Belgique : des centaines de taxis, dont certains de Lille, manifestent à Bruxelles contre Uber

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Écrit par AFP

Plusieurs centaines de chauffeurs de taxis belges, mais aussi venus de France, manifestaient mardi avec leur véhicule dans le centre de Bruxelles pour dénoncer la concurrence du service américain de covoiturage rémunéré Uber.

Les chauffeurs de taxis belges craignent la légalisation des activités dans la capitale belge et en Europe. Un long cortège de "plusieurs centaines de véhicules" s'étendait sur quelque huit kilomètres entre la gare du Nord et les abords du quartier accueillant les institutions européennes, selon la police.

Le quotidien Le Soir a estimé leur nombre à environ 700.

Uber est dans le viseur de la justice dans de nombreux pays à travers le monde, aussi bien pour sa plateforme UberPOP (mise en relation entre particuliers) que pour son activité de location de voitures avec chauffeurs (VTC).

A Bruxelles, les taxis protestent contre un règlement régional en cours d'élaboration qui prévoit notamment de donner un cadre légal au "transport entre particuliers"

Uber, en principe interdit en Belgique et qui fait l'objet d'enquêtes dans le pays, a accueilli positivement ce plan. Une centaine de chauffeurs français, venus de Paris, Lille (Nord), et même de la région d'Aix-en-Provence (sud-est) ont rejoint leurs homologues belges.

"Nous sommes ici en solidarité avec les collègues belges mais aussi parce qu'il faut agir au niveau européen", a déclaré Abdelkrim Hamed, vice-président
de l'Association française des Taxis (AFT), venu de la région parisienne.

"Nous n'avons pas de problème avec des particuliers qui prendraient des gens sur leur trajet pour faire du covoiturage, mais bien avec la notion d'activité complémentaire, pour laquelle des particuliers se mettent à disposition pour des courses rémunérées. Il y a la question de la sécurité et des assurances --que se passe-t-il en cas de sinistre ?--, des tarifs --comment les contrôler ?-- et de la concurrence déloyale, parce que les taxis ont des charges que les particuliers n'ont pas", a abondé le secrétaire général de l'AFT, Olivier Chazal.

La Commission européenne, dont les chauffeurs espéraient rencontrer un représentant, étudie depuis décembre une plainte d'Uber contre la loi Thévenoud qui encadre en France la concurrence entre les taxis et les VTC et qui interdit à des chauffeurs non professionnels d'exercer. L'exécutif européen doit décider si cette loi est conforme aux principes européens.

Interrogée sur le projet de législation belge, une porte-parole de la Commission a refusé de commenter mardi, rappelant que "la régulation des taxis" est "de la compétence des Etats", tant que ceux-ci respectent les principes de l'Union européenne comme la liberté d'établissement.