Déconfinement : des surveillants de la prison de Sequedin inquiets par l'absence de vitres en plexiglas aux parloirs

À la prison située près de Lille, la reprise des parloirs est prévue pour mercredi.

À l'intérieur de la prison de Sequedin.
À l'intérieur de la prison de Sequedin. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
Le déconfinement signe, cette semaine, la reprise des parloirs dans les prisons français. Mais au centre pénitentiaire de Sequedin, près de Lille, des surveillants s'inquiètent de voir le Covid-19 entrer de cette manière dans les murs de la prison.

"On a du mal à entendre qu'on ne veuille pas mettre de plexiglas", explique Benoît Normand, de l'UFAP-Unsa Justice, rappelant que "partout où vous allez", dans les commerces notamment, "on met du plexiglas et on vous explique qu'il y a des distances à respecter".

 

Feu vert de la direction de l'administration pénitentiaire


Or, à la prison de Sequedin où la reprise des parloirs, mercredi, s'accompagnent de conditions strictes (un seul visiteur, âgé de 18 à 70 ans, masqué et sans contact physique ni échange de linge), la décision a été prise de ne pas en installer dans les 22 box que compte l'établissement.
 
Au niveau national, la Direction administration pénitentiaire (DAP) s'était pourtant montrée favorable à l'installation de "vitres translucides", mais selon le syndicaliste, "la direction interrégionale n'est pas capable d'imposer des choses aux directions locales". D'ailleurs, à l'échelle du Nord et du Pas-de-Calais, "il y a des établissements où on met des plexis, et d'autres où on en met pas".
 

On ne croit pas une minute que les détenus et leurs familles vont se regarder dans le blanc des yeux à un mètre de distance


Tout en admettant que "le plexiglas ne règlera pas tous les problèmes", le surveillant regrette de devoir seulement compter sur le bon respect des consignes de la part des visiteurs.

"Les familles ne sont pas vues depuis deux mois, ça paraît difficile à croire qu'une ligne au sol va les empêcher de s'approcher", estime Benoît Normand, qui "ne croit pas une minute à l'idée que les détenus et leurs familles vont se regarder dans le blanc des yeux à un mètre de distance".
 
Un risque, d'autant plus que la prison lilloise a jusque-là plutôt échappé au coronavirus. "Il y a eu beaucoup de suspicions chez des détenus et chez les agents", mais à part un cas sur un détenu, confirmé positif, "on a eu une bonne étoile". Raison de plus pour se montrer vigilant ? "Le but, c'est pas de mettre tout le monde en danger", insiste Benoît Normand, pour qui "au niveau sécuritaire et au niveau sanitaire, on n'est pas bons."
 
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