Maubeuge : la ville et l'agglo payent 8,4 millions d'euros pour stopper le projet d'extension du zoo

Le fronton du zoo de Maubeuge photographié en 2014. / © MAXPPP
Le fronton du zoo de Maubeuge photographié en 2014. / © MAXPPP

Le projet, porté par le précédent maire, ne s'est jamais concrétisé.

Par Quentin Vasseur

C'est définitif : le zoo de Maubeuge ne sera pas agrandi. C'était l'une des promesses de campagne d'Arnaud Decagny (UDI) pendant les municipales de 2014 : mettre fin à l'ambitieux projet porté par son prédécesseur Rémi Pauvros (PS) et lancé en septembre 2013.

Une promesse qui a un coût : 8 401 038 euros que la ville de Maubeuge et l'agglomération doivent au groupe Eiffage. Le conseil municipal l'a approuvé à la majorité lundi. L'opposition socialiste s'est abstenue.

Mais rien à voir, précise Arnaud Decagny, avec ce qu'aurait coûté le projet une mené à son terme. L'élu évoque un chantier à 102 millions d'euros TTC, dont la première phase devait coûter 60 millions d'euros. Sans compter les frais de fonctionnement et le déficit chaque année.

 

Que prévoyait le "Grand zoo" ?


Le projet d'extension de zoo était censé étendre la superficie du zoo de Maubeuge en épousant les remparts Vauban, non pas pour y apporter de nouvelles espèces, mais pour accorder plus de places aux animaux déjà présents. "On aurait eu cinq éléphants au lieu de deux, par exemple" glisse un membre du cabinet du maire.

Le "Grand zoo" avait pour ambition d'égaler Nausicaa à Boulogne-sur-Mer et le Louvre à Lens, avec un objectif de 500 000 visiteurs accueillis chaque année.

 

Arnaud Decagny

✅ C'était une promesse de campagne en 2014, c'est un engagement tenu en 2018 ! Un accord à l'amiable, avec l'entreprise délégataire, a été trouvé pour l'arrêt du Grand zoo (en bleu sur la carte)....


 

Un moindre mal ?


"Ça coûte moins cher de clore le dossier" estime Arnaud Decagny. "Ça ne fait pas plaisir, mais c'est mieux que la catastrophe" qui se serait produite si le projet avait été mené à son terme. "J'étais incapable de le financer" insiste le maire UDI, "la ville aurait été placée sous tutelle !"

Fustigeant un projet "irresponsable" au "financement hypothétique(une subvention de 3 millions d'euros de la part du département, une déclaration d'intention de 8 millions d'euros de la part de la Région...), Arnaud Decagny souligne également l'importante dette dont il dit avoir hérité : 76 millions d'euros.

 

Le groupe réclamait 14 millions d'euros


Sitôt le nouveau mandat démarré, un expert amiable a été nommé au tribunal administratif et la ville s'est attachée à définir un protocole avec Eiffage pour arrêter le dossier. "Le groupe réclamait 14 millions d'euros" en décembre 2014, mais les négociations ont permis de réduire la somme jusqu'à 8,4 millions. "On n'ira pas au-delà" précise l'édile, qui dit "payer uniquement ce que l'on devait, et pas plus." En cause, par exemple, les études qui avaient déjà été réalisées sous le précédent mandat.

 

On sort du dossier, il est définitivement arrêté


"C'est un coup dur, et on aurait préféré dépenser cet argent ailleurs, mais cette somme avait déjà été provisionnée ces dernières années" rassure Arnaud Decagny.

"On sort du dossier, il est définitivement arrêté" ajoute-t-il. Une affirmation avec laquelle n'est pas tout à fait d'accord le précédent maire Rémi Pauvros, à l'origine du projet.  

Le Grand zoo ? Une "entreprise tout à fait mesurée et maîtrisée" et un "projet extrêmement élaboré", estime l'ancien maire socialiste, pour qui "la raison réelle" de cet arrêt, "c'est que mon successeur a fait campagne contre ce projet". 

 

Bataille de chiffres


Il dément les coûts avancés par Arnaud Decagny, convaincu que "ces chiffres ne correspondent pas à la réalité" et évoque la somme de 35 millions pour la première phase du projet (le maire actuel, lui, le chiffrait à 60 millions). Rémi Pauvros accuse également celui qui l'a battu de peu en 2014 de n'avoir "réalisé aucune étude".

 

À terme, j'ai un peu peur qu'on perde notre zoo


Surtout, le précédent maire souligne le fait qu'il y a de "plus en plus d'exigence" sur les conditions de vie des animaux, notamment sur leur espace, et craint que le zoo tel qu'il est actuellement ne puisse conserver son label permettant le prêt d'animaux.

"À terme, j'ai un peu peur qu'on perde notre zoo" ajoute le socialiste pour qui "le grand gagnant, ce sera Pairi Daiza", le zoo belge concurrent, situé à Brugelette. 
 

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