée de badges et d'écusson, top et guêtres fluo posent la base du déguisement de carnaval Dunkerquois, plus souvent appelé clet'che. Dans les allées du marché de Dunkerque ce samedi 10 février 2024, les fourrures blanches, grises, noires et léopard s'entremêlent aux boas et chapeaux roses, jaune et vert fluo. Pour les commerçants cette veille du lancer de hareng est l'une des journées les plus lucratives de l'année. Et pour cause, les retardataires s'y retrouvent pour trouver les dernières pièces de leur indispensable costume. 

Un clet'che seulement s'il est kitsch 

Avec leurs musiques paillardes en fond sonore qu'ils ne manquent pas de chanter à l'unisson, les Dunkerquois sont déjà dans l'ambiance. Demain aura lieu le lancement des Trois Glorieuses de Dunkerque, marquées par l'historique lancer de hareng. Entre les étalages du marché, les enfants qui marchent à peine côtoient leurs parents et grands-parents. Tous sont venus avec le même but.

Le trésor des Dunkerquois en ce mois de février : le clet'che. Un déguisement traditionnel dont la fourrure est un indispensable "pour ne pas avoir froid", s'extasie Alain Joigny qui s'interrompt pour faire la bise à ses habitués.

Le vendeur de fourrure, au rendez-vous depuis 35 ans ne tient pas en place. Marinière, blazer avec des ancres de marine et chapeau de caporal fièrement planté sur le front, il navigue entre ses clients tel un capitaine à la recherche du clet'che de leurs rêves. 

Difficile pour les hommes de trouver leur bonheur dans les rayons, du point de vue de la taille : "Ce sont des manteaux de femmes, comme ceux que mettaient les pêcheurs quand ils partaient en Islande" résume Alain, maître de la boutique.

"Cette dame-là cherche un manteau pour son petit-fils, un mètre quatre-vingt, soixante de large aux épaules, c'est compliqué à trouver" rigole-t-il. Ce qui est important "c'est d'être à l'aise pour se prendre sous les bras quand on danse", précise Alain.

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Pas peu fier de sa marchandise, il n'hésite pas à commenter les essayages : "Ici c'est de la fourrure pas de la moquette", lance-t-il. Pour Alain pas de doute, la fourrure sobre ou léopard est l'âme du carnaval de Dunkerque : "Ils ne veulent pas des fourrures de couleur comme dans les autres endroits". Toute l'année il chine et achète en lot, pour que le moment venu chaque client trouve fourrure à sa carrure. 

Pourtant quelques minutes plus tard, un client exigeant se présente. Pour cet homme grisonnant, hors de question d'essayer du noir ou du léopard : "j'ai une fourrure depuis 25 ans, elle est blanche mais trop abîmée et même si je l'ai déjà recousue je dois la changer, soupire t-il, donc si j'en rachète une elle sera blanche."

Trouver la bonne fourrure, une mission presque impossible

Aucune fourrure n'arrive à lui arracher un sourire, seulement la formule : "C'est dommage car j'en ai déjà une..." La fourrure si elle dure, on ne la change jamais : un principe bien connu des puristes.

Bout en train, Alain le motive : "Tu vas la personnaliser avec tes écussons et tes badges". Le client reste dubitatif : "Si j'en change on ne va pas me reconnaître..." Et pour cause : même pour celles et ceux qui découvriront les chahuts en 2024, le déguisement ne se néglige pas. Il est un moyen pour les carnavaleux et carnavaleuses de se reconnaître entre eux. 

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Une tradition bien comprise de Gregory et de ses amis qui viennent faire le marché pour leur tout premier carnaval. "On est venu chercher notre fourrure, on va la garder d'année en année et la customiser", se réjouit le jeune homme. "On cherche aussi un tutu pour ressembler à une belle femme, et un chapeau si on trouve", glousse-t-il.

Vous l'avez compris, pas besoin de cohérence dans le déguisement, mais certains ont leur thème et ils y tiennent. Pour Romain, c'est le cochon "un costume que j'ai piqué à mon père et que je renfloue avec des badges et des accessoires". 

"Au marché on trouve tout", s'exclame Anaïs qui est là pour des accessoires d'indienne. Pour ses deux fils, ça sera Peter Pan, "ça fait rêver", note la jeune femme. Tout comme le carnaval qui, elle l'assure "fait beaucoup de bien aux Dunkerquois, c'est indispensable dans l'hiver". 

Du plus petit budget à des centaines d'euros, c'est au client de décider l'argent qu'il compte investir dans le clet'che. Un budget "un peu restreint cette année" note un commerçant qui explique que "les gens négocient beaucoup plus". Pour les fêtards une chose est sûre, les plus grosses dépenses ça n'est sûrement pas le clet'che mais "le jour J" dans le feu de l'action.

À Dunkerque, le coup d'envoi des Trois Glorieuses aura lieu le dimanche 10 février 2024 avec le très attendu lancer de hareng à 17h. Un évènement qui mettra fin au grand suspens de cette année : que va lancer Jean Bodart qui rime avec son nom depuis le balcon de l'Hôtel de Ville ? 

 

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