Les chasseurs font des dons de gibiers à la banque alimentaire pour les fêtes de fin d'année

Depuis 2013, Interprochasse, un regroupement des acteurs de la filière chasse, donne à la banque alimentaire de France des faisans et des terrines afin de les redistribuer à diverses antennes départementales, puis aux associations et aux bénéficiaires. Le but est d’offrir un repas convivial, moment de joie et de plaisir pour ces derniers, lors des fêtes de fin d’année.

Des centaines de faisans et de terrines pour "apporter un peu de réconfort aux plus démunis, au moment des fêtes". C'est ainsi que Jean-Christophe Chastang, président d'Interprochasse, un regroupement des acteurs de la filière chasse, décrit l'opération "Les chasseurs ont du cœur". L'action lie l'organisation interprofessionnelle et la banque alimentaire de France depuis 2013.

Chaque année, le partenariat est renouvelé via une convention. L'organisation contacte la banque alimentaire de France plusieurs mois à l'avance pour connaitre leurs besoins. "On s'engage sur une quantité de dons en faisans et terrines", précise le président de l'organisation.

Huit villes participent à l'opération. "Les banques alimentaires départementales sollicitent la banque alimentaire de France pour participer. La sélection se fait ensuite la banque France et Interprochasse", explique Christophe Chastang.

189 associations du Nord bénéficiaire

En 2023, ce sont 6 400 faisans prélevés et 3 900 terrines de gibier qui ont été envoyés aux banques alimentaires participantes à l'opération, soit l'équivalent de 20 000 repas. Dans les Hauts-de-France, c'est la banque alimentaire du Nord, à Lille qui a reçu environ "500 faisans et 70 kilos de terrines", indique Pierre Willefert, directeur de la banque alimentaire du nord.

Une partie des dons sont redistribués à leurs 189 associations adhérentes (la Croix-Rouge, Emmaüs, des Centres communaux d'action sociale et Saint-Vincent-de-Paul) mais aussi à 34 épiceries sociales du département du Nord. L'autre partie est confiée à deux écoles d'hôtellerie-restauration à Bailleul et à Roubaix. "On les donne aux cuisiniers, aux enseignants et à un chef étoilé. Ils les cuisinent et on invite plusieurs associations locales pour inviter les bénéficiaires à profiter d'un banquet fait en leur honneur."

Un repas pour 1 500 personnes

Tous les élèves des différentes sections de l'école sont mobilisés pour l'événement. Les bénéficiaires sont servis comme dans "un grand restaurant", témoigne le directeur de la banque alimentaire. Lors de cette soirée, les élèves passent un examen grandeur réelle. Les apprentis cuisiniers sont notés sur leurs réalisations, ainsi que ceux qui reçoivent et servent les convives.

Loin de vouloir "rentrer dans la polémique de savoir si la chasse est bonne ou pas bonne", Pierre Willefert souligne l'intérêt des banques alimentaires de recevoir des produits riches en protéines. "Un faisan tient pour deux voire trois personnes. Ça fait 1 500 [personnes] qui ont un repas et peuvent manger de la viande, quelque chose qui n'est pas accessible à beaucoup."

On souhaite participer au bien-vivre ensemble et à la solidarité humaine

Jean-Christophe Chastang, président d'InterProchasse

Christophe Chastang exprime la volonté de s'inscrire dans la durée, "dans une opération de solidarité des membres des acteurs de la chasse auprès des plus démunis. On souhaite participer au bien-vivre ensemble et à la solidarité humaine."

Jean-Christophe Chastang évoque "le sourire" des personnes participant au repas, au moment des fêtes de Noël. "C'est enrichissant à titre personnel de donner du temps pour les autres et de rendre les gens heureux. De montrer qu'ils font partie de la société." Le directeur de la banque alimentaire du Nord abonde, c'est l'occasion de donner accès à "une certaine qualité de vie", le temps d'une soirée.