Lille : une enquête pointe le "sentiment d'insécurité" des étudiants dans certains quartiers le soir

La Fédération des associations étudiantes de Lille, qui compte 17 associations, a publié le résultat d'une grande enquête lancée en avril.

© Jean-François Cauche / Flickr
Lille est-elle sûre la nuit ? Qu'importe la réponse, la Fédération des associations étudiantes de Lille (FAEL) s'est d'abord intéressée au ressenti des étudiants : comment se sentent-ils dans les différents quartiers lillois à la nuit tombée, et combien ont été victimes de harcèlement ou d'agressions ?

À travers un questionnaire en ligne soumis en avril 2017, la FAEL a obtenu près de 4 000 réponses sur les quelque 100 000 étudiants que compte la métropole. Une méthode loin d'être infaillible, mais un bel échantillon dans lequel on compte tiers de femmes et un tiers d'hommes.

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° EN SÉCURITÉ A LILLE LA NUIT ? ° La parole vous est donnée, à vous étudiants, via notre grande enquête sur la sécurité de la vie nocturne dans la Métropole Lilloise.... Harcèlement de rue,...


Les résultats viennent d'être dévoilés. "Il y a un sentiment d'insécurité qui est concret, qui est réel" constate aujourd'hui Baptiste Coupé, président de la FAEL

Écart entre le sentiment d'insécurité et les agressions


On y apprend que 43% des sondés ont "souvent" un sentiment d'insécurité à Masséna-Solferino, et 21% l'ont "toujours". À Wazemmes, 31% des sondés répondent "souvent" et 23% se sentent "toujours" en insécurité.

Un résultat plutôt surprenant quand on le compare à celui des agressions : dans le même échantillon, 15% des sondés disent avoir été agressés à Masséna-Solférino et seulement 5% à Wazemmes. Un chiffre qui montre un certain décalage entre la réputation d'un quartier et la réalité.

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ENQUÊTE VIE NOCTURNE RÉSULTATS Vous étiez près de 4000 étudiants à répondre à notre grande enquête sur la vie nocturne Lilloise, et nous vous en remercions ! Après un temps d'analyse, nous...


Les bus nocturnes peu ou pas connus

Les avis concernant les transports en commun, eux, "étaient relativement attendus" note Baptiste Coupé : 66% des étudiants ne sont pas satisfaits par l'offre de métro après 21 heures, et 76% ne sont pas satisfaits des plages horaires nocturnes.

Mais surtout, "la moitié des étudiants ne connaissaient pas les lignes de bus de nuit" et parmi ceux qui connaissaient, beaucoup la critiquaient pour sa plage horaire, sa fréquence de passage ou les arrêts desservis.

Encourager à porter plainte


Quel est le but d'une telle étude ? Pour Baptiste Coupé, il y a "deux aspects sur lesquels la FAEL compte travailler : l'aspect institutionnel, en rencontrant les acteurs pour faire améliorer les choses, et l'aspect préventif."

Préventif, puisque la fédération voudrait élaborer un guide expliquant quoi faire en cas de harcèlement de rue, ou comment déposer plainte. "Les chiffres du dépôt de plainte sont alarmants" : sur les 889 répondeurs victimes d'une agression, plus des trois quart n'ont pas déposé plainte parce qu'ils ont pensé que ce serait inutile. 

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