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Lille : les maires devant la préfecture contre la baisse des crédits de l'Etat

Les maires rassemblés devant la préfecture à Lille ce samedi matin. / © France 3 Nord Pas-de-Calais
Les maires rassemblés devant la préfecture à Lille ce samedi matin. / © France 3 Nord Pas-de-Calais

Les maires se mobilisent ce samedi pour alerter les citoyens sur les conséquences de la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales, qui aggrave leurs difficultés financières et met, selon eux, en danger les services publics. A Lille, ils se sont rassemblés devant la préfecture.

Par @f3nord avec AFP

C'est une image rare : des maires de tous bords politiques - ou presque - se sont rassemblés ce lundi matin à Lille, place de la République, devant les bâtiments de la préfecture du Nord, pour dénoncer la baisse des dotations de l'Etat. "C'est un peu comme dans chaque ménage français, on vous dit que vous allez gagner moins mais on vous impose de dépenser plus et ça, c'est juste pas possible", s'agace Patrick Masclet, le maire d’Arleux (Les Républicains), président de l’Association des maires du Nord. "Cette année, l'Etat nous retire un million et l'année prochaine encore un million et en 2017 toujours un million", dénonce David Bailleul, maire divers gauche de Coudekerque-Branche (Nord). "Vous imaginez que ça devient très compliqué pour nous de satisfaire un service public de qualité".
Manif Maires Video
  
Devant l'ampleur de la fronde, le président de la République, François Hollande, a appelé vendredi "tous les acteurs publics" à "faire des économies". "J'ai été moi-même maire, président d'un conseil général, je sais ce que c'est de pouvoir animer un territoire avec des moyens qui sont forcément limités", a rappelé le chef de l'Etat. Au-delà des clivages droite-gauche, des élus de toutes tendances ont en effet appelé à cette journée d'action à l'invitation de l'Association des Maires de France (AMF). Pour l'AMF et les principales associations du bloc communal, il y a "urgence à réviser le calendrier" et le volume de l'effort demandé aux communes.

Entamée en 2014, la baisse des dotations doit représenter d'ici 2017 un manque à gagner de 15,8 milliards pour les communes. "Cette amputation est inéquitable, insoutenable pour les communes et intercommunalités et aura de graves conséquences sur l'activité économique dans les territoires", met en garde François Baroin (Les Républicains), le président de l'AMF. A trois mois des élections régionales, la grogne des élus locaux tombe mal pour le gouvernement, qui a répondu partiellement à leurs préoccupation en annonçant la création d'un fonds doté d'un milliard d'euros pour soutenir les projets d'investissement que les collectivités ne parviennent pas à financer - dont 500 millions pour les zones rurales. Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation, rappelle pour sa part que la baisse de la DGF (Dotation globale de fonctionnement) ne représente pour les communes "qu'une diminution de 1,84% de leur recettes de fonctionnement chaque année, soit en moyenne 28 euros par habitant".

Une inquiétude profonde

La Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) dénonce quant à elle une manoeuvre de François Baroin, ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, et de la droite. "Ne soyons pas dupes des intentions de l'opposition qui souhaite faire de ce rassemblement une journée de contestation du gouvernement", écrit François Rebsamen, maire PS de Dijon. Aucun des grands élus socialistes ne devait participer aux manifestations. Ainsi à Lille, aucun élu socialiste de la mairie n'a participé au rassemblement organisé devant la préfecture. "Il y d'autres moyens de se faire entendre du gouvernement", dit-on dans la majorité municipale. Sur le quelque 300 élus de communes du Nord qui se sont rassemblés devant la préfecture ce samedi matin, seul un édile PS, Jean-François Delattre, maire d'Haspres (2 800 habitants), était présent. Mais pour le vice-président socialiste de l'AMF André Laignel, qui soutient le mouvement, les "diminutions de moyens considérables" affaiblissent "les territoires, mais aussi l'économie nationale". 

L'inquiétude des élus est profonde et les maires ruraux, souvent sans étiquettes politiques, adhèrent à cette journée d'action, à l'appel de leur association, l'AMRF, qui revendique près de 10 000 adhérents. "Tous concernés!", "Stop à la baisse brutale des aides de l'Etat" : les slogans fleurissent sur internet pour dénoncer les baisses de crédits.

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