Coronavirus : dans la métropole lilloise, le ramassage des déchets s'adapte

Esterra, qui gère l'enlèvement des déchets sur la métropole lilloise, a annoncé, jeudi 26 mars, que le ramassage des déchets recyclables serait désormais étalé dans le temps. 
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Archives © Philippe Huguen AFP
L'entreprise Esterra, chargée de collecter les déchets ménagers sur la métropole lilloise, a annoncé jeudi 26 mars, que la collecte des ordures ménagères allait dorénavant être modifiée.

Christian Chavatte, représentant de FO, majoritaire chez Esterra, explique que c'est une conséquence d'une demande des syndicats. Comment en effet, à trois, venir ramasser ou repartir de sa tournée en respectant les distances de sécurité dans une même cabine de camion ? Impossible.

Les choses se sont donc organisées pendant la première semaine de confinement et depuis lundi 23 mars tout est en place : les tournées se feront à deux, un chauffeur et, un "riper" à l'arrière du camion.

 

Éviter l'insalubrité


Mais qui dit équipe de deux, dit moins de travail effectué par une équipe plus nombreuse. D'où le report du ramassage des déchets recyclables. Les déchets non-recyclables seront ramassés aussi fréquemment qu'avant, afin d'éviter l'insalubrité, comme la présence de rats. 

En ce qui concerne les déchets recyclables, l'entreprise propose à chacun de consulter son site internet où chaque semaine, le planning de ramassage sera mis en ligne. 

"Franchement on a été entendus par la direction concernant la présence de trois personnes dans les cabines des camions. On a eu du gel hydro-alcoolique et on devrait avoir des masques sous 10 jours même si sur ce dernier point, tout le monde sait que même les médecins en manquent, alors on verra...", précise Christian Chavatte, qui se dit "fier" de "ces personnels qui assurent un max dans cette période si anxiogène. Vous savez, des enfants de salariés ont naturellement peur de voir leurs papas partir au taf et réclament parfois une douche de plus quand ils rentrent."

 

Cabines désinfectées


La direction rappelle par ailleurs que "les horaires de travail ont été adaptés afin que les salariés ne se croisent pas à l'embauche et la débauche. Les contacts entre nos employés et les déchets sont très limités. Nous demandons le plus grand respect des gestes barrières (...) notamment ne pas se toucher le visage lorsqu'ils sont en collecte et de s'éloigner de la trémie lors de la compaction. Nous avons mis à disposition du gel hydroalcoolique pour nos salariés et les cabines des camions de collecte sont désinfectées à chaque changement de poste".

Il est à noter qu'aucune agence sanitaire, aucune autorité gouvernementale, ni l’OMS, n’ont confirmé aujourd’hui une possible transmission via les déchets.

Samuel Gaillard, de la CGT Esterra, a lui entendu différents discours sur la durée de vie du virus sur les surfaces inertes. Il garde en tête quelques chiffres (24 heures sur le plastique, 3 heures sur le fer ou le carton...), mais insiste : "Cela n'est pas encore une réalité scientifique. Tout le monde est inquiet, mais il ne faut pas tomber dans la psychose. Pour ma part, je me rassure quand je monte dans la cabine de mon camion en repassant un coup de javel sur le volant ou les boutons de commande. Et puis, on sent un vrai soutien de la part des usagers dont les enfants nous font des dessins qu'ils collent sur les poubelles ou qui eux-mêmes nous disent merci avec un mot gentil écrit".
 
Esterra, en cinq points
  • Filiale du groupe Veolia dédiée à l'enlèvement des déchets des collectivités et des industriels
  • En contrat avec la MEL jusqu'en 2021 ainsi qu'avec la communauté de communes Pévèle Carembault. 
  • 1100 salariés
  • C.A. 97 millions d'euros
  • 260 camions
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