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Lille : l'Institut Pasteur remonte aux sources du vaccin contre la tuberculose

Les souches originelles du BCG, conservées à l'Institut de Pasteur de Lille. / © MaxPPP
Les souches originelles du BCG, conservées à l'Institut de Pasteur de Lille. / © MaxPPP

L'Institut Pasteur de Lille a exhumé les souches originelles du BCG, le vaccin contre la tuberculose. Une opération qui pourrait permettre de renforcer l'efficacité du traitement.

Par M. F. avec AFP

L'Institut Pasteur de Lille est remonté aux sources centenaires du vaccin contre la tuberculose pour mieux lutter contre la neuvième cause de mortalité dans le monde, avec 1,7 million de victimes par an.

Il y a près de 100 ans, les chercheurs Albert Calmette et Camille Guérin découvraient à Lille dans ces mêmes locaux le bacille Billié de Calmette et Guérin (BCG), un vaccin contre la tuberculose, et permettaient sa large diffusion dans le monde.

Mais à force de réplication, le matériel génétique a "dérivé" et le vaccin perdu en pouvoir immunisant, explique le directeur général de l'Institut, le professeur Patrick Berche. Les souches originelles du BCG ont été heureusement conservées et ce sont les tubes qui les contiennent qui ont été exhumés jeudi 22 mars par l'équipe de l'Institut.

Lille : l'Institut Pasteur remonte aux sources du vaccin contre la tuberculose
L'Institut Pasteur de Lille a exhumé les souches originelles du BCG, le vaccin contre la tuberculose. Une opération qui pourrait permettre de renforcer l'efficacité du traitement.  - France 3 Nord Pas-de-Calais - Laura Lévy, Antoine Morvan, Sophie Naumovitz

Le docteur Philip Supply, directeur de recherches au CNRS, a manipulé trois de ces tubes, la main légèrement tremblante, sous l'oeil des nombreux journalistes conviés.

Dans un caisson spécial sous vide, les bras enfoncés dans un revêtement de protection ralentissant ses mouvements, le scientifique a prélevé sur la paroi de ces tubes des souches de bactérie, visibles à l'oeil nu sous forme d'un dépôt blanchâtre.

"J'ai eu l'impression de manipuler des trésors au bout de mes doigts, c'était beaucoup de pression et une grosse émotion", a témoigné le Dr Supply à l'issue de l'opération, d'une vingtaine de minutes.

"Perte du pouvoir immunisant"

L'objectif est de mettre ces souches "pures" en culture : "ce serait formidable si cela fonctionnait car on aurait la souche originale, pas repiquée des centaines de fois dans différents laboratoires dans le monde, et on pourra la standardiser", espère le Pr Patrick Berche, directeur général de l'Institut.

L'expérience permettra aussi d'analyser les souches pour séquencer leur génome, et ainsi identifier les mutations qui ont mené à l'atténuation de la bactérie et de sa virulence. Paradoxe, donc : les avancées de la technologie permettent de faire ressurgir du passé un vaccin plus efficace.

Or, la tuberculose continue de représenter une menace importante : la maladie infectieuse tue 1,7 million de personnes dans le monde en 2016, en a infecté 10 millions, et un quart de la population est porteuse d'un bacille dormant. Même en France, 5 000 nouveaux cas et 900 décès surviennent chaque année.

La tuberculose est causée par une bactérie qui touche le plus souvent les poumons, mais aussi les reins, les ganglions et les os. L'infection peut rester silencieuse pendant des années avant de se déclarer en maladie. Hautement contagieuse, elle est favorisée par la malnutrition, l'âge (moins de cinq ans, personnes âgées) ou encore le VIH.

Ce samedi, la journée mondiale de lutte contre la tuberculose de l'OMS vise à mieux faire connaître la maladie, avant une prochaine réunion de l'Assemblée générale de l'ONU sur ce thème.

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