Lille : décès de l'ancien sénateur Ivan Renar, figure du milieu de la culture

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Écrit par Yacha Hajzler

Né à Roubaix en 1937, Ivan Renar était unanimement salué pour son action en faveur d'une culture accessible à tous. La maire de Lille, Martine Aubry, a annoncé son décès dans un communiqué diffusé ce 29 mai.

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"Dans ce moment douloureux, j’adresse à sa femme, Monique, à ses enfants, Véronique et Frédéric, à son petit-fils et à ses proches mes plus chaleureuses pensées." C'est dans un communiqué ému que la maire de Lille Martine Aubry a annoncé le décès de son ami Ivan Renar.

Ivan Renar, un communiste amoureux du Nord

Il était né à Roubaix, en 1937, d'une famille de mineurs polonais et, en plein front populaire, avait naturellement pris sa carte au Parti Communiste vingt ans plus tard. Le Nord, il y milite, il le parcourt, il l'aime énormément : il travaille dans les quotidiens de gauche locaux, manifeste contre la fermeture de la Lainière, l'immense usine textile de Roubaix. En 1985, après neuf ans comme conseiller régional, il regarde vers le Sénat avec la ferme intention de déranger cette Assemblée un peu trop corsetée pour lui : "Si on faisait voter l'IVG ici, aujourd'hui, elle ne passerait pas : il y en a ici qui sont comme les bourgeois du XIXe qui engrossent la bonne et la virent après" persifle-t-il dans les colonnes du Monde. Même dans l'affrontement, il y recrée la camaraderie et la franchise du Nord, se fait des amis chez les socialistes, et même chez les Gaullistes qu'il affronte régulièrement à la tribune. 

En 2000, Lionel Jospin est à la tête du gouvernement, sous la présidence de Jacques Chirac. Pour le ministère de l'information et des nouvelles technologies de communications, c'est Ivan Renar qu'il veut à la manoeuvre. Mais à la surprise générale, et malgré les incitations de son camp politique, Ivan Renar dit non : il veut repartir dans le Nord.

"C'est le monde de la culture qui est endeuillé" : un hommage politique unanime

Il n'a jamais perdu le lien avec sa région : de 1995 à 2001, il est conseiller municipal de Lille. Il est également déjà très investi dans le milieu culturel local, en tenant la présidence de l'Orchestre National de Lille de 1992 à 2020, et reste ensuite président d'honneur. 

"Mélomane averti, féru de peinture, il a œuvré sans relâche pour le développement de l’art à Lille, dans la région mais aussi au niveau national, et pour que la culture parvienne jusqu’à tous et donne de l’émotion, se souvient Martine Aubry. Je garde en souvenir tant de bons moments partagés et ses nombreux combats : pour sauver le Fresnoy à Tourcoing et en faire la "Villa Médicis" du Nord, son implication au service du développement du LaM, le musée métropolitain aux collections désormais reconnues internationalement. Le tandem qu’il a formé avec Jean-Claude Casadesus a permis de faire de l’Orchestre National de Lille l’un des plus prestigieux d’Europe."

Infatigable promoteur de culture, Ivan Renar présidait aussi l'association Lille 3000, dont la première édition avait déjà attiré près d'un million de personnes en 2006, pour rassembler plus de 2,5 millions de personnes en 2019. Son action avait été nationalement reconnue par sa décoration comme Chevalier de la Légion d'Honneur par François Hollande, en 2013.