Un rassemblement à la Citadelle de Lille pour dénoncer l'agression sexuelle d'une joggeuse

Lucie (avec le haut-parleur) a donné elle-même le départ de ce footing de soutien / © France 3 Nord Pas-de-Calais
Lucie (avec le haut-parleur) a donné elle-même le départ de ce footing de soutien / © France 3 Nord Pas-de-Calais

Environ 400 personnes se sont rassemblées ce dimanche matin à la Citadelle de Lille pour participer à un footing et dénoncer l'insécurité aux abords de la Deûle après l'agression sexuelle subie par Lucie, une jeune joggeuse de 22 ans.

Par YF avec Ali Benbournane et AFP

Près de 400 personnes ont répondu ce dimanche à l'appel lancé sur les réseaux sociaux pour soutenir Lucie, un joggeuse de 22 ans, agressée sexuellement le long de la Deûle par des adolescents de la communauté Rom. "Aujourd'hui, je me sens vraiment très émue de voir qu'il y a énormément de personnes qui se sont mobilisées, qui comprennent ce qui m'est arrivé", s'est félicitée la jeune femme qui a donné le départ d'un footing symbolique de 6 kilomètres baptisé "Cours pour Lucie". "On veut enfin mettre fin à toutes ces agressions et que la mairie puisse enfin agir pour nous."

Un rassemblement à la Citadelle de Lille après l'agression sexuelle d'une joggeuse
Reportage d'Ali Benbournane et Jean-Pascal Crinon

L'agression de Lucie remonte au 12 février dernier. Ce jour-là, elle effectue un jogging sur un chemin situé entre le bord de la Deûle à Saint-André et la D749 quand elle est stoppée et encerclée par un groupe d'adolescents. "Après m'avoir frappé, ils ont voulu m'agresser sexuellement", a-t-elle expliqué dans une vidéo postée sur sa page de soutien. "Ils m'ont touché les parties intimes et m'ont demandé de leur faire un câlin, de les embrasser, ils m'ont serrée dans leurs bras. Un des jeunes a descendu mon collant de course à pied".  Lucie est parvenue à s'enfuir.


La jeune femme en appelle depuis aux pouvoirs publics car d'autres agressions ont eu lieu dans ce secteur. "Plusieurs personnes, souvent des joggeurs, ont porté plainte pour des agressions, principalement pour des vols ou des tentatives de vols de téléphones portables dans le quartier de la Citadelle et aux abords du canal de la Deûle", explique une source policière. La plupart des personnes interpellées dans le cadre de ces agressions sont "des mineurs issus de la communauté Rom", ajoute-t-elle.

Les camps Roms pointés du doigt

Samedi, la mairie de Lille a annoncé qu'elle avait demandé l'évacuation du camp de Roms de la Poterne, le long de D749, sous le pont de la ligne TGV, non loin du lieu de l'agression de Lucie. "Après les récentes agressions à la Citadelle, la Ville de Lille, en accord avec Saint-André, demande l'évacuation du camp Rom de la Poterne. Elle exprime tout son soutien aux victimes de ces agressions et fait tout ce qui est en son pouvoir pour que cela ne se reproduise plus", a indiqué la ville sur les réseaux sociaux. 


"C'est une mesure qui est attendue depuis des mois, pour ne pas dire des années, puisqu'il y a plusieurs campements autour de la Deûle", déplore Sébastien Leprêtre, le maire (LR) de la commune voisine de La Madeleine, qui a participé au rassemblement de soutien à Lucie ce dimanche matin. "Des ordonnances d'expulsion ont été prononcées par la justice et elles n'attendent que d'être appliquées". La mairie de Lille, elle, n'a souhaité faire aucun autre autre commentaire.


Le collectif solidarité Roms de Lille-Métropole a déploré dans une lettre ouverte adressée au préfet ces "agressions", mais a estimé que les "expulsions sans solution n'ont aucun effet sur les problèmes qu'elles sont censées traiter". "Au contraire, la dispersion, le surcroît de précarité, le terme brutal des processus d'insertion des populations concernées compliquent considérablement les choses. Les problèmes se reposent rapidement ailleurs, de manière encore plus aigüe", a écrit le collectif dans cette lettre.

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