Qui sont les soutiens d'Emmanuel Macron dans le Nord et le Pas-de-Calais ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par YF

Députés, sénateurs, maires et même un footballeur. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, le candidat Emmanuel Macron est parvenu à fédérer des personnalités de gauche, du centre et de droite autour de sa candidature à l'élection présidentielle. 

Emmanuel Macron était en campagne à Lille ce mardi, où il s'est exprimé sur la justice qu'il veut "indépendante", "accessible, compréhensible, rapide, égale pour tous" et recevoir "plus de moyens". Dans le Nord comme dans le Pas-de-Calais, le candidat est déjà parvenu à fédérer autour de lui des soutiens de tous bords : des élus de droite, du centre mais aussi de gauche, notamment du PS. Petite revue d'effectifs à ce jour.


A gauche

Une vingtaine d'élus nordistes, étiquetés à gauche, ont d'ores-et-déjà offert leur parrainage à Emmanuel Macron, dont une quinzaine de membres du Parti socialiste. Le maire d'Hellemmes (commune associée à Lille) et conseiller départemental Frédéric Marchand a été l'un des premiers à rejoindre le mouvement "En Marche !" de l'ex-ministre de l'Economie. "Chez Macron, il y a plein de socialistes. Les temps ont changé. Le socialisme, ce n’est plus forcément le grand qui s’occupe des petits. Dans ce modèle-là, que fait-on des classes moyennes ?", justifiait-il en décembre dans La Voix du Nord.

Depuis un autre membre du PS, proche lui aussi de Martine Aubry, a franchi le pas : l'ancien maire de Tourcoing Michel-François Delannoy. "Emmanuel Macron est aujourd’hui celui autour de qui il faut construire une nouvelle offre politique, plus à l’écoute du monde de l’économie, des initiatives des territoires", estimait-il en janvier dans La Voix du Nord.


Le député du Nord Christian Bataille, et sa fille sénatrice, Delphine Bataille, ont apporté tous les deux leur parrainage à Emmanuel Macron. Le PS a poussé le père, âgé de 70 ans, vers la sortie, en réservant l'investiture dans sa circonscription à un autre candidat. Christian Bataille est par ailleurs en total désaccord avec le candidat socialiste Benoît Hamon sur la question du nucléaire, dont il est un ardent défenseur. "La tonalité désormais de la candidature Hamon, très gauchisante, n’est pas susceptible de rassembler les Français", a-t-il déclaré à La Voix du Nord la semaine dernière. "Je vois bien sur le terrain qu’il y a un espoir chez nos électeurs", estime de son côté Delphine Bataille. "Non pas qu’ils adhèrent forcément à la personnalité d’Emmanuel Macron mais ils y voient une façon d’échapper à l’élection de Fillon ou de Le Pen."

Parmi les autres socialistes qui ont parrainé Emmanuel Macron, on retrouve François Lemaire (maire de Bully-les-Mines), Antoine Logié (maire de Wimille), Alain Mequignon (maire de Fauquembergues) ou encore Caroline Matrat (conseillère départementale du Pas-de-Calais). "Je pense qu’il faut lui offrir un projet d’avenir, porteur de progrès social et individuel, qui, loin d’une utopie radicale, pourra concrètement être mis en œuvre au bénéfice des Français", a déclaré cette dernière sur sa page Facebook. On prête également à d'autres figures du parti l'intention de rejoindre à leur tour le mouvement "En Marche!" : Nicolas Bays, député du Pas-de-Calais ("Dans cette présidentielle, nous porterons tous la responsabilité de sortir notre pays par le haut ou de le voir sombrer dans l'obscurantisme", déclarait-il en janvier) ; Dominique Baert, le député-maire de Wattrelos, dont la circonscription pourrait être "réservée" à un candidat EELV et qui pourrait se prononcer officiellement la semaine prochaine ; ou encore Fréderic Cuvillier, ancien ministre et maire de Boulogne-sur-mer ("Je n'exclus pas de voter Macron", nous avait-il confié en janvier).

