Des centres éphémères de vaccination sans rendez-vous ouverts dans les quartiers de Lille

Des centres éphémères réservés à la primo-vaccination sans rendez-vous vont ouvrir à Lille dans les quartiers de Wazemmes, Lomme Marais, Lille-Sud, Faubourg-de-Béthune, Fives et Moulin. L’objectif : aller vers les plus éloignés.
Des salles municipales de plusieurs quartiers de la ville de Lille vont se transformer en centres éphémères de vaccination le temps d'une journée.
Des salles municipales de plusieurs quartiers de la ville de Lille vont se transformer en centres éphémères de vaccination le temps d'une journée. © Frédérik Giltay / FTV

Depuis la prise de parole d’Emmanuel Macron lundi 12 juillet annonçant l’obligation pour les soignants de se faire vacciner et l’extension du pass sanitaire, les prises de rendez-vous se multiplient et les créneaux disponibles dans les centres de vaccination s’amenuisent.

En parallèle, des disparités existent entre les taux de vaccination recensés entre les territoires et au sein même des villes, notamment à Lille.

"On voit bien que dans des quartiers où la population est plus aisée comme Saint-Maurice Pellevoisin, Bois Blanc, Lille centre ou le Vieux-Lille… les gens se vaccinent beaucoup plus qu’à Wazemmes, Fives ou Moulins, analyse Jacques Richir, adjoint à la maire de Lille. Or, ce sont ces quartiers où l’on enregistre un taux de vaccination plus faible qui ont payé le plus lourd tribut à la Covid". En cause, des conditions de vie plus précaires, des logements plus exigüs favorisant la promiscuité mais aussi des jeunes qui côtoient des personnes âgées.

Face à ce constat, la Ville, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le CHU ont décidé de mettre en place des centres de vaccination de proximité dans différents quartiers de Lille pour aller vers les habitants les plus reculés, à la fois géographiquement mais aussi numériquement.

Des centres éphémères de proximité sans rendez-vous

Il a fallu trouver des salles disponibles aux quatre coins de la ville (une mission difficile alors que les activités battent leur plein pendant l’été). Mais aussi assurer une équité géographique. "On a essayé de partager pour que ça puisse couvrir un maximum de territoires sur Lille et les communes alentours", détaille Katty Penel, directrice du centre de santé polyvalent de Lille Fives en charge du déploiement du dispositif.

Au total, six salles ont été sélectionnées dans les quartiers de Wazemmes, Faubourg de Béthune, Lille Sud, Fives, Lomme Marais et Moulin. Quatorze journées de vaccination sans rendez-vous vont être organisées du 20 juillet au 6 août, avec un rappel pour la deuxième injection prévu trois semaines plus tard.

"On table sur une centaine de personnes par jour", précise Katty Penel. Mais elle assure que des doses supplémentaires pourront être allouées si les volontaires sont présents. "On est tout à fait prêt à prolonger le dispositif tout au long du mois d’août si ça marche bien", complète l’adjoint à la maire de Lille.

Palier à la fracture numérique et géographique

Dans la capitale des Flandres, il existe déjà le centre vaccination XXL installé dans le Zénith qui tourne à plein régime. "Il fonctionne très bien et dépasse même les 3 500 injections par jour, avance Jacques Richir. Mais il touche un certain public seulement : des habitants qui utilisent les outils numériques pour prendre rendez-vous sur internet".

L’objectif a donc été d’aller vers. "On a voulu cibler les gens qui ne se déplacent pas, soit parce que le Zénith est trop loin, soit parce qu’ils ne savent pas prendre de rendez-vous sur la plateforme Doctolib", détaille Katty Penel.

"L’idée c’est d’aller au-devant des habitants de façon bienveillante et positive, mais surtout pas de façon méprisante".

Jacques Richir, adjoint à la maire de Lille

Plusieurs opérations de porte-à-porte vont être organisées pour informer les habitants et faire en sorte que le maximum de volontaires se fasse vacciner.

"L’idée c’est d’aller au-devant des habitants de façon bienveillante et positive, mais surtout pas de façon méprisante, assure Jacques Richir. On va utiliser tous les canaux en notre possession pour mobiliser : associations, centre sociaux etc. pour rassurer, expliquer mais sans jamais utiliser le levier de la peur". Le maître mot : la confiance. "On se rend compte après que les meilleurs propagandistes de la vaccination sont les vaccinés eux même. Il faut créer un bouche à oreille positif autour de la vaccination, y compris dans les quartiers", conclut l’élu.

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