Lille : la métropole demande l'évacuation d'un camp de migrants d'un parc

La métropole de Lille va demander mardi à la justice l'autorisation d'évacuer un camp de migrants installé dans le jardin des Olieux, dans le sud de la ville.

Le camp dépasserait les 130 personnes aujourd'hui. (archives)
Le camp dépasserait les 130 personnes aujourd'hui. (archives) © France 3
À la demande de la Ville de Lille, la Métropole européenne de Lille (MEL) compte demander à la justice l'autorisation de faire évacuer un camp de migrants installé dans un parc de la ville, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

La MEL, propriétaire du terrain, a déposé un référé auprès du tribunal administratif de Lille qui sera examiné mardi à 14 heures. La Ville de Lille n'avait en revanche pas donné suite aux sollicitations.

Depuis début 2015, plusieurs dizaines de migrants, dont une majorité de mineurs, originaires principalement d'Afrique sub-saharienne (Guinée, Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal), s'étaient installés dans le jardin des Olieux, un parc de 8.000m² situé dans le sud de la ville.

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Demande d'expulsion du camp du jardin des Olieux à Lille

D'une dizaine de personnes au départ, le campement sauvage n'a fait que croitre pour dépasser les 130 personnes aujourd'hui. "Ils étaient encore 40 l'été dernier alors qu'aujourd'hui il y a 137 personnes, dont une centaine de mineurs isolés", explique Me Emilie Dewaele, leur avocate. Elle a déjà déposé plusieurs dizaines de référés à l'encontre des autorités, "tous gagnés", se félicite-t-elle.

"La MEL affirme qu'il s'agit d'une occupation illégale qui engendre des problèmes de sécurité et d'insalubrité. Mais il fait partie du paysage : depuis le début, les riverains ont aidé ces réfugiés en leur apportant matelas, nourriture ou duvets et les toilettes chimiques fournies par MSF ont remplacé les sèches", avance-t-elle.

"Ils veulent rester en France et s'intégrer"

L'avocate, qui s'insurge contre les conditions de vie précaires des migrants, critique les autorités pour leur absence de solutions de logement, notamment le département du Nord, en charge de l'accueil des mineurs étrangers isolés.

"Ils veulent rester en France et s'intégrer. Certains des enfants sont même scolarisés, que vont-ils faire si on les chasse du parc ?", se demande-t-elle. Quant aux adultes, "une vingtaine", ils ont déposé une demande d'asile, selon Me Dewaele.

La Ville de Lille rappelle aussi qu'elle "s'est préoccupée depuis le début du sort des migrants et a accompagné autant qu'il était possible les associations qui interviennent auprès d'eux". "Martine Aubry a personnellement alerté, à plusieurs reprises, les autorités compétentes", ajoute la mairie.

Dans un communiqué, les élus EELV de Lille et de la MEL ont demandé à l'Etat et au département du Nord de "répondre aux besoins vitaux des jeunes et trouver des solutions de relogement et d'insertion dignes, dans le cadre des dispositions légales de prise en charge des mineurs et de la directive d'août 2012 sur les 'campements illicites'".

Cette directive exige des autorités de "proposer des solutions d'accompagnement" notamment sur le plan de la scolarisation, de la santé, de l'emploi, du logement et de la mise à l'abri.
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