Coronavirus : trois questions sur la chloroquine, ce traitement contre le Covid-19 bientôt testé au CHU Lille

Ce traitement, destiné à l'origine au paludisme, est déjà à l'essai dans d'autres hôpitaux.

ILLUSTRATION / Médicament à base d'hydroxychloroquine
ILLUSTRATION / Médicament à base d'hydroxychloroquine © MAXPPP
À la sortie d'un Conseil des ministres exceptionnel, en pleine crise de coronavirus, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye indiqué que les essais cliniques avec de la chloroquine, pour soigner les malades atteints du Covid-19, "seront étendus" à d'autres hôpitaux et notamment au CHU Lille.
 
 

De quoi s'agit-il ?


La chloroquine est loin d'être récente : cet antipaludique est commercialisé depuis les années 30, mais il était comme son nom l'indique utilisé pour le traitement contre le paludisme. En France, elle est connue sous le nom de "Nivaquine".

Peu onéreux, ce traitement avait été vanté fin février dans une vidéo du directeur de l'Institut Méditerranée Infection , à Marseille. "Nous savions déjà que la chloroquine était efficace in vitro contre ce nouveau coronavirus et l'évaluation clinique faite en Chine l'a confirmé", indiquait alors Didier Raoult, spécialiste des maladies infectieuses.

Cette molécule, ainsi que l'hydroxychloroquine, une molécule analogue (commercialisée sous le nom de "Plaquenil") font depuis l'objet de tests dans de nombreux pays, y compris en France.

 

Quels sont les résultats ?


L'étude chinoise sur laquelle se base le professeur Raoult indiquait le 19 février que "les capacités antivirales et anti-inflammatoires de la chloroquine pourraient jouer dans son efficacité potentielle à traiter des patients atteints de pneumonies provoquées par le Covid-19"

Depuis, des essais cliniques ont été réalisés notamment à Marseille et Mme Ndiaye, à sa sortie du Conseil des ministres, a indiqué ce mardi que ces derniers étaient "prometteurs".

Le professeur Raoult a communiqué, lundi 16 mars, sur des résultats encourageants après que le traitement a été proposé à 24 patients volontaires, avec l'accord des autorités sanitaires : "600mg par jour pendant dix jours."
 
"On a pu constater que les patients qui n'avaient pas reçu de Plaquenil étaient toujours porteurs au bout de six jours, alors que quand vous mettez du Plaquenil, au bout de six jours, il n'y a plus que 25% de porteurs", indique Didier Raoult dans sa vidéo.
 
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Est-ce vraiment la solution miracle ?


Il est encore trop tôt pour se réjouir : le test n'a été réalisé que sur une poignée de patients et on manque de recul pour analyser ces données. "Nous n'avons pas de preuve scientifique" que le traitement fonctionne, a insisté Sibeth Ndiaye.
 
Le traitement n'est pas non plus sans effets secondaires graves. La chloroquine comme l'hydroxychloroquine se révèlent nocifs à long terme pour la rétine (jusqu'à la cécité) et peuvent être mortelles en cas d'ingestion d'une trop forte dose.

Pourtant, son utilisation est prônée y compris en haut lieu : un spécialiste des maladies infectieuses, membre du conseil scientifique mis en place par le gouvernement, a déclaré au Monde qu'"en Chine, en Iran, en Corée du Sud, en Arabie saoudite, l’hydroxychloroquine et la chloroquine font déjà partie des protocoles thérapeutiques, conseillés par des experts, pour certains de renommée mondiale. Il y a urgence à organiser de telles recommandations en France".
 
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