PHOTOS. Coronavirus : la Belgique barricade sa frontière avec la France

Depuis quelques jours, en raison des mesures de confinement liées au coronavirus Covid-19, la police belge a décidé de barricader de nombreux accès, le long de la frontière avec la France, y compris dans des petites rues. 

La police belge a bloqué plusieurs passages entre Wattrelos (Nord) et Mouscron (Belgique).
La police belge a bloqué plusieurs passages entre Wattrelos (Nord) et Mouscron (Belgique). © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Entre Wattrelos (Nord) en France et Mouscron en Belgique, la frontière est d'ordinaire invisible. Les habitants ont l'habitude de multiplier les allers-venues entre les deux pays. Les rues se prolongent même de part et d'autre de cette frontière.

Mais depuis les mesures de confinement liées à l'épidémie de coronavirus Covid-19 et les restrictions de circulation imposées chez nos voisins, la frontière entre Wattrelos et Mouscron en Belgique a pris des allures de Berlin à l'époque de la Guerre Froide.

 
La Belgique derrière un grillage.
La Belgique derrière un grillage. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Rue barrée.
Rue barrée. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Frontière grillagée.
Frontière grillagée. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3


Blocs de béton, grillages, panneaux dissuasifs, voitures avec girophares... la police belge a littéralement barricadé de nombreux accès avec la France. 

 
Frontière fermée entre Wattrelos et Mouscron.
Frontière fermée entre Wattrelos et Mouscron. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La police belge surveillant la frontière entre Mouscron et Wattrelos.
La police belge surveillant la frontière entre Mouscron et Wattrelos. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La Belgique vue actuellement de Wattrelos.
La Belgique vue actuellement de Wattrelos. © FREDERIC GILTAY / FRANCE 3

Selon la Police Locale de Mouscron, seuls trois points de passage restent ouverts vers la France, dans les deux sens : deux à Wattrelos, un à Neuville-en-Ferrain.
 
"Les voyages touristiques vers la Belgique sont interdits et les contrôles aux frontières seront désormais d'application", avait annoncé vendredi le ministre belge de l'Intérieur, Pieter De Crem. "Les personnes qui viennent de l’étranger et qui ne peuvent prouver qu’elles font un déplacement essentiel ne pourront plus entrer en Belgique. Elles seront renvoyées chez elles".

Le week-end dernier, les contrôles de police avaient déjà été renforcés pour dissuader les Français de venir faire leurs courses côté belge.
 
Les Français ne peuvent plus faire leurs courses en Belgique


Un Français - qui avait tenté de faire en plein de carburant à moindre coût à Quiévrain en Belgique (pas très loin de Valenciennes) - a écopé récemment d'une amende de 4116 euros !

 

Pour autant, si les véhicules sont bloqués ou filtrés à la frontière, des piétons semblent encore parvenir à passer. Ainsi Wattrelos et Mouscron, on a repéré un petit message écrit au marqueur sur un panneau d'interdiction de circuler. "La friterie est ouverte aux heures habituelles, la boulangerie est ouverte. Pas de tabac", indiquent encore les Belges à leurs voisins Français.
 
Un message aux Français sur un barrage frontalier.
Un message aux Français sur un barrage frontalier. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Les commerces belges séparés de leurs clients français.
Les commerces belges séparés de leurs clients français. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
 

Le tas de terre de la discorde


Ailleurs, en longeant la frontière franco-belge, on découvre que des moyens beaucoup plus rudimentaires ont été déployés pour boucher les accès entre les deux pays.

Lundi dernier, Mathieu Boulet, traiteur à Nieuwkerke (commune d'Heuvelland), a vu un tracteur, accompagné par la police belge, débarquer devant chez lui pour déverser de la terre, afin d'obstruer la route qui relie à cet endroit la Belgique à la commune française de Nieppe (Nord). 
 
Lundi, un tas de terre bloquait cette route entre France et Belgique.
Lundi, un tas de terre bloquait cette route entre France et Belgique. © MATHIEU BOULET

Cet axe qui joint la rue du Sac (côté français) et la Zakstraat (côté belge) est un lieu important de circulation entre les deux pays. "2000 à 3000 véhicules par jour en temps normal", rappelle Mathieu Boulet. "Beaucoup de gens qui travaillent chez Clarebout (entreprise spécialisée dans la transformation de pommes de terre NDR) à Warneton passent par là pour contourner l'A25 et circuler sans feu rouge".

Mais en déversant ce tas de terre, la police belge a fait bondir les élus de Nieppe, car la route obstruée est mitoyenne entre les deux pays. Du coup, la commune nordiste a envoyé dès lundi ses agents déblayer la route... côté français.
 
Les Français déblayant une partie du tas de terre déversé par les Belges à la frontière.
Les Français déblayant une partie du tas de terre déversé par les Belges à la frontière. © MATHIEU BOULET


La route n'est donc plus obstruée désormais que par... un demi-tas, comme nous avons pu le constater ce mercredi matin.

 
Un demi tas de terre entre France et Belgique.
Un demi tas de terre entre France et Belgique. © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3


Sébastien Dauchy, chef de la police de Comines-Warneton, une commune belge voisine, a expliqué à nos confrères de La Voix du Nord que le but de ces différents barrages était "de concentrer les flux routiers transfrontaliers sur quelques points de passage afin que le contrôle du respect des mesures de confinement soit plus aisé pour les services de police".

Mais ils ont visiblement de quoi envenimer quelque peu les relations entre voisins...  
 
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