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Frédéric Cuvillier : "Je n'exclus pas de voter pour Emmanuel Macron" ©France 3

En dehors du PS, le bruit d'un possible ralliement de Patrice Vergriete, maire divers-gauche de Dunkerque, a souvent circulé. "Pour le moment, il n'a fait aucune déclaration en ce sens, que ce soit pour Emmanuel Macron ou un autre", nous a fait savoir ce mardi son cabinet.

Au centre

Jean-Marie Vanlerenberghe, figure du centrisme dans le Pas-de-Calais, a donné son parrainage à Emmanuel Macron. Le sénateur UDI, ancien maire d'Arras, a été, selon nos confrères de La Montagne, l'un des artisans du rapprochement  entre le candidat d"En Marche !" et François Bayrou, avec lequel il avait fondé le Modem en 2007.
 


D'autres élus centristes ont eux aussi choisi de soutenir Emmanuel Macron : Jean Urbaniak, maire (Modem) de Noyelles-Godault, Jean-Pierre Pont, maire (UDI) de Neufchâtel-Hardelot, Jean-François Théret, maire (UDI) de Frévent, ou encore les conseillers départementaux UDI  du Pas-de-Calais Ginette Beugnet et Bruno Duvergé. Deux conseillers régionaux, membres de la majorité de Xavier Bertrand, se sont aussi déclarés en sa faveur en lui accordant leur parrainage : Marguerite Deprez-Audebert (Modem) et Denis Vinckier (apparenté UDI). "Il a montré qu’il voulait donner la priorité à l’Éducation, à l’emploi et à l’Europe", a expliqué à La Voix du Nord ce dernier, pressenti pour l'investiture d'"En Marche !" aux législatives dans la 11e circonscription du Nord (Lomme).  

Emmanuel Macron a également tenté de rallier Jean-Louis Borloo, ancien ministre et ex-maire de Valenciennes. Officiellement retiré de la vie politique, il compte encore de nombreux soutiens de poids au sein de l'UDI du Nord, comme la sénatrice Valérie Létard ou le député-maire de Valenciennes Laurent Degallaix, venu assister à un meeting du candidat à Lille en janvier. Mais aucune de ces figures "borlooistes" n'a officiellement rejoint le camp Macron à ce jour. Partisans d'Alain Juppé pendant la primaire de droite, ils avaient pris leurs distances il y a deux semaines avec François Fillon, l'appelant même à renconcer à sa candidature. Mais l'UDI a finalement décidé de préserver son alliance avec Les Républicains pour les prochaines législatives, où la circonscription de Laurent Degallaix lui est d'ores-et-déjà "réservée".

A droite   

L'ancien ministre et ex-maire de Bapaume, Jean-Paul Delevoye, fait partie du premier cercle d'Emmanuel Macron. Ce gaulliste tendance chiraquienne, qui a quitté l'UMP (aujourd'hui LR) en 2013, est en charge des investitures du mouvement "En Marche !" pour les prochaines législatives. "Quand le général De Gaulle a compris que le jeu des partis politique était nuisible à la grandeur de la France, il a demandé à ce que l’on dépasse ces frontières artificielles pour mobiliser l’intelligence collective des citoyens au service d’un projet politique", a-t-il avancé dans une interview à Opinion Internationale


Plusieurs élus "divers droite" du Nord et du Pas-de-Calais ont également accordé leur parrainage à l'ancien ministre de François Hollande, comme la maire d'Arques, Caroline Saudemont, qui pourrait être candidate aux législatives sous la bannière d'"En Marche !". Elle avait rencontré Emmanuel Macron au moment du sauvetage de l'entreprise Arc International, installée sur sa commune. "C’est quelqu’un de bon sens, pragmatique. Il est au cœur des problèmes et a des vraies compétences", estime-t-elle.

La société civile

Le footballeur tourquennois Yohan Cabaye est l'une des rares personnalités nordistes - hors politique - à afficher publiquement son soutien à Emmanuel Macron. L'ancien joueur du LOSC, aujourd'hui à Crystal Palace en Angleterre, a assisté à l'un des meetings à Londres le 21 février dernier. 


Ce sont des amis communs qui lui ont présenté le candidat dont il a loué "le dynamisme" et "l'authenticité" au micro de l'émission Quotidien sur TMC. Son camarade de Crystal Palace et de l'équipe de France, Steve Mandanda, le soutiendrait également.