Lille : pourquoi les files d'attente de Transpole sont-elles si longues à la rentrée ? Comment y échapper ?

© Sergio Rosenstrauch / France 3
© Sergio Rosenstrauch / France 3

Transpole a mis en place un dispositif spécial, insuffisant pour les collectifs d'usagers.

Par Quentin Vasseur

À chaque rentrée, la même vision d'effroi : dix, trente, cinquante personnes en file indienne devant l'agence Transpole de République Beaux-Arts, de la gare Lille-Flandres, ou de la station éponyme.
 
Comme chaque rentrée, une file d'attente à l'agence Transpole de la gare Lille-Flandre

 

Il y a une époque où c'était pas à ce point-là


Un afflux qui correspond au renouvellement ou à la souscription d'abonnements Transpole pour des milliers de collégiens de lycéens ou d'étudiants qui font tous le déplacement au début du mois de septembre.
 

Ces files interminables interrogent, notamment au Collectif d'Usager-e-s de Transpole. "Il y a une époque où c'était pas à ce point-là" se souvient Fabien Delecroix, l'un de ses membres. Selon le collectif, comptez jusqu'à une, voire deux heures d'attente à certaines heures de la journées. "Certaines personnes doivent même partir et revenir plus tard parce qu'elles doivent aller travailler."
 

 

Pourquoi une telle congestion ?


Pour lui, cette attente est d'abord due à la complexité des dossiers à constituer pour les demandes d'abonnement, le nombre et la diversité des pièces qui sont demandées. Il est possible de renouveler son abonnement sur internet, mais "les services ne sont pas adaptés, pas terribles" regrette Fabien Delecroix. En témoignent les tweets d'usagers agacés après avoir tenté de passer par le site.
 

Sans parler des doublons, ceux qui "font des abonnements pour rien" sans savoir que la tarification sociale s'applique déjà à l'ensemble de leur foyer, sur la base du revenu (explications sur le site de Transpole).

 

On ne découvre pas maintenant que c'est une période d'abonnements !


Pour lui, les files d'attente seraient plus fluides avec "de meilleures conditions d'accès aux tarifs", qui viennent d'augmenter. Ou bien en instaurant à long-terme la gratuité pour une partie des usagers comme c'était le cas auparavant : les retraités sur présentation d'une carte d'identité, les personnes sans emploi avec une carte d'allocataire, etc.
 

Autre piste envisagée par le collectif d'usagers : l'ouverture de nouveaux guichets pendant cette période : "On ne découvre pas maintenant que c'est une période d'abonnements !"

 

"Transpole travaille en amont"


Transpole, pourtant, a bien mis en place un dispositif spécial pour ce début d'année. "Les équipes des agences sont renforcées"  indique la société de transports en commun. "Des agents sont présents dans les files d’attentes pour conseiller et vérifier que les dossiers soient complets."
 

À cela s'ajoutent, jusqu'à la mi-septembre, des horaires étendus de 7 heures jusqu'à 19 heures selon les agences, ainsi que la mise en place d'un stand d'information à la gare Lille-Flandres.

Mais le gros du dispositif reposait sur la communication. "Transpole travaille en amont" assure-t-on, en anticipant le rush par des campagnes d'information. "Tous les abonnés ont été alertés dès juin pour les encourager à faire leur abonnement plus tôt, dès juillet." La vente et l'abonnement ont d'ailleurs été avancés au 19 juin cette année, contre le 7 juillet en 2017.

 

Comment éviter les files d'attente ?


"Il n'y a pas de recette miracle" concède Fabien Delecroix, mais il y a bien quelques petites astuces à avoir en tête s'il vous faut absolument un abonnement pendant les deux semaines qui viennent. 

D'abord, il vaut mieux vous rendre aux agences hors des horaires de bureau, donc oubliez la pause du midi ou l'après-midi passé 17 heures. Privilégiez plutôt la matinée, le mardi, jeudi ou vendredi.
 

Transpole rappelle également qu'il y a au total sept agences proposant des abonnements. Si les usagers ont plutôt l'habitude de se rendre à celles de Républiques Beaux-Arts, de la Gare Lille-Flandres ou de la station Gare Lille-Flandres, il en existe quatre autres moins surchargées : deux à Roubaix Eurotéléport, une à Tourcoing Centre et une à Villeneuve-d'Ascq Hôtel de Ville.

"Un étudiant installé à Lille ne va pas forcément penser à se rendre à l'agence située à côté de sa fac à Villeneuve-d'Ascq" concède-t-on à Transpole. 

Dans quelques années peut-être, la plupart des demandes d'abonnement se feront via le site Internet. Mais pour l'instant, "les retours qu'on a, c'est que c'est pas très efficace" note Fabien Delecroix. 


 

Transpole n'est pas le seul service de transport concerné par cet afflux massif au début du mois de septembre. Dans l'Artois, nos confrères de la radio Horizon rapportent les mêmes difficultés pour Tadao. Même combat à Transville, dans le Valenciennois.

Dans le cas de Tadao, le Syndicat Mixte des Transport a annoncé que les demandes d'abonnement se faisaient pour la première fois par Internet, avec pour objectif de réduire les files à la rentrée 2019.

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