VIDEO. Coronavirus : médicaments, traitements, les coulisses de l'Institut Pasteur de Lille

Une unité Covid-19 au centre hospitalier d'Arras (image d'illustration). / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Une unité Covid-19 au centre hospitalier d'Arras (image d'illustration). / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3

A Lille, l'Institut Pasteur est mobilisé contre le Covid -19 depuis le début de la pandémie. Il a reçu 2 souches du virus de l'Hôpital Bichat à Paris, et mène une série de tests pour en comprendre les mécanismes et rechercher un traitement.
 

Par Isabelle Girardin

Depuis fin février, une équipe réunissant des chercheurs de plusieurs laboratoires  - CNRS, Inserm, Université de Lille, CHU de Lille et Apteeus - est mobilisée dans la recherche d’un traitement contre le Covid -19. En ce moment, elle teste des molécules qui pourraient empêcher le virus de se reproduire et ouvrir la voie à un médicament.
 

Identifier au plus vite des médicaments


Sur le campus de l'Institut Pasteur de Lille, site classé sécurité défense, les chercheurs manipulent le virus SARS-COv-2 pour trouver un traitement au plus vite. L'équipe de chercheurs s'appuie sur les ressources d'une entreprise spécialisée dans les principes actifs, la biotech APTEEUS, intégrée à l’institut Pasteur de Lille.

"Dans les sous-sols de l'Institut Pasteur, on stocke toute une chimio-thèque de produits y compris les 2 000 molécules qui vont être testées sur le coronavirus" détaille Térence Beghyn, Président  Société APTEEUS.  De nombreux congélateurs qui abritent une véritable bibliothèque de principes actifs qui vont servir à réaliser des tests : "Nous avons une collection de 2 000 principes actifs de médicaments qui sont mis en solution, et qui sont ensuite répartis dans des plaques, dont la fameuse chloroquine.

 
« Task Force » : les chercheurs de l’Institut Pasteur de Lille plus que jamais mobilisés contre le Coronavirus
Reportage Marianne Mas, Jean-Marc Vasco

Pour le moment, tous les tests sont réalisés sur des cellules de singe : "On infecte des cellules avec le virus, ces cellules sont cultivées dans des plaques dans laquelle on a l'équivalent de 384 tubes à essais ! Et on vient traiter les cellules et le virus avec des composés. C’est comme ça qu’on sait si le médicament testé est efficace ou non" précise Térence Beghyn.
 


Des expériences réalisées en simultané


Grâce à une plateforme de microscopes robotisés, le laboratoire de haute sécurité de l’Institut Pasteur de Lille organise plusieurs milliers de tests intensifs par jour. Une installation unique qui permet d’aller très vite dans l’observation des effets des molécules sur ces cellules. Pour Thibaut Vausselin, chercheur en virologie, les données produites, ici, seront essentielles pour décider d’ici quelques semaines de leur utilisation chez l’homme. 

"Là c'est vraiment, ce qui se passe, quand le virus infecte les cellules. L’idée, c'est de voir si quand on ajoute une molécule on peut empêcher tout ce processus et empêcher le virus de créer les dégâts qu’il cause." Les premiers résultats seront connus en fin de semaine.
 


L'espoir d'un traitement est peut-être ici


La prochaine étape sera le test sur des cellules de bronches humaines : "Ce sera l’étape ultime de ce projet qui consistera à détecter des médicaments présents dans la pharmacopée, qui sont capables de tuer le virus et l’étape juste avant de proposer un usage clinique de ces médicaments"  détaille Benoît Deprez, directeur scientifique de l'Institut Pasteur de Lille.

 

 

